2017/08/14

Stratégie 2020 de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) (@Federation)




Info: IFRC

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«ACTION FACILITATRICE 2 : MENER DES ACTIVITÉS DE DIPLOMATIE HUMANITAIRE POUR PREVENIR ET REDUIRE LA VULNERABILITÉ DANS UN MONDE INTERDEPENDANT


»Notre diplomatie humanitaire se consacre à convaincre les décideurs et les guides d’opinion d’agir, en tout temps, dans l’intérêt des personnes vulnérables et dans le plein respect de nos Principes fondamentaux. La diplomatie humanitaire est un effort multidirectionnel qui met en évidence les besoins et les droits des personnes vulnérables, tout en cherchant à faire entendre avec force la voix de ces personnes dans tous les processus de négociation.

»Nous nous employons à prévenir et à réduire la vulnérabilité en utilisant à bon escient le rôle d’auxiliaire des Sociétés nationales pour améliorer l’accès aux personnes dans le besoin, et en attirant l’attention sur les causes et les conséquences potentielles des vulnérabilités émergentes ou réémergentes. En outre, nous promouvons l’image du Mouvement à travers notre réseau mondial de représentants éclairés qui font plus largement connaître notre action. Ces efforts sont complétés par des partenariats extérieurs forts et une base de ressources diversifiée et élargie.



»Statut d’auxiliaire : un partenariat spécifique et particulier entre États et Sociétés nationales


»Il incombe au premier chef aux gouvernements de prendre en charge les vulnérabilités qui existent dans leur pays, et le rôle principal des Sociétés nationales, en tant qu’auxiliaires des pouvoirs publics, est de leur apporter leur concours dans l’exercice de cette responsabilité.

»Il est ainsi reconnu qu’à certaines périodes, les circonstances imposent qu’une institution indépendante, acceptée par toutes les parties, atteigne les communautés vulnérables, qui, parfois, ne sont accessibles que par ce moyen. Le rôle d’auxiliaire crée son propre espace humanitaire neutre et impartial et permet d’accéder aux bénéficiaires en déployant des capacités Croix-Rouge et Croissant-Rouge, qui peuvent s’exercer librement, sans entrave, pour servir les personnes vulnérables en fonction de leurs besoins.

»En gardant ce qui précède à l’esprit, les Sociétés nationales nouent et entretiennent des relations avec les pouvoirs publics – en veillant à ce que ces relations soient équilibrées et fondées sur la confiance – et apportent toutes les révisions nécessaires à la base juridique de leur rôle d’auxiliaires.

»Ce partenariat spécifique et distinctif est fondé sur le dialogue, la confiance, la coopération et l’entente et le respect mutuels, de façon à pouvoir aborder les questions humanitaires les plus sensibles dans un contexte confidentiel et constructif et de manière indépendante. Il assure aux Sociétés nationales une place privilégiée dans les instances de prise de décisions avec les gouvernements et une part appréciable des ressources qui sont consacrées à l’action humanitaire.

»Le partenariat avec un gouvernement inclut :

»> la participation de la Société nationale à l’accomplissement des tâches dévolues à l’État, au titre du droit international et des résolutions de la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et la coopération dans d’autres activités connexes, notamment la santé et les services sociaux, la gestion des catastrophes et le rétablissement des liens familiaux ;

»> le droit de la Société nationale de dialoguer avec les pouvoirs publics à tous les niveaux sur les questions relevant de sa compétence. Cela inclut la consultation de la Société nationale sur les questions humanitaires majeures et sa participation aux activités nationales et internationales de secours d’urgence et de préparation aux catastrophes, ainsi qu’aux activités sanitaires, sociales et autres pour lesquelles elle dispose de compétences et elle mobilise des ressources ;

»> la création, par l’État, d’un environnement favorable à la Société nationale, notamment en adoptant une législation appropriée quant à son statut, l’utilisation de l’emblème, la mobilisation de ressources (uniquement liée à des motifs humanitaires) et d’autres types de soutien qui facilitent le fonctionnement efficace de la Société nationale, par exemple dans les domaines du volontariat ou du régime fiscal et douanier.

»> l’autorisation donnée à la Société nationale de prêter son concours au service sanitaire officiel des armées et l’emploi de personnel de la Société nationale dans ce cadre, conformément à la Première Convention de Genève de 1949.


»Les Sociétés nationales prennent l’initiative de répondre aux besoins humanitaires quand elles ont les moyens de le faire. Dans leur rôle d’auxiliaires, sont tenues aussi d’examiner sérieusement toute demande exprimée par les pouvoirs publics de mener des activités humanitaires dans le cadre de leur mandat. Les États doivent s’abstenir de demander aux Sociétés nationales d’agir en contrevenant aux Principes fondamentaux, aux Statuts ou à la mission du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

»Les Sociétés nationales sont tenues de refuser toute demande de ce type et les pouvoirs publics doivent respecter les décisions qu’elles ont prises. L’État ne doit pas s’ingérer dans le fonctionnement de la Société nationale, la sélection de ses activités, la nomination de ses dirigeants et la révision de ses textes juridiques.



»Sensibilisation et communication


»Aux niveaux local, national, régional et mondial, nous nous employons collectivement à attirer l’attention sur les besoins des personnes vulnérables en matière d’assistance et de protection. En outre, nous demandons instamment que des mesures soient prises pour combattre les causes sous-jacentes de leurs souffrances et prévenir ou réduire les vulnérabilités, les conflits et les crises à venir, en signalant immédiatement les problèmes émergents.

»Nous plaidons pour que les législations, les plans de développement et les stratégies de gestion des catastrophes nationaux soient efficaces et adaptés aux personnes vulnérables, qui devraient être à même d’exprimer leurs besoins, d’exercer leurs droits et de tirer un meilleur parti des services publics et des filets de sécurité renforcés dans le domaine social.

»La crédibilité de nos activités de sensibilisation est étayée par une Fédération internationale bien informée et bien connectée qui relie toutes les Sociétés nationales pour faire en sorte qu’il n’y a ait pas de discordance dans le discours sur nos objectifs communs. Nous tirons avantage des technologies et des compétences de communication modernes pour influencer les décideurs et les guides d’opinion ainsi que pour renforcer le soutien du public à des idéaux humanitaires communs.

»Nous le faisons en conduisant des campagnes sur des thèmes spé- cifiques, et en nous adressant à tous, en particulier à la jeune génération. Au sein de la Fédération internationale, nous utilisons des plates-formes solides d’échanges d’informations pour mettre les connaissances en commun, promouvoir l’innovation et assurer la cohésion au sein de notre organisation – une vision commune de notre appartenance et de notre engagement, qui s’étend du niveau mondial aux niveaux national et des sections.

»En utilisant les outils de collaboration en ligne à l’échelle de la Fédération internationale, nos volontaires, nos membres et nos employés deviennent plus efficaces et tissent davantage de liens sociaux, tout en ayant rapidement accès à des compétences de pointe. Une culture solidement axée sur la communication renforce la capacité des Sociétés nationales, en leur donnant la possibilité d’être vues, entendues, utilisées et, en fin de compte, dotées de ressources accrues pour venir en aide aux personnes dans le besoin.



»Coopération et partage de ressources


»En tant que pilier essentiel de la communauté humanitaire internationale et du système d’assistance au développement, nous apporterons à la satisfaction des besoins des personnes vulnérables une contribution prévisible et sûre, qui soit proportionnée à notre taille et à notre champ d’action.

»Ce faisant, nous sommes tout aussi déterminés à assurer une plus grande cohérence dans notre coopération aux niveaux mondial, régional et national avec nos partenaires, notamment ceux du système des Nations Unies (auprès duquel la Fédération internationale bénéficie d’un statut d’observateur permanent), les institutions financières internationales, les groupements régionaux, les groupes non gouvernementaux et issus de la société civile, les réseaux professionnels, les organismes universitaires ainsi que le secteur privé.

»Nous sommes notamment disposés à jouer un rôle de chef de file lorsque nous sommes les plus à même le faire. Nous nous appliquons à travailler en complémentarité et coordination étroites avec d’autres acteurs, qui souscrivent à des normes communes de bonnes pratiques. Dans ce contexte, nous attendons de nos partenaires qu’ils reconnaissent la place particulière qui est la nôtre sur le plan national et dans le système international et qu’ils respectent notre mandat et notre indépendance d’action.

»Enfin, nous cherchons à promouvoir des cadres et des systèmes de coopération internationale qui améliorent l’équité, l’harmonisation, la qualité et la responsabilisation dans le domaine de l’assistance humanitaire, et favorisent le développement du droit international se rapportant à notre action.

»Aider autrui est l’un des instincts humains les plus fondamentaux et les plus nobles, et nous sommes largement reconnus comme les plus à même de le faire. Dans nos partenariats avec les donateurs individuels et autres, nous mettons l’accent sur l’action communautaire qui contribue directement à la satisfaction des besoins des personnes vulnérables, à travers des arrangements à long terme, axés sur les résultats et dont les ressources peuvent être mises en commun.

»Nos partenariats avec les entreprises – qu’ils soient mondiaux, nationaux ou locaux – s’appuient sur nos Principes fondamentaux et sur des critères éthiques clairs, qui mettent l’accent sur la promotion de la responsabilité sociale.



»Impact attendu de l’Action facilitatrice 2


»> Accès accru aux personnes vulnérables afin de leur venir en aide, et attention plus rapidement attirée sur les situations de vulnérabilité et leurs causes

»> Soutien renforcé du public, des pouvoirs publics et des partenaires, et ressources accrues pour combattre les vulnérabilités

»> Reconnaissance accrue des perspectives communautaires dans le système humanitaire international et de développement et dans le cadre des accords de coopération internationale.»





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