2017/07/20

Plan d'orientation stratégique 2016-2030 | Institut de recherche pour le développement (IRD) (@ird_fr)



Info: IRD (em inglês)

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«Créé en 1984, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) présente une double spécificité dans le paysage international de la recherche scientifique.

»Tout d’abord, la France est le seul pays développé à avoir conservé, et même renforcé comme l’atteste la dernière révision de 2014 du décret régissant l’IRD, un organisme public pluridisciplinaire exclusivement dédié à la recherche dans le domaine du développement et à la coopération scientifique avec les pays en développement (PED). Cette première spécificité, partagée avec le CIRAD pour ce qui est de la recherche agronomique pour le développement, inscrit l’action de l’IRD dans la continuité historique de l’ex-ORSTOM né à la fin de la seconde guerre mondiale et se traduit par une présence, souvent plus que cinquantenaire, dans de nombreux pays en développement (PED) et Outre-mer ainsi que par un acquis unique en termes de connaissances, de savoir-faire et surtout d’échanges interpersonnels avec les scientifiques de ces pays et territoires. À l’heure actuelle, l’Institut est implanté directement dans 23 de ces pays et cinq Régions et Communautés d’Outre-mer, et il est actif sous des formes diverses dans plus de 90 pays.

»L’IRD présente la seconde spécificité d’être placé sous la tutelle conjointe des ministères de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche (MENESR) et des Affaires étrangères et du développement international (MAEDI).

»Ces deux spécificités constituent une formidable opportunité tant pour l’Institut lui-même que pour la recherche française dans son ensemble. Pour la plupart des organismes de recherche français “généralistes”, l’intervention dans le monde en développement ne peut constituer, par définition, qu’un des aspects de leur activité de coopération internationale.

»De par sa focalisation sur les PED et sa présence Outre-mer, l’IRD a vocation à permettre à l’ensemble de l’ESR français d’incarner un modèle de partenariat scientifique équitable, alternatif au modèle classique des relations Nord / Sud, où les chercheurs des PED demeurent bien souvent subordonnés à des objectifs fixés au Nord. L’IRD a ainsi vocation à devenir le ferment de la projection mutualisée vers les PED de l’ensemble de l’ESR français, pour promouvoir un modèle de recherche partenariale où il ne s’agit pas seulement de faire de la science “pour” le Sud mais désormais de travailler sur un pied d’égalité “avec” le Sud.

»De par sa double tutelle, l’IRD est également bien placé pour faire en sorte que les avancées de la connaissance irriguent l’action diplomatique de notre pays en faveur de politiques internationales, de politiques publiques et de politiques de développement fondées sur les preuves scientifiques (ce que les anglo-saxons qualifient d’ “evidence-based policies”).

»L’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation constituent aujourd’hui une priorité très forte des pays émergents, mais aussi, et de plus en plus, des pays dits “intermédiaires” et des “pays les moins avancés” (PMA) : tous entendent accélérer leur développement en s’insérant mieux dans la “société de la connaissance”. Le développement des capacités de recherche et d’innovation et la massification de l’enseignement supérieur sont devenus des éléments décisifs de compétition internationale, notamment pour les pays ayant des liens historiques avec la France. L’enseignement supérieur et la recherche avec les PED constituent, par conséquent, pour la France et l’Europe un enjeu majeur aux plans politique, diplomatique et économique autant que scientifique.


»La construction de ce nouveau Plan d’orientation stratégique (POS), dont l’horizon temporel à l’échéance 2030 coïncide avec celui du nouvel agenda international adopté, en septembre 2015, par les Nations unies en matière d’Objectifs du développement durable (ODD) doit être l’occasion pour l’IRD de construire une identité plus lisible, signifiante et identifiable au niveau national, européen et international. C’est un facteur clef du rayonnement extérieur, de la reconnaissance et de la légitimité de l’Institut, mais aussi de la consolidation, pour ses personnels et partenaires proches, d’une culture commune.

»Au cours des dernières décennies, le terme générique de développement a perdu de son sens comme concept unificateur et surplombant, synonyme de mouvement univoque vers l’enrichissement et l’amélioration des conditions de vie. La prise de conscience que nous nous heurtons aujourd’hui à la finitude d’un monde dont les ressources ont été exploitées au-delà du soutenable a fait émerger des concepts comme ceux de développement durable et de développement humain.

»Les ODD, contrairement aux Objectifs du millénaire 2000-2015 qui les ont précédés, concernent désormais le développement durable de l’ensemble de la planète, et non plus simplement la lutte contre la pauvreté endémique dans les régions du monde dit “en développement”.

»Quelles que soient les critiques qui peuvent leur être adressées, les ODD ont le mérite d’insister sur l’importance des interactions entre leurs différents objectifs, et de remettre la question des ressources, de leur protection et de leur juste répartition au coeur des préoccupations internationales avec une priorité donnée au long terme.

»Même si les opinions publiques, voire les décideurs publics et les organisations internationales, n’en ont pas toujours suffisamment conscience, les avancées de la science sont une condition sine qua non pour réaliser de tels objectifs de développement durable, dans une période charnière où il est devenu difficile de décrypter le monde, de le lire, de le comprendre, et de prévoir son devenir ; où des échelles temporelles et spatiales multiples doivent être articulées ; où des interdépendances de plus en plus nombreuses complexifient les dynamiques ; où des phénomènes extrêmes ou imprévus perturbent les prévisions ; et enfin, où les modèles économiques et sociaux linéaires qui prévalaient jusque-là atteignent leurs limites.

»De même, les révolutions technologiques actuellement à l’oeuvre en matière de numérique et de nouvelles technologies de l’information, de connaissance du vivant et de biotechnologies ou encore de nouvelles sources d’énergie découlent toutes de plus en plus directement des avancées de la connaissance scientifique. Mais, elles nécessitent des recherches en continu si l’on veut que leur dynamique soit effectivement mise au service du développement durable et humain plutôt que d’une aggravation des déséquilibres, des conflits et des inégalités. La science et l’innovation sont, sans conteste, des clés majeures d’un futur durable.

»La recherche scientifique a un rôle particulier à jouer dans les régions intertropicales et l’espace méditerranéen, zones de compétence de l’IRD. En effet, ces régions doivent faire face à la fois à des enjeux nationaux (défis souvent liés aux inégalités de développement) et globaux (impacts du changement climatique, des crises financières, des pandémies, etc.). Elles sont les plus vulnérables aux impacts négatifs des changements globaux à l’oeuvre. En même temps, la quête du bien-être de ces populations et de l’équilibre durable des milieux physiques et humains pose des questions spécifiques liées aux particularités des environnements et de l’histoire des sociétés qui s’y sont développées.

»Cette exigence de décryptage des spécificités et d’adaptation à des mutations rapides s’y heurte à la fragilité des compétences scientifiques locales, en particulier dans les pays les plus pauvres, et au manque de technologies adaptées.

»La mission centrale de l’IRD est bien de contribuer, en priorité pour ce qui concerne la zone intertropicale et méditerranéenne, à construire le socle de compétences et de connaissances nécessaire pour rendre compatibles lutte contre la pauvreté, réduction des inégalités de développement, changements globaux et atteinte des ODDs. Elle consiste également à y accompagner l’innovation, seule à même d’inventer un futur durable. Cette construction passe par un partenariat étroit avec les communautés scientifiques des pays concernés, au renforcement desquelles l’ensemble des acteurs de l’ESR français doit contribuer.»





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