2017/02/14

«Vannes. Fevrier du 2016: L’usine Michelin investit 2,6 millions d’euros. Fevrier du 2017: Michelin investira 22 millions d’euros dans son usine. En contrepartie, l'effectif passera de 450 salariés à 350, d'ici à cinq ans»




Ouest-France (@OuestFrance). Fevrier du 2016: «Vannes. L’usine Michelin investit 2,6 millions d’euros». Fevrier du 2017: «Michelin investira 22 millions d’euros dans son usine» - «En contrepartie, l'effectif passera de 450 salariés à 350, d'ici à cinq ans»



«Fevrier du 2016: L’usine Michelin investit 2,6 millions d’euros

»L’usine Michelin, premier employeur privé de Vannes avec 500 salariés, va investir 2,6 millions d’€ en 2016 (gain de productivité, sécurité et ergonomie, rénovations de bâtiments, de parkings...).

»Le site morbihannais spécialisé dans les renforts métalliques à fil fin pour les pneus de poids lourds (95 % de sa production, 5% pour l’automobile) entend ainsi faire face à la forte augmentation du tonnage (+ 31 %) qui fait suite pour partie à la fermeture d’une usine en Italie mais aussi à la demande en expansion de tringles tressées du marché du pneu tourisme.

»Pour répondre à ce surcroît d’activité un renforcement des équipes du week-end (dites fin de semaine) va être réalisé pour passer de 35 personnes à 60. Il s’agira d’un transfert de personnel des équipes semaines notamment. Au niveau emploi, quarante-cinq personnes vont être recrutées - c’est fait pour la moitié d’entre elles environ - pour des CDD de professionnalisation, formation qualifiante de 11 à 20 semaines selon les postes. L’effectif global sera porté en fin d'année à 510 salariés.


»Préparer l’avenir

»En parallèle à son développement, Michelin veut aussi se projeter sur l’avenir et surtout "pérenniser sa présence à Vannes" a reconnu Bertrand de Solages, directeur.

»Ainsi, le diagnostic concernant le projet d’avenir et de compétitivité a été lancé en novembre 2015 que ce soit dans le domaine industriel, social, économique et devrait être achevé en fin d’année.

»Il se déroule en quatre phases: approfondir les performances de l’usine; étudier la manière d’atteindre les objectifs fixés par l’usine vannetaise; faire valider ensuite par le groupe Michel le projet présenté par Vannes et enfin le mettre en œuvre dès 2017. Personnel, syndicat, direction y travaillent avec un cabinet extérieur "pour une transformation en profondeur qui permettra de faire de notre usine un site performant pour le futur."»


Ce pacte n'est pas un accord, il n'a pas de valeur juridique, mais c'est plus que symbolique. C'est un an de travail pour revoir l'organisation sans toucher aux accords des 35 heures.

»Fevrier du 2017: Michelin investira 22 millions d’euros dans son usine. En contrepartie, l'effectif passera de 450 salariés à 350, d'ici à cinq ans

»La direction de Michelin a signé ce vendredi un projet industriel et social de 22 millions d’euros pour moderniser son site Vannetais. Depuis 1968, le site produit des squelettes métalliques pour les pneus poids lourds fabriqués sur les autres sites Michelin en France et en Europe. Mais concurrencée par les prix de multinationales investissant en Asie où le coût de main-d’œuvre est moins important, l’usine de Vannes était menacée. Sa direction a proposé aux salariés d’établir avec eux un plan d’amélioration de productivité. En retour des 22 millions d’investissements, une centaine de départs en retraite ne seront pas remplacés d’ici cinq, faisant passer les effectifs de 450 CDI à 350.

»Le manufacturier a demandé à ses salariés de réfléchir à une nouvelle organisation du travail pour relancer son usine du Morbihan menacée. Ce "pacte" d'un nouveau genre a été signé vendredi.

»"Notre usine, elle va tenir combien de temps?". Cette question, Bertrand de Solages l'a entendue de nombreuses fois de la part de ses 450 salariés quand il a été nommé directeur de l'usine Michelin de Vannes, il y a trois ans et demi.

»Depuis 1963, ils transforment des câbles en fins squelettes métalliques pour les pneus poids lourds fabriqués sur les autres sites Michelin. Mais, concurrencée par l'Asie, où le coût de main-d'oeuvre est moins important, dans un marché poids lourd morose, la vieillissante usine de Vannes était effectivement menacée, confirme Rémi de Verdilhac, directeur de Michelin. "Il fallait trouver une nouvelle voie pour retrouver un coût de revient compétitif."


»De 450 à 350 salariés

»Pour une fois, le plan redouté par les salariés n'est pas "tombé de Clermont-Ferrand", le siège historique, mais a été conçu, ici, à Vannes. "Nous avons demandé aux salariés de nous proposer une nouvelle organisation."

»Cent quarante salariés se sont ainsi répartis en douze groupes d'études pour faire des choix en termes d'organisation et d'investissement. Après un an d'échanges, un plan sur cinq ans a été établi.

»Michelin investira 22 millions d'euros dans de nouveaux outils pour améliorer sa productivité et s'adapter aux nouveaux diamètres de jantes toujours plus importantes. En contrepartie, l'effectif passera de 450 salariés à 350, d'ici à cinq ans, au fur et à mesure des départs en retraite, non contraints, précise la direction.

»Vendredi, l'Unsa et la CFE-CGC ont signé ce pacte. "On perd des salariés mais, avec la modernisation, l'usine demandera moins de manutentions. Je préfère perdre une centaine d'emplois que 450..." justifie Pascal Guillemain, délégué CFE-CGC qui souligne, qu'au sein du Cac 40, "Michelin est le seul groupe à miser sur l'industrie en France."

»"Ce pacte n'est pas un accord, il n'a pas de valeur juridique, mais c'est plus que symbolique. C'est un an de travail pour revoir l'organisation sans toucher aux accords des 35 heures", apprécie Isabelle Le Falher, déléguée Unsa.

»Majoritaire, la CGT a participé aux échanges, sans signer. Son délégué n'a pas souhaité répondre. Bertrand de Solanges a désormais une réponse à ses salariés: "Cinq ans!" La durée de l'engagement de ce pacte d'avenir que le groupe a déjà signé sur les sites de Roanne et La Roche-sur-Yon.»





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