2017/02/01

«ObsEva: la nouvelle biotech star du Nasdaq»




Delphine Dechaux. Challenges @Challenges. Avec information d’ObsEva: ObsEva SA Announces Pricing of Initial Public Offering.



«Deuxième entreprise de l'année à s'introduire au Nasdap, ObsEva a été créée en 2012 par le gynécologue belge Ernest Loumaye. Retour sur l'itinéraire d'un médecin entrepreneur ayant défriché avec succès des champs négligés par les grands laboratoires.

»Un nom s'est affiché en lettres géantes sur Time Square: ObsEva. Cette société européenne (suisse) créée il y a seulement quatre ans pèse aujourd’hui un demi-milliard de dollars (470 millions d'euros). Depuis quelques heures, elle est cotée au Nasdaq, la prestigieuse Bourse des valeurs technologiques américaines, où elle a levé près de 100 millions de dollars.

»Derrière l’introduction en Bourse d’une belle entreprise européenne, se cache aussi l'incroyable parcours d'un gynécologue belge : Ernest Loumaye. "C’est l’un des patrons les plus extraordinaires que j’ai rencontré dans ma carrière", salue Rafaèle Tordjman, associée chez Sofinnova, le fonds qui a financé ObsEva depuis ses débuts.


»Une première entreprise vendue plus de 400 millions d'euros

»Formé à l’Université de Louvain, ce gynécologue-obstétricien – qui mène une carrière de praticien hospitalier et enseigne à l’Université de Louvain jusqu’en 1991 - intègre l’industrie pharmaceutique en entrant chez Serono (qui sera racheté par Merck). En 2003, il rejoint le français Ipsen. Trois plus tard, le gynécologue créé sa première entreprise, PregLem. Il teste déjà la recette qui fera plus tard le succès de sa deuxième entreprise, ObSeva : développer des molécules négligées par les laboratoires pharmaceutiques. Installée sur les rives du lac Léman, PregLem met au point un traitement du fibrome issu d’une molécule de Merck-Serono. Autorisé en 2012 (en France), Esmya rend un service médical "important", selon l’avis de la Haute autorité de santé. Une innovation médicale qui attire les convoitises : le premier fabricant pharmaceutique d’Europe centrale, le hongrois Gedeon Richter, très axé sur la gynécologie, rachète l’entreprise pour 445 millions de francs suisses (416 millions d’euros).

La Fondation Movember espère que ce nouveau défi fera naître des idées inédites, les encadrera et donnera à leurs auteurs désireux de susciter le changement, l'autonomie nécessaire pour le faire.

»Après ce joli succès, Ernest Loumaye récidive. Sa rencontre avec André Chollet, un ancien de Merck Serono, donne naissance à ObsEva. Le duo négocie le droit de développer et exploiter trois molécules, dont deux proviennent du laboratoire japonais Kissei. Le créneau de la biotech suisse est bien défini : elle développe des traitements pour des maladies féminines qui, sans être mortelles, peuvent être très invalidantes, comme l’endométriose. Une maladie méconnue qui, selon l’Association française de lutte contre l’endométriose, entraîne pour certaines femmes "l’incapacité de mener une vie normale". Le portefeuille comprend aussi un traitement contre les menaces d’accouchement prématuré et un produit utilisé dans les fécondations in vitro.


»Après Actelion, un autre succès suisse

»Au moment où les projecteurs sont braqués sur Actelion, première biotech européenne rachetée pour 30 milliards de dollars par Johnson & Johnson, la montée en puissance d’ObsEva, passée relativement inaperçu, est une autre preuve de la vitalité de la Suisse dans les sciences de la vie. Elle démontre aussi que les entrepreneurs sont parfois plus à même que les grands groupes de répondre à des besoins médicaux insatisfaits. "Les grands laboratoires qui se sont longtemps concentrée sur les maladies mortelles a enfin compris le potentiel énorme des traitements de la santé féminine", souligne Rafaèle Tordjmann.»






Innovation et idées

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