2016/11/29

Philippe Aghion: «Il faut repenser l’État complètement»




Raphaël Ruffier-Fossoul et Élise Anne. Lyon Capitale (@lyoncap)



«L’Autre Direct – L’économiste préféré de Gérard Collomb, nouveau titulaire de la chaire d’économie des institutions, de l’innovation et de la croissance au Collège de France, Philippe Aghion a de nouveau défendu à l’occasion des Journées de l’économie de Lyon des réformes structurelles d’importance.

»“Je n’ai jamais l’impression d’avoir été entendu par François Hollande. Les lois Macron vont dans la bonne direction, il y a eu des choses, mais trop peu. Le mandat de François Hollande sera plombé pour ne pas avoir engagé des réformes structurelles audacieuses dès le début”, tranche Philippe Aghion lors de notre entretien.

C’est l’innovation qui doit nous porter. Or, l’innovation, c’est la destruction créatrice de Schumpeter, c’est sans arrêt de nouvelles firmes qui remplacent d’anciennes firmes. Il faut de la bonne formation professionnelle, il faut une formation qui soit qualifiante et pas précarisante.

»L’économiste en profite pour rendre un hommage au maire de Lyon: “Gérard Collomb aurait fait une autre politique. Il faudrait que la France soit à l’image de Lyon. Seulement Gérard Collomb n’est pas énarque, ça aide beaucoup avec François Hollande.”

»Résumant sa leçon inaugurale au Collège de France, particulièrement suivie et commentée, Philippe Aghion préconise un changement de modèle: “Le modèle des Trente Glorieuses était un modèle de croissance par le rattrapage technologique, où les gens bossent toute leur vie dans la même boîte, le même secteur. D’où le fait qu’on ait plus de cent caisses d’assurance maladie... C’était une économie très corporatiste, avec un système social qui fonctionnait bien. Mais il y a eu la mondialisation des années 1980, nous avons épuisé les ressorts de l’imitation technologique, c’est l’innovation qui doit nous porter. Or, l’innovation, c’est la destruction créatrice de Schumpeter, c’est sans arrêt de nouvelles firmes qui remplacent d’anciennes firmes.”

»“Le bon côté de l’innovation, poursuit Philippe Aghion, c’est que cela génère de la mobilité sociale, mais il faut de la bonne formation professionnelle, il faut une formation qui soit qualifiante et pas précarisante. Et c’est là qu’il faut repenser l’État complètement.”»





Innovation et discourses

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