2016/11/30

Herman Van Rompuy: «L’Europe doit fournir des solutions alors qu’elle ne bénéficie d’aucun soutien»




L’Écho (@lecho). Contenu sous la responsabilité d'Ageas.



«La société ouverte et la prospérité qu’elle crée sont sous pression, prévient l’ancien président du Conseil européen Herman Van Rompuy. “Lorsque les citoyens voient leurs doutes confortés par des hommes politiques et des faiseurs d’opinions, un regain d’euroscepticisme est inévitable.”

»“Nous faisons face à des défis d’une ampleur historique”, affirme Herman Van Rompuy à ses interlocuteurs. Réunis dans Le Havenhuis, une maison portuaire anversoise rénovée de main de maître, vingt chefs d’entreprise écoutent religieusement l’ancien président permanent du Conseil européen. Lorsqu’un homme considéré comme l’incarnation de la pondération émet un tel avertissement, mieux vaut en effet ne pas en perdre une goutte.

»Herman Van Rompuy sait pertinemment ce qu’il en est d’opérer dans un monde en pleine rupture, le sujet de la rencontre. Lui qui fut, pour ainsi dire, le CEO de l’Europe entre 2009 et 2014, une période tout sauf “normale”. Mais quels enseignements en a-t-il tirés? Qu’il faut constamment s’attendre à l’inattendu, manifestement. Et de conseiller aux dirigeants d'entreprise d’en faire de même. Dans son propre domaine d’activité, cela impliquait notamment de se préparer à des issues imprévisibles des consultations populaires (“Vous savez bien, ces choses qui vous donnent des réponses à des questions qui n’avaient pas été posées”).

»Le résultat du référendum sur le Brexit n’a toujours pas été digéré, affirme Herman Van Rompuy au lendemain d’une visite à Londres. “Je peux vous assurer que les Britanniques sont toujours en état de choc. La plupart des observateurs avaient parié sur un remain. C’est aussi la raison pour laquelle un grand nombre d’entre eux hésite à pronostiquer qui sera le prochain président des États-Unis, Hillary Clinton ou Donald Trump.”

»Brexit et regain de populisme aux États-Unis sont les deux faces d’une même médaille, enchaîne Herman Van Rompuy. “Les tendances sociales sont plus intéressantes que les personnes qui les représentent. Prenez les États-Unis, où Barack Obama a remporté les actions présidentielles de 2008 et en 2012 grâce à une image de grande modération. Aujourd’hui, un agitateur radical comme Trump a des chances de lui succéder. Cela illustre que quelque chose de fondamental est en train de changer dans la société.”

»Nous sommes arrivés à un carrefour, explique le vétéran de la politique. “Nous devons opérer un choix fondamental concernant la société que nous voulons. Une société ouverte, fondée sur la diversité démographique, la tolérance, la liberté et l’économie de marché? Ou une société fermée qui se replie sur elle-même?”.

»L’option favorite de Herman Van Rompuy ne fait aucun doute. “L’ouverture sociale a créé beaucoup de richesses dans l’Union européenne ces dernières décennies, notamment grâce à la ‘destruction créatrice’. Mais dans ce processus, si les gens ont l’impression que la destruction est plus grande que la création, ils ferment portes et fenêtres. Le monde est alors trop grand, la place qu’ils y occupent est trop petite. Ils prennent peur, se replient sur eux-mêmes et demandent davantage de protection.”

»Pour préserver l’économie de marché, nous devons la corriger, poursuit-il. “Il faut établir un nouveau contrat social qui emprunte la célèbre voie du milieu. Une société trop ouverte risque de perdre le soutien des citoyens qui la composent. Trop fermée, elle se traduit par une perte de richesses et une étroitesse d’esprit.”

»C’est un exercice d’équilibriste délicat, prévient-il en revenant sur le référendum britannique. “Au Royaume-Uni, les plus de 55 ans se sont majoritairement exprimés pour une sortie de l’Union, alors que les plus jeunes ont clairement voté remain. Le premier groupe l’a emporté, mais c’est le deuxième qui devra en subir les conséquences le plus longtemps.”


Les socialistes ont perdu le fil de leur histoire et n’offrent pas de solution. Auparavant, on avait par exemple un Gerhard Schröder en Allemagne qui mettait en œuvre des réformes structurelles. Au Royaume-Uni, Tony Blair a créé beaucoup de croissance avec sa Troisième Voie. Où se trouve ce leadership aujourd’hui? Au moment du référendum, il ne se trouvait personne à gauche pour parler positivement de l’Europe au Royaume-Uni.

»Crédibilité

»Il semblerait donc que l’ouverture soit en perte de vitesse, y compris le jour où Herman Van Rompuy s’adressait aux chefs d’entreprise. Les journaux titraient en effet que la Région wallonne, faisant cavalier seul, empêchait la ratification du Ceta, le traité commercial conclu entre l’Union européenne et le Canada. Donald Tusk, l’actuel président européen, avait même twitté que le Ceta pourrait être le dernier accord commercial de l’Union européenne si elle ne parvenait pas à convaincre ses citoyens qu’elle négociait dans leur intérêt.

»Herman Van Rompuy demeure impassible. “Ce n’est pas parce que la crédibilité d’une région est en péril que l’Union européenne est logée à la même enseigne. Nous sommes très actifs en coulisses et nous sommes en train de négocier avec succès de nombreux accords de libre-échange. Des traités ont déjà été signés avec le Viêtnam, la Corée du Sud et Singapour (la Commission européenne mène actuellement vingt négociations similaires avec d’autres pays ou groupes de pays, NDLR). Il y a trois ans, je n’aurais jamais osé espérer que nous aurions autant avancé dans l’accord commercial avec les États-Unis (TTIP).”

»Autour de la table pointent plusieurs objections au sujet de l’édifice démocratique européen. “J’ai grandi avec l’idée européenne”, explique Luc Bertrand, président de la société d’investissement Ackermans & van Haaren. “Mais aujourd’hui, j’y vois surtout des technocrates, et un sentiment chez les gens que les décisions qui y sont prises ne sont plus démocratiques. Je pense que nous allons être confrontés à un problème gigantesque si nous ne parvenons pas à créer un nouveau rêve européen.”

»“Nous ne pouvons pas attendre de rêve de l’Europe”, réagit Herman Van Rompuy. “Ce ne serait d’ailleurs pas crédible de lancer une nouvelle grande histoire. Du reste, si l’on y réfléchit bien, attendons-nous également ce rêve de la Belgique ou de la Flandre? À ce niveau, on accepte beaucoup plus facilement les petits arrangements. Nous sommes actuellement à ce point tenaillés par la peur – tant au niveau national qu’européen – qu’elle nous paralyse. Pour transformer cette peur en espoir, nous devons non seulement obtenir des résultats tangibles en matière d’emplois, de migration, de terrorisme, de dumping et de fraude, mais aussi agir sur la manière dont nous parlons de l’Europe. Un peu moins de Brussel-bashing serait le bienvenu. Lorsque les citoyens voient leurs doutes confortés par des mandataires politiques et des faiseurs d’opinions, un regain d’euroscepticisme est inévitable.”

»“Les citoyens dénoncent souvent le déficit démocratique, mais je veux également souligner le déficit de leadership”, poursuit l’ancien Premier ministre. “En Allemagne par exemple, la chancelière Angela Merkel défend toujours le TTIP, même si elle fait face à une forte opposition. Mais c’est une exception. Prenez le référendum néerlandais sur l’accord commercial européen avec l’Ukraine. L’une des raisons pour laquelle il a été torpillé, c’est le manque total de leadership. Presque personne n’était prêt à défendre réellement la cause européenne. Les démagogues et populistes de tous bords ont pu s’en donner à cœur joie.”


»Too little, too late

»L’Europe doit être reconnue pour ce qu’elle réalise, souligne Herman Van Rompuy. “Rien que dans la zone euro, l’Union européenne a créé 5 millions de nouveaux emplois entre 2014 et 2017. Le Conseil européen a également pris des initiatives contre la fraude fiscale et la fraude internationale. Mais aux yeux de nombreuses personnes, cela reste ‘too little, too late’, et c’est la raison pour laquelle on ne parvient pas à restaurer la confiance dans les autorités européennes et nationales.”

»C’est un immense paradoxe, soupire-t-il. “On se tourne vers l’Europe pour des initiatives destinées à résoudre des problèmes comme la crise des réfugiés, le terrorisme et le réchauffement climatique, mais on ne lui apporte aucun soutien. Nous avons besoin d’intégration et de collaboration, mais la tendance est précisément à moins d’Europe.”

»Il reconnaît cependant que l’Union doit en partie s’en prendre à elle-même. “En Europe, nous ne prenons souvent des décisions que quand nous sommes dos au mur, au bord du gouffre, et avec le couteau sur la gorge. La rhétorique seule ne suffit pas. Nous devons prouver aux citoyens que l’Union européenne et ses États membres parviennent à concrétiser certains dossiers. C’est le cas, mais c’est encore trop peu. Les citoyens méritent une meilleure réponse à leurs demandes en matière de prospérité, d’emploi et de protection contre la violence.”

»“L’agenda politique normal ne fonctionne plus”, regrette Herman Van Rompuy. “Auparavant, quand l’économie tournait et créait suffisamment d’emplois, il n’y avait guère de problème. Aujourd’hui, il en va autrement. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, le taux de chômage est historiquement bas, et ces deux pays sont pourtant aux prises avec un malaise social fondamental. Même ceux qui ont un emploi ne se sentent plus en sécurité, par exemple parce qu’ils ont un contrat à court terme ou parce qu’ils ont peur des conséquences de la mondialisation ou de la numérisation.”

»Herman Van Rompuy plaide pour davantage de leadership, dont il déplore manifestement l’absence. “Je ne crois pas dans le discours de ce révolutionnaire français qui disait: ‘Je suis leur chef. Donc je suis mon peuple.’ Les politiciens doivent non seulement comprendre les changements qui ont cours dans la société, mais aussi les orienter, et parfois ramer à contre-courant. Mais c’est peut-être facile à dire. Diriger un parti est aujourd’hui beaucoup plus difficile que jadis, parce que le paysage politique est beaucoup plus fragmenté. Aujourd’hui, un parti qui n’existait pas encore il y a quelques années peut diriger un pays.”


»Regard politique

»Comme on pouvait s’y attendre, les questions que les chefs d’entreprise avaient réservées à l’ancien président du Conseil européen étaient avant tout politiques. En effet, la politique peut également être source de ruptures qui ont un fort impact sur leur entreprise. “Peut-être devrions-nous abandonner la distinction politique classique entre la ‘gauche’ et la ‘droite’”, affirme Jean-Pierre Blumberg, Senior Partner au cabinet d’avocats Linklaters. “Ne serait-il pas préférable d’opérer un distinguo entre partisans et détracteurs du changement?”.

»La gauche traditionnelle est clairement dans ce dernier camp, affirme-t-il. “Les socialistes ont perdu le fil de leur histoire et n’offrent pas de solution. Auparavant, on avait par exemple un Gerhard Schröder en Allemagne qui mettait en œuvre des réformes structurelles. Au Royaume-Uni, Tony Blair a créé beaucoup de croissance avec sa Troisième Voie. Où se trouve ce leadership aujourd’hui? Au moment du référendum, il ne se trouvait personne à gauche pour parler positivement de l’Europe au Royaume-Uni.”

»Herman Van Rompuy partage sa déception au sujet du Labour (“Avec un peu de leadership de la part de ce parti, le référendum se serait soldé par un remain net et sans bavure”), mais n’est pas aussi négatif sur la manière dont la gauche se positionne en Europe. “Les sociodémocrates ont perdu beaucoup de soutien parce qu’ils ont été courageux. Schröder a par exemple perdu les élections à cause des réformes qu’il a mises en place. Et après la crise financière, José Luis Rodríguez Zapatero, le Premier ministre espagnol de l’époque, a pris des mesures indispensables qui n’ont pas été du goût des électeurs. ‘Elles sont impopulaires, y compris dans mon parti, mais je les mènerai à bien’, m’a-t-il expliqué un jour. ‘Ensuite, je quitte la politique.’ Le problème est qu’il est intervenu à bon escient, mais trop tard.”

»Un autre problème est que la gauche est harcelée par l’extrême gauche, ajoute-t-il. “Aux Pays-Bas, par exemple, le PvdA de centre-gauche est sous le feu d’un SP beaucoup plus à gauche. En France, le Parti de gauche communiste fait la même chose avec le Parti socialiste. Et en Allemagne, il y a Die Linke. Tous ces partis doivent leur popularité au fait que les électeurs trouvent les partis de gauche traditionnels trop soft et trop réformistes.”

»Les réformes sont toujours difficiles à vendre aux citoyens. “Nous savons tous ce qu’il faut faire, mais personne ne sait comment se faire réélire ensuite”, a un jour déclaré le président de la commission Jean-Claude Juncker. Herman Van Rompuy n’est pas d’accord. “Ce n’est pas parce que des réformes sont douloureuses qu’il ne faut pas les mettre en œuvre. Cela peut valoir du respect aux dirigeants politiques, et les électeurs seront plus rapidement disposés à accepter ces décisions. À une condition: qu’il y ait des résultats.”

»Et il ne s’agit pas d’un vœu pieux, comme il l’illustre au travers d’un voyage dans le temps. “En 1995, le gouvernement Dehaene (dans lequel Van Rompuy était ministre du Budget, NDLR) a élaboré le Plan global. Avec les socialistes, nous avons procédé à des interventions impopulaires qui ont affecté le pouvoir d’achat des Belges, notamment des augmentations d’impôts. Mais le plan a engendré les résultats espérés, et nous en avons été récompensés par une victoire électorale.”


»Déséquilibre

»Historiquement, l’Europe gravite autour de l’axe franco-allemand, les premiers bénéficiant de l’ascendant politique, les deuxièmes de l’ascendant économique. “Surtout depuis l’élection de François Hollande, nous avons perdu cet équilibre”, constate Herman Van Rompuy. “C’est dommage, car l’Europe a besoin de la locomotive franco-allemande. J’espère qu’au lendemain des élections, des leaders des deux pays monteront à la tribune et diront: ‘Nous ne pouvons plus continuer comme ça, nous devons approfondir l’Europe et renforcer la zone euro si nous voulons éviter des problèmes gigantesques’. Il faut simplement être plus ambitieux.”

»Ce sera donc que sans les Britanniques, même si Herman Van Rompuy tempère l’importance de leur départ imminent. “Le Royaume-Uni jouissait d’un statut particulier au sein de l’Union européenne, avec de nombreuses clauses d’opt-out et son refus de faire partie de l’union monétaire et de l’espace Schengen. De même, les Britanniques n’ont pas fait équipe avec l’Union à l’occasion des grandes crises qui ont émaillé ces dernières années, qu’il s’agisse de la crise de l’euro, de la crise des réfugiés ou encore de la politique étrangère commune.”

»Pour autant, le reste du club européen manque clairement d’unité. “Les États membres qui ont des conceptions politiques très éloignées de celles du reste de l’Europe y ont-ils encore une place?”, se demande André Bergen. Le président de la société immobilière Cofinimmo fait référence à la Hongrie, qui s’oppose avec acharnement à l’accueil des réfugiés: “Quand considérera-t-on qu’ils vont vraiment trop loin? À quel moment le reste de l’Union européenne dira-t-il: ‘Vous n’avez plus votre place ici, nous vous demandons de partir’?”

»“Ce refus d’exécuter une décision juridique dans l’Union européenne n’est malheureusement pas qu’un problème hongrois”, réagit Herman Van Rompuy. “La Hongrie est le seul pays qui conteste le bien-fondé juridique de cette décision, mais dans la pratique, presque aucun pays ne l’exécute. Il faut déplacer 160 000 réfugiés dans l’Union. Nous en sommes à peine à 6 000. Je n’ai jamais été un grand partisan de ce système, mais puisque les États membres l’ont entériné, ils doivent aussi s’y tenir.”

»Importance croissante de l’Asie

»Avec les difficultés économiques de l’Occident, de nombreux regards se tournent vers les pays émergents. Bart De Smet, CEO d’Ageas, souligne surtout l’importance croissante de l’Asie – un marché sur lequel l’assureur mise comme par hasard beaucoup. À l’inverse, on remarque aussi une augmentation de la présence asiatique en Europe, comme en témoigne le récent émoi provoqué par l’éventuelle prise de participation du fonds d’investissement chinois State Grid dans le gestionnaire de réseau flamand Eandis.

»“Il est parfaitement logique que l’Asie prenne une part plus importante dans l’économie mondiale, notamment aux dépens de l’Europe”, commente Herman Van Rompuy. “Cela signifie que des centaines de millions d’Indiens et de Chinois échappent à la pauvreté et que la classe moyenne s’y développe. Il est absolument anormal que l’Europe génère un cinquième de la richesse mondiale avec 7 % de la population mondiale. Mais si nous voulons préserver notre État-providence, une croissance économique de 1,5 % ne suffit pas. La croissance de notre productivité et notre position concurrentielle sont trop faibles. Les augmenter est le grand défi des décennies à venir. Nous avons besoin d’une croissance plus soutenue de la productivité!”.

»“Que pense Herman Van Rompuy des relations entre l’Union européenne et la Russie ou la Turquie?”, s’interroge Maria Fernanda Lima da Rocha Barros, vice-présidente du géant brassicole AB InBev. “Le dénominateur commun est l’absence de confiance”, constate le féru de politique. “Lorsque j’étais encore ‘président’, la Russie était un partenaire stratégique important, avec lequel nous organisions un sommet tous les six mois. La crise ukrainienne et la progression du nationalisme russe ont profondément changé nos rapports. Selon moi, les relations bilatérales ne pourront s’améliorer que quand la question ukrainienne aura été résolue. Mais y a-t-il suffisamment de volonté politique en ce sens? La Russie veut précisément un pays faible et déstabilisé, afin qu’il reste en dehors de la sphère d’influence de l’Union européenne.”

»Mais il faut passer par là, souligne-t-il: “Nous devons continuer à collaborer autour de l’Iran et de la Syrie. La Russie n’est plus une puissance mondiale, mais constitue toujours une grande puissance régionale, ne serait-ce qu’en raison de sa taille.”

»Les relations se sont également détériorées entre Bruxelles et Ankara, notamment à la suite de la réaction européenne à la tentative de coup d’État de juin dernier et à la lenteur des négociations sur l’adhésion à l’Union européenne. “Sur ce dernier point, il n’y a actuellement aucun soutien au sein de l’Union européenne”, explique Herman Van Rompuy. “Selon moi, la Turquie même n’ambitionne plus réellement l’adhésion, mais cette ambiguïté génère beaucoup de méfiance et d’hypocrisie. Un jour viendra où nous devrons nous regarder dans les yeux et discuter de la collaboration que nous voulons réellement.”

»Tout comme avec la Russie, le pragmatisme doit prévaloir, affirme-t-il. “Nous collaborons toujours, malgré les tensions. C’est grâce à un accord avec la Turquie que nous avons pu mettre un terme à l’afflux de réfugiés en Europe. Aujourd’hui, nous parlons de centres d’asile qui ferment en Belgique, plus de nouveaux qui ouvrent. Vous ne m’entendrez pas dire que c’est la solution la plus élégante d’un point de vue humanitaire, mais elle est absolument nécessaire pour la stabilité politique en Europe.”»





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