2016/10/13

«Tiers-lieu d’économie créative et solidaire, Épicentre de Clermont à Brioude»




Nathalie Van Praagh. La Montagne @lamontagne_fr



« Saint-Dominique est unanime. En une année, Épicentre s’est taillé une réputation de voisin idéal dans cette rue piétonnière du centre de Clermont-Ferrand, qui fut longtemps le quartier des prostituées.

»Chez le boulanger d’à côté, le coiffeur et le café d’en face, dans les restaurants, nombreux, du coin, on ne tarit pas d’éloges sur ces trentenaires “aimables, sympas, pleins de bonnes idées”, qui les font travailler, fréquentent journalièrement leur commerce, amènent du monde et leur assurent de la publicité gratuite… “Ils apportent de l’effervescence du dynamisme, du trafic et du lien au quartier”

»Le quartier apprécie “le sens du partage” de ces nouveaux habitants (“coworkers, c’est ça??”) d’autant que règne ici un esprit village, l’habitude de récupérer le courrier de l’autre en son absence, de donner le coup de main… “Au début, on ne comprenait pas trop ce qui se passait derrière cette grande façade vitrée, reconnaît-on dans le voisinage, mais c’était drôlement agréable de revoir cet endroit, resté fermé, à nouveau vivant et de voir arriver tous ces jeunes gens entreprenants.”

»Le locataire d’Épicentre appartient, le plus souvent, à la génération Y des enfants du net. Avec son ordinateur sous le bras, il est seul maître à bord, sans hiérarchie, et fonde sur l’autonomie et sa propre créativité les contours de sa vie professionnelle et personnelle. Mais pour enrichir sa navigation, voire affiner son cap, il lui plaît de partager la barre avec d’autres skippers que lui, de s’inspirer du collectif via les réseaux, les communautés, les pratiques collaboratives, les échanges d’idées… “Ils apportent de l’effervescence, du dynamisme, du trafic et du lien.

»“Le coworking est en pleine croissance”, résume Romain Rebuisson, lui-même trentenaire, qui propose une cuisine de bistro à “Lard et la Manière” dans une déco vintage chic. “Nous sommes à deux pas l’un de l’autre et nous avons ouvert à quelques semaines d’intervalle. Une complicité s’est instaurée. C’est tout bénéfice.”

Avec son ordinateur sous le bras, il est seul maître à bord, sans hiérarchie, et fonde sur l’autonomie et sa propre créativité les contours de sa vie professionnelle et personnelle.

»Le terrain paraît propice, d’ores et déjà, à un projet de rue créative – il en existe à l’échelle d’un quartier dans des villes comme Nantes, Marseille ou Saint-Étienne. De l’imaginaire La présence mitoyenne d’un cinéma d’art et essai et, un peu plus loin, d’un café-théâtre décuple l’envie des coworkers d’apporter de l’imaginaire autour d’eux.

»“Changer le monde, c’est modifier notre relation au travail mais aussi amener de la bienveillance, de la confiance, de nouveaux usages et des technologies, d’autres formes de mobilité et de la nature dans la ville, en faisant pousser nos tomates ensemble”, fixe Emmanuelle Perrone, co-présidente d’Épicentre.

»“Beaucoup d’entre nous viennent de la culture et il pourrait flotter sur cette rue-village un air de quartier latin tout près de l’hypercentre, suggère Marie-Pierre Demarty, co-trésorière. On peut imaginer que certaines boutiques vides aujourd’hui pourraient offrir à des coworkers une vitrine à proximité d’Épicentre.”

»Le tiers-lieu d’économie créative et solidaire ne se contente pas “d’enchanter” son quartier. Il essaime jusqu’en Haute-Loire. Pierre-Olivier Bonnet va ouvrir en octobre le premier Épicentre hors Clermont, à Brioude, dans les locaux de PobRun, son cabinet d’ingénierie informatique (visioconférence, écrans tactiles…) : “En créant ce lieu, nous encourageons l’interaction entre un graphiste, un designer, un électricien, un vidéaste, un menuisier… Pour répondre à des appels d’offres de plus en plus compliqués, on a tout intérêt à réunir nos compétences”, insiste le chef d’entreprise. Au service de base – bureau, sanitaires, accès internet, salle de réunion interactive – s’ajoute un laboratoire de fabrication où les idées se transformeront en objets via les imprimantes 3D et la découpe numérique du bois, assistée par ordinateur.»





Une innovation

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