2016/05/25

«France, Suisse et Allemagne: à chacun sa vision de l'industrie du futur»




Didier Bonnet. L'Usine Digitale



«140 représentants français, suisses et allemands de l’usine du futur se sont retrouvés mardi 19 avril à l’EuroAirport Bâle-Mulhouse dans le cadre du campus Industrie du futur, initié par la CCI d’Alsace et le Pôle Rhénatic. Au programme, des échanges autour de 3 expériences illustrant les variétés d’approche d’un même sujet par des entreprises de chaque pays.

»En France, on parle d’Industrie du futur. En Suisse, c’est “Industrie 2025” et en Allemagne “Industrie 4.0”. Au-delà des divergences de dénomination, l’évolution de l’industrie vers le numérique progresse aussi de façon différente entre voisins européens. Tel est le constat effectué par les participants – à parité pour chaque pays – invités par Rhénatic, le pôle chargé du développement du numérique en Alsace, ainsi que la CCI d’Alsace, à l’issue de la conférence qui s’est déroulée dans le seul aéroport trinational du monde, l’EuroAirport.


»Rapidement opérationnel

»Pour la France, c’est Corinne Spilios, directrice de PSA Mulhouse qui a décrit la plateforme collaborative Novatech que le constructeur automobile développe à l’intention de start up, TPE et PME qu’il sélectionne en vue de développer l’innovation en sa faveur, ainsi que de ses partenaires Clemessy et Alstom. “Il s’agit d’une initiative émanant d’un géant de l’industrie, qui recherche des compétences extérieures en vue de déployer des expérimentations rapidement opérationnelles”, commente Jean-Christophe Gay, de Rhénatic.


»Un casque intelligent pour piloter la production

»Du côté helvétique, les modalités de passage vers l’usine de 2025 ont été présentées par Actemium, réseau créé par Vinci spécialement chargé du futur dans l’industrie, qui développe des casques intelligents, intégrant des fonctions de réalité augmentée. “Le modèle présenté est destiné à des brasseries et permet à son porteur de disposer d’informations quant aux flux de production, la maintenance, le planning, la qualité, etc. Il doit mener à la virtualisation d’infrastructures informatiques dans le monde de l’automation”, décrit Jean-Christophe Gay.


Au-delà des divergences de dénomination, l’évolution de l’industrie vers le numérique progresse aussi de façon différente entre voisins européens. Tel est le constat effectué par les participants – à parité pour chaque pays – invités par Rhénatic, le pôle chargé du développement du numérique en Alsac, ainsi que la CCI d’Alsace.

»Le Mittelstand, modèle préféré des Allemands

»Les Allemands s’appuient sans surprise sur leur potentiel de grosses PME voire d’ETI, que l’on appelle le Mittelstand. L’exemple présenté le 19 avril est celui de Rota Yokogawa, PME de 220 salariés à capitaux japonais spécialisée dans les débimètres. “L’entreprise est labellisée “100 vitrines”, modèle choisi en Allemagne pour faire progresser l’industrie 4.0. L’intégration du numérique est destinée à optimiser les flux de façon très minutieuse, intelligente et connectée, développée dans le cadre de partenariats public-privé”.

»L’une des leçons de cette séance est d’observer que les modèles mis en application dans chaque pays sont très différents. La France joue la carte de consortium et de filières, la Suisse privilégie de mode projets sur des objectifs très précis, et l’Allemagne s’appuie sur le Mittelstand et les pratiques collaboratives très ancrées entre l’industrie et la recherche.


»Réduire les coûts

»“Difficile de mesure l’efficacité d’une telle rencontre sur le court terme. Ce qui est sûr, c’est que j’ai très rarement connu un buffet post colloque durer aussi longtemps que la conférence”, observe un dirigeant présent ce soir là. Qui confirme être reparti avec des contacts précis, émanant des trois pays. “S’il est possible de réduire nos coûts de développement en mutualisant certaines recherches sans faire entrer le loup de l’espionnage dans la bergerie, je suis très preneur. Au pire, nous avons appris mutuellement des pratiques de chacun”, confirme-t-il.»





Un innovateur

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