2016/03/30

Guershon Nduwa: «La philosophie judéo-africaine de l’être»




The Times of Israel FR. Ops & Blogs.



«Les contradictions à l’origine des tensions liées a l’être humain ne sont pas toujours apparentes. Bien souvent, les groupes d’intérêt les masquent en leur donnant une pseudo explication mystificatrice.

»Un des rôles de l’idéologie est non seulement de fournir une interprétation du monde mais également d’indiquer un idéal social. C’est pourquoi elle est souvent le lieu théorique où s’investissent les falsifications intéressées de l’histoire et de la réalité sociale et politique.

»Le terme mythe a plusieurs sens et de ce fait est ambigu. Du grec muthos: parole, récit, le mythe signifie à la fois une représentation collective de haute teneur psychologique et affective (mythe du progrès, mythe de l’âge d’or) et un récit dont le fondement rationnel est absent et qui pour fournir une explication recourt aux ressources d’un imaginaire fabuleux.

»Dans le mythe, il y a un défaut d’explication rationnelle compensé et masqué par les séductions d’un artifice poétique, religieux ou fantastique et fantasmatique. Le mot idéologie est également polysémique. Il signifie un système d’idées destiné à voiler ou à justifier la domination d’une classe sociale (K. Marx); une projection dans un imaginaire consolant d’une situation intenable et contradictoire (L. Feuerbach); ou une rhétorique incapable d’expliquer ses concepts et qui est l’expression détournée des intérêts d’une classe sociale ( L. Althusser).

»Dans ses investissements historiques successifs l’idéologie de Cham a revêtu tour à tour et parfois concomitamment les aspects d’un mythe, d’une illusion rassurante, d’un masque des intérêts et d’une volonté de domination.

»Mythe et idéologie ont ici en commun la manipulation intéressée de l’illusion (entendue dans le sens freudien comme croyance dans laquelle la force du désir fait méconnaître la réalité) et des fantasmes. Au regard du potentiel mortifère du mythe des origines et de l’idéologie Chamitique, il nous paraît important de revisiter leur genèse dans l’espoir de susciter un débat et des engagements salutaires.


»Mythe des origines: théories de l’espace, déterminisme géographique et naturalisme

»Dans l’entendement ordinaire, l’espace pourrait être considéré comme quelque chose de vide, un réceptacle neutre sans impact sur les personnes et les choses. En réalité les penseurs qui ont abordé l’analyse de cette notion ont divergé.

»Le même désaccord peut être constaté à propos de l’influence du lieu géographique de naissance, certains considérant qu’il constitue un facteur identifiant, d’autres n’y voyant qu’un élément plutôt secondaire. Au demeurant, l’homme est-il l’oeuvre de la nature?


»L’espace: le vide ou l’ordre des coexistences possibles?

»Aristote définit l’espace comme un lieu doté d’une certaine puissance organisatrice. Chaque chose est amenée à rejoindre sa place naturelle: les choses terreuses en bas, le feu en haut, l’eau et l’air dans l’intervalle. Il y a violence chaque fois qu’un objet est éloigné de sa place naturelle Pour le physicien Isaac Newton, l’espace est un cadre indépendant des objets qui l’occupent tandis qu’Albert Einstein y voit une simple possibilité de position. Leibniz pour sa part définit l’espace comme l’ordre des coexistences possibles tandis R. Descartes se démarque en définissant l’espace comme la substance matérielle des choses: l’espace ce n’est pas le lieu de la chose, c’est la chose même dans sa consistance matérielle. “...La même étendue qui constitue la nature du corps constitue aussi la nature de l’espace.”

»Si nous retenons la définition de l’espace comme l’ordre des coexistences possibles, “non seulement entre les existants, mais encore entre les possibles comme s’ils existaient” il se pose dès lors une série de questions sur ces coexistences.

»S’agissant de la coexistence des hommes avec la nature environnante, trois thèses peuvent être envisagées: le primat du monde physique, le primat de la culture, ou alors une synthèse dynamique entre le naturel et le culturel.


»Du déterminisme géographique au “régionalisme”

»Jean Bodin, dans son ouvrage La république, au livre V chapitre premier, a théorisé en le politisant l’impact des zones climatiques. Le Nord, le Midi et la zone tempérée produiraient des types d’hommes différents. L’homme du nord serait brutal, versatile, sans parole donnée, chaste et pudique. Il serait gouverné par la force. L’homme du midi serait plutôt rusé et vindicatif lubrique, porté vers les sciences et la contemplation. Il serait gouverné par la religion. L’homme du climat tempéré, porté aux sciences politiques, les lois, la grâce de bien discourir, serait gouverné par la raison et la justice. On voit là un déterminisme géographique qui imposerait des caractères spécifiques et définitifs.

»Jean Bodin, pour qui les vents rendent les hommes inquiets alors que les montagnes les rendent indépendants et farouches pour leur liberté, a dû reconnaître la possibilité pour la discipline, donc l’éducation, de changer le naturel. “Voilà , écrit-il, quant aux naturelles inclinations des peuples, lesquelles toutefois n’importent point de nécessité... mais qui sont de bien grande conséquence pour l’établissement des républiques, des lois, des coutumes...”

»On sait par ailleurs que Montesquieu a repris, au livre 14 de L’Esprit des lois (1748) la théorie des climats. Le froid, pensait-il, resserre les extrémités des fibres de notre corps et augmente leur force, le chaud les allongerait et diminuerait leur force. Et avec la force causée par le froid, la confiance en soi, la hardiesse dans l’entreprise, moins de désir de vengeance, peu de sensibilité à la douleur, aux plaisirs, à l’amour. Montesquieu fait l’apologie des peuples du nord qui briseraient les fers forgés au midi.

»“C’est là que se forment ces nations vaillantes qui sortent de leur pays pour détruire les tyrans et les esclaves, et apprendre aux hommes que, la nature les ayant fait égaux la raison n’a pu les rendre dépendants que pour leur bonheur.” Mais déjà, s’insinue dans la pensée de Montesquieu une contradiction: qu’est-ce qui détermine l’esprit des nations: le climat ou de la raison?

»Accusé de spinozisme (affirmation de la nécessité s‘imposant aux hommes) Montesquieu fut obligé de rédiger en 1750 une Défense de l’Esprit des lois et d’affirmer le rôle des causes morales. Plus les causes physiques portent les hommes au repos, plus les causes morales les en doivent éloigner écrit-il, insistant sur la responsabilité des législateurs. Au total, le climat chez Montesquieu restera un facteur parmi d’autres, à côté de la religion, des moeurs et des lois, des maximes du gouvernement, et des exemples des choses passées.

»On le devine aisément: le déterminisme géographique, basé sur l’idée que la zone géographique et son climat influencent de façon décisive les qualités des gens tant au plan intellectuel que moral peut être à l’origine de divisions sur la base de la provenance provinciale ou régionale. Sans être explicitement revendiquée, une telle pseudo-théorie sous-tend la démarche de certains politiciens à court d’arguments politiques, qui indexent telle ou telle région comme “produisant” des hommes naturellement ...méchants.


»Nature humaine et racisme

»On peut définir la nature comme ce que l’homme trouve, ce qui n’est pas l’oeuvre de l’art ou de la culture en général, ce qui n’est pas fabriqué. Sur le plan biologique, est naturel ce qui est inné et se transmet par hérédité. S’agissant de la nature humaine, la question est de savoir si nous naissons hommes ou si nous naissons potentiellement hommes. Y a-t-il un concept universel de l’homme qui soit nécessaire et qui se réalise inévitablement dès que celui-ci naît? L’affectivité, l’intelligence, la créativité sont-elles inscrites dans ses gènes?

»Abordant la question, Lucien Malson, dans Les enfants sauvages écrit: “Le problème de la nature humaine, c’est en somme celui de l’hérédité psychologique...rien n’est plus contestable que la transmission par le germe de “propriétés” définies, décelables dans l’ordre de la connaissance et de l’affectivité —donc de l’action.”

»L’étude des enfants sauvages privés d’éducation, a montré que sans société ni socialisation dans les délais convenables, le potentiel intellectuel, affectif et moral s’atrophie et l’on ne peut plus espérer avoir un humain accompli, mais un être qui se comporte comme les bêtes auprès desquelles il a grandi. De plus, deux jumeaux monozygotes élevés dans des milieux différents auront des comportements et des capacités intellectuelles différents.

»Néanmoin, François Jacob dans Le Monde du 11/12 février 1972 recommandait d’éviter deux extrêmes: celui de la fatalité génétique où tout, dans l’intelligence, les sentiments et les comportements serait déterminé par l’hérédité; et celui de la cire vierge où tout serait acquis. “Le programme génétique met en place ce qu’on pourrait appeler des structures d’accueil qui permettent à l’enfant de réagir à son milieu, de repérer des régularités, de les mémoriser puis de combiner les éléments en assemblages nouveaux.” De la sorte, il y a interaction entre le génétique et le socioculturel dans une perfectibilité relative.

Il y a interaction entre le génétique et le socioculturel dans une perfectibilité relative. En fin de compte, on ne parle plus de nature humaine, mais de potentialités humaines pouvant être plus ou moins développées.

»En fin de compte, on ne parle plus de nature humaine, mais de potentialités humaines pouvant être plus ou moins développées. Les travaux des anthropologues et les recherches sur l’intelligence humaine et animale ont dégagé ces potentialités: la liberté dans le temps et l’espace car l’action humaine n’est pas seulement liée au présent ou à la présence des objets; la capacité de combiner les objets pour attendre un but et l’invention des signes pour faciliter et représenter cette combinatoire, l’invention et la pensée de la pure chose liée à chaque objet, c’est-à-dire l’abstraction formelle; l’exigence des règles dont la prohibition de l’inceste; la pratique du don et de l’échange; l’exigence de réciprocité.

»De là, on comprend que les hommes n’étant pas le seul résultat de leurs gènes, mais aussi de l’éducation, on ne peut les figer une fois pour toutes dans un déterminisme biologique et que les ghettos organisés autour de la pureté raciale n’ont pas de fondement réellement humain. Or le raciste explique les différences sociales et culturelles comme l’effet de l’hérédité. La division d’une société en classes est fondée, pense-t-il, sur les propriétés héréditaires. “Ceux qui sont aujourd’hui des prolétaires doivent leur situation inférieure aux tares héréditaires de leur corps et de leur esprit.” La femme est minoritaire parce que génétiquement inférieure, le nègre est esclave parce que génétiquement, naturellement déficient...

»S’il n’y a pas de rapport de nécessité entre un programme génétique invariable et des qualités intellectuelles, affectives et morales d’un individu ou d’une race; s’il ne peut encore moins y avoir un lien absolu entre un trait culturel (religion, langue, coutume) et un peuple, une ethnie ou une race, à cause du caractère contingent et évolutif de la culture; s’il n’ y a pas non plus de relation de cause à effet entre la zone géographique et climatique et l’esprit des gens qui y habitent, le déterminisme naturel fixiste sur lequel s’appuient les théories régionalistes et racistes ne devrait qu’être rangé au musée des erreurs passées.

»Malheureusement, ces erreurs, devenues des mensonges profitables, des idéologies politiques, n’ont pas cessé de hanter les hommes, même les savants et soi-disant éclairés. Tel est le cas de l’idéologie chamitique.


»L’idéologie Chamitique: une arme de combat et de domination

»Le terme Cham enveloppe une des plus funestes manipulations de la réalité historique et culturelle.

»Partant de la malédiction consécutive à la faute présumée de Cham, l’idéologie Chamitique servira aux Hébreux pour frapper d’infamie les Egyptiens et les Noirs, ensuite elle servira pour justifier l’esclavage et la colonisation, puis par une transmutation due à Gobineau, elle servira à dénier aux peuples Noirs toute contribution à la civilisation universelle, toute innovation culturelle africaine étant attribuée à l’apport fécondant de Hamites d’origine blanche.

»Après avoir servi à nier l’apport des Noirs dans la civilisation égyptienne, elle va être utilisée pour présenter les élites des pays des Grands Lacs comme étrangères, apparentées aux colonisateurs et naturellement appelées à participer avec eux au parachèvement de l’oeuvre civilisatrice. Avec l’idéologie Chamitique, le venin du racisme va pénétrer dans les esprits, semant des divisions et des haines qui ont culminé dans des génocides. Elle déforme encore la conscience de certaines élites à tel point que Drake aurait encore raison de titrer, comme en 1959, son article: “Détruire le mythe chamitique, devoir des hommes cultivés.”


»De la malédiction de Cham à la malédiction des Noirs

»Le mot chamitique vient du nom Cham, l’un des trois fils de Noé. Dans la Bible, Ancien Testament, le livre de la Genèse dit au chapitre 9 versets 18-27 que Cham ayant vu son père ivre et nu, il en avait averti ses frères, Sem et Japhet. Le père une fois sorti de son ivresse apprit “ ce que lui avait fait” son jeune fils, et maudit Canaan, fils de Cham en le condamnant à être l’esclave de ses frères.

»Au chapitre 10, la Genèse présente comme fils de Cham, Kouch, Misraïm, Put et Canaan. Et comme fils de Kuch, Séba, Havila, Sabta, Ragma, et Sabteka. Comme fils de Ragma, Saba et Dédan. A ce niveau, tous les peuples de la terre sont présentés comme issus d’un même père. Mais certaines traditions juives vont exploiter l’histoire de la malédiction de Cham pour la transformer en celle des Noirs.

»Une confusion, peut-être intéressée et délibérée, a été faite entre Cham et trois racines de l’égyptien ancien: Cham qui signifie être chaud, brûler qui veut dire esclave, disciple et Cham qui signifie être noir, brunir. Cham est à la fois une chose noire, la terre noire fertile par opposition au désert, terre rougeâtre et stérile, l’appellation de l’Egypte, du roi et des habitants de l’Egypte. Kami désigne le dieu Osiris etc. L’auteur de la Genèse “aurait identifié les contenus sémantiques des trois points ou de deux seulement comme le fera plus tard Philon d’Alexandrie qui, commentant ce passage (Gen. 9, 18-27), identifiera km et la chaleur (hm) d’autant plus facilement que Cham en hébreux a le même sens que dans l’égyptien ancien.”

»Dans une étude sur l’hypothèse Chamitique, son origine et sa fonction diachronique, Edith R. Sanders montre que la malédiction passa des noms de Cham, de Canaan, d’Egypte etc à la couleur noire de la peau et même à la physiologie et à la conduite morale des Noirs “comme le montrent clairement les traditions rabbiniques du Talmud babylonien dans lequel les descendants de Canaan deviennent des Noirs et des dégénérés.”

»En fait la Genèse escamote le vrai motif de la malédiction et les traditions sur l’ivresse de Noé varient: l’une dit que Noé a été castré par Canaan, l’autre qu’il a été émasculé par Cham, tandis qu’une troisième raconte qu’il l’a été par un lion. Dans la mythologie (grecque et hittite par exemple), le mythe de la castration du père est fréquent: Chez les Grecs, Ouranos est émasculé par Kronos, qui a son tour est émasculé par Zeus.

»Comment peut-on récupéré ce thème mythique pour l’exploiter contre les peuples du sud et les Noirs?

»Cette idéologie de la malédiction des Noirs restera désormais latente au long de l’histoire.

»Au XIVe siècle Ibn Khaldun essaye même de la combattre et d’expliquer que la couleur noire n’est pas la suite de la malédiction de Noé mais plutôt l’effet de l’air sous une très grande chaleur. Il constate dans son Muqaddimah ou Introduction à l’histoire universelle qu’il est dit dans la Torah que Noah a maudit son fils Ham mais qu’aucune référence n’y est faite à la couleur noire.

»Aux 18e et 19e siècles, l’idéologie de l’infériorité des Noirs se donne de plus en plus les apparences de la science, étant relayée par des penseurs éminents.

»Le siècle dit des Lumières n’apportera pas de rayons d’objectivité sur la réalité humaine des Noirs.

»D. Hume trouvait que les nègres n’ont aucun signe d’intelligence, Voltaire trouvait qu’ils sont irrémédiablement les derniers sur le plan intellectuel, le naturaliste Cuvier n’y voyait que des barbares proches des singes, tandis que le philosophe Hegel trouvait que l’Afrique était encore “enveloppée dans la couleur noire de la nuit”. Les hommes d’Eglise et autres exégèses insistent sur la peine héréditaire “qui pèse sur une portion de la race africaine” (Lamennais dans L’avenir , 1830).

»A.L. Montandon écrit en 1848 dans son Etude des récits de l’Ancien testament... “Il suffit de vous désigner les nègres pour vous rappeler à quel point la sentence de Noé s’est accomplie sur la postérité de Cham” Mais, pendant que le mythe de la malédiction des Noirs justifie l’esclavage et la colonisation, l’idéologie hamitique prend un tour inattendu avec le comte Arthur de Gobineau.


»Cham selon Gobineau ou la négation de la créativité des Noirs

»Gobineau intervient pour contrer la thèse, défendue par exemple par Volney sur le caractère noir et africain de la civilisation égyptienne ancienne.

»Il s’ingénie à récupérer le concept péjoratif de Chamite pour lui donner une nouvelle signification. Avec son Essai sur l’inégalité des races humaines (1853) le comte Arthur de Gobineau va donner au racisme et à l’idéologie Chamitique une autre tournure non moins dangereuse. Gobineau distingue notamment les races Caucasienne, Sémitique, Japhétide, Jaune et Noire /Cham. Chaque race a selon lui sa spécificité intellectuelle et morale.

»“Les deux variétés inférieures de notre espèce, la race noire, la race jaune, sont le fond grossier, le coton et la laine, que les familles secondaires de la race blanche assouplissent en y mêlant leur soie, tandis que le groupe arian, faisant circuler ses filets plus minces à travers les générations ennoblies, applique à leur surface, en éblouissant chef-d’oeuvre, ses arabesques d’argent et d’or.” Le Noir incarne la laideur, la superstition, la brutalité, l’anthropophagie, la médiocrité, la souillure.

»La civilisation égyptienne serait le résultat du mélange de touristes blancs, éléments civilisateurs, avec des Noirs autochtones. Les Chamites de Gobineau sont primitivement des Blancs mais leur destin a été de se mêler à la race mélanienne, de se métisser et de disparaître. Selon lui, les Chamites qui ont fondé les civilisations nord africaine et mésopotamienne telles que celles de Carthage, de Ninive, de Babylone étaient des Noirs ayant assimilé du sang blanc ou “arian”. Après Gobineau, les Noirs se divisent en vrais et faux nègres, et toute trace de civilisation est imputée à la présence du sang des chamites.

»Les linguistes, les anthropologues, les ethnologues et les égyptologues vont s’engouffrer dans la brèche ouverte par Gobineau et chercher des Chamites derrière toute civilisation africaine. Chez certains linguistes, les langues sont classées en relation avec la hiérarchie culturelle et raciale de leurs locuteurs. Ainsi par exemple, Carl Meinhof écrit en 1936 que “les créateurs de langues à classes ne sont pas des natifs de l’Afrique et (...) n’étaient pas des nègres.” Et l’anthropologue J. Deniker dans Les races et les peuples de la terre (Paris, 1900) affirme que “ l’élément dit Chamitique, d’origine asiatique ou européenne (...) se superposa sur les nègres, les négrilles et les boshimans”.

»De plus, dans son article intitulé “Détruire le mythe chamitique, devoir des hommes cultivés”, Drake cite l’ouvrage de Friedrich Ratzel intitulé Histoire de l’humanité et publié à Londres en 1895 dans lequel Ratzel explique que le terme chamitique doit être appliqué aux tribus dont le type de physionomie approche les plus nobles formes de visages blancs bien que leur couleur soit aussi noire que celle du Noir typique.»





Un innovateur

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