2016/02/05

«Houda Ennebati, responsable db X-trackers Deutsche Asset Management en France: “Nous continuerons à mettre l'accent sur l'innovation produit”»




Elodie Witting pour NEWS Managers FR. L'Agefi



«En 2016, db X-trackers, la plateforme de Deutsche AM dédiée aux ETF [Exchange Traded Fund], veut capitaliser sur ses succès de 2015 et continuer à croître fortement en Europe et en France. Houda Ennebati, responsable de la structure en France, souhaite mettre l'accent sur le segment Smart Beta et l'innovation au sens large, indispensable pour gagner des parts de marché. Avec en ligne de mire les assureurs et la clientèle retail, encore peu présente sur les ETF.


»Newsmanagers: Quel est le bilan de votre activité en 2015?

»Houda Ennebati: En Europe, la plateforme db X-trackers de Deutsche AM a collecté plus 10 milliards d'euros en 2015, contre 4 milliards de collecte nette en 2014. Nous ne publions pas de chiffres par pays, mais le marché français a enregistré une hausse très importante avec une collecte nette qui a quasiment doublé par rapport à 2014. Nous avons bénéficié d'un renforcement de notre équipe parisienne, avec l'arrivée d'Alfred Le Léon qui a intégré Deutsche AM en qualité de “Passive Sales Specialist” afin de renforcer la couverture du marché français, notamment sur le segment Retail et Banque Privée.


»NM: Comment les encours par type de clientèle sont-ils répartis aujourd'hui?

»H.E.: Sur l'ensemble de nos encours, 80 % sont gérés pour le compte d'investisseurs institutionnels, 20 % pour le compte de banques privées et la clientèle retail. Sur l'ensemble de nos segments, nous avons gagné 1 % de part de marché en Europe l'an dernier. L'intérêt pour les ETF est de plus en plus fort, autant chez les institutionnels que chez les particuliers. Nous tablons sur une croissance de 15 à 20 % pour le marche des ETF en Europe sur 2016 et la France devrait se situer dans cette fourchette.


»NM: Comment expliquez-vous la forte progression de vos encours en France?

»H.E.: Nous avons bien sûr bénéficié de l'effet marché. Mais nous avons également profité du fort intérêt des investisseurs pour les ETF à réplication physique. Pour rappel, nous avons modifie la structure d'un certain nombre de nos ETF d'une réplication synthétique vers une réplication physique. Entre fin 2014 et fin 2015, le poids des ETF db X-trackers à réplication physique est passé de 34,4 % à 51,9 %. Une gamme d'ETF “core” à réplication physique sur les principaux indices à également été créée. Ceux-ci bénéficient de coûts faibles et constituent une réponse aux besoins de nombreux investisseurs, qui restent très sensibles aux coûts, notamment lors de la sélection des véhicules d'investissement.


»NM: Ce mouvement de transformation des ETF en réplication physique va-til se poursuivre en 2016?

»H.E.: Oui, nous allons continuer a développer davantage notre offre d'ETF physiques. Pour le moment, le mouvement de transformation en réplication physique concernait principalement les sous-jacents actions, nous allons donc à l'avenir nous concentrer sur le segment obligataire.


»NM: Quels sont vos principaux axes de développement pour 2016?

»H.E.: Notre principal axe de développement reste l'innovation produit. Notre objectif est de répondre aux besoins naissants des clients en adaptant constamment notre offre. Par exemple, anticipant l'entrée possible de l'Arabie Saoudite dans le MSCI Emerging Markets d'ici quelques années, nous avons créé un ETF sur les pays du Golfe. La Chine reste un pays qui concentre beaucoup d'intérêts. Nous avions été les premiers a proposer un ETF physique sur les actions chinoises de type A. Nous avons lancé en 2015 le premier ETF exposé aux obligations souveraines chinoises. Le Smart Beta reste le segment sur lequel l'innovation constitue le principal élément différenciant. Nous allons continuer à renforcer notre gamme d'ETF Smart Beta. Nous avons plusieurs ETF factoriels sur l'indice MSCI World mais souhaitons élargir la gamme à d'autres zones géographiques. Nous développons également une offre d'ETF obligataires intégrant des critères de sélection qualitatifs.


Notre principal axe de développement reste l'innovation produit. Notre objectif est de répondre aux besoins naissants des clients en adaptant constamment notre offre. Par exemple, anticipant l'entrée possible de l'Arabie Saoudite dans le MSCI Emerging Markets d'ici quelques années, nous avons créé un ETF sur les pays du Golfe.

»NM: Qu'en est-il des ETF sur les classes d'actifs alternatives?

»H.E.: Nous avons constaté en 2015 un fort intérêt pour notre ETF sur le private equity et nous espérons appuyer davantage ce type de stratégie alternative sur 2016, en particulier dans l'environnement actuel où les sociétés de private equity connaissent une croissance importante (taux d'intérêts faibles et activités importantes sur les fusions/acquisitions)


»N.M.: Quels autres produits allez-vous mettre en avant en priorité?

»H.E.:Actuellement, 75 % de nos encours se concentrent sur des sousjacents actions. Nous souhaitons diversifier davantage nos encours, d'autant plus que notre gamme d'ETF obligataires est très étoffée. Nous continuerons a mettre l'accent sur l'innovation produit car nous considérons qu'il ne suffit pas d'être un simple acteur historique pour pérenniser une position mais que le vrai moteur de croissance de notre activité (et donc de nos encours) reste l'innovation.


»NM: D'un point de vue de la clientèle, où voyez-vous un fort potentiel de croissance?

»H.E.: Les assureurs se montrent de plus en plus intéressés par les ETF, cette tendance devrait se poursuivre en 2016. Divers sondages auprès de ce type d'investisseurs le confirment. Les assureurs ont 80 % de leurs encours en obligataire et dans un contexte de taux et donc de rendement bas, les ETF (moins chers que les fonds traditionnels) sont un moyen intéressant de gagner en performance. Et l'intérêt se porte davantage sur les ETF en réplication physique, plus adaptés aux exigences de la réglementation Solvency II. Dans la banque privée, la fin des rétrocessions suscite beaucoup d'intérêt de la part des conseillers en patrimoine qui se tournent vers des solutions d'investissement moins coûteuses. Plus généralement nous constatons que la réglementation favorise le développement du marché des ETF.


»NM: La clientèle retail est encore peu active sur les ETF en France, comment voyez-vous l'évolution de la demande en ETF sur ce segment?

»H.E.: Il existe une forte marge de progression sur le marché retail des ETF en Europe et en France. Nous allons bénéficier du développement croissant des plateformes de gestion d'épargne en ligne, qui utilisent les ETF dans les portefeuilles types proposés en fonction du profil de risque des investisseurs. Les épargnants retail investissent également de plus en plus dans les ETF pour des paris tactiques, principalement pour des raisons de coûts. Nous mettons particulièrement en avant notre gamme “core” pour ces investisseurs.


»NM: Vous avez lancé en 2015 un service de gestion de portefeuille, est-ce un axe fort de développement pour vous?

»H.E.: Oui, nous ne voulons pas être un simple promoteur d'ETF et nous allons mettre en avant notre service de gestion de portefeuille via des ETF. Ce service permet aux investisseurs d'obtenir une allocation de portefeuille optimale pour une zone géographique donnée en intégrant les contraintes de risque. Pour la clientèle retail, cette offre fonctionne comme une boîte à outils qui les assiste dans leur allocation. Il s agit d une véritable valeur ajoutée pour l'investisseur! Pour les investisseurs institutionnels, nous mettons en avant une aide à l'allocation stratégique. L'idée, est de les accompagner dans leur démarche d'investissement. Notre strategie de développement passe par cette notion de service et de modèle intégrés.


»NM: Quels autres services font partie de cette offre intégrée?

»H.E.: Nous avons également créé un service permettant de répondre aux besoins de liquidité des investisseurs. Ce service est géré par une équipe de capital markets qui épaule les investisseurs sur les questions liées à la liquidité et l'exécution. Nous avons également l'appui d'une équipe de recherche quantitative qui publie des études thématiques sur les investissements liés directement ou indirectement aux ETF (par exemple sur l'investissement small cap vs. large cap). Ce service permet aux investisseurs de disposer d'un support pédagogique intéressant pour appréhender les différents produits et marchés qu'ils couvrent.»





L’exécution de l’innovation

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