2015/12/16

«Innovation, intelligence économique et industrie pharmaceutique - Fabienne Berthet»






«L’innovation en santé reste un enjeu public majeur. Celle-ci est principalement développée en industrie pharmaceutique. La R&D pharmaceutique est une activité à risque puisqu’elle nécessite de lourds investissements en capitaux et en temps.

»L’investissement moyen nécessaire pour mettre sur le marché un nouveau produit est évalué aujourd’hui autour de 1,4 milliard de dollars. Développer un médicament peut prendre une dizaine d’années et le retour sur investissement de ce développement prend jusqu’à 15 ans.On est donc sur des modèles long terme.

»Les activités de veille scientifique et médicale ont historiquement été très présentes en industrie pharmaceutique, que ce soit en support des activités réglementées ou de l’innovation interne.

»Le déclin de la productivité de la R&D en industrie pharmaceutique depuis les années 2000 a généré beaucoup de réflexion sur les modèles d’innovation permettant un meilleur retour sur investissement. Cela a notamment conduit à une plus forte externalisation de l’innovation, par l’acquisition de molécules prometteuses découvertes dans des start-up, des sociétés biotechnologies ou des organismes de recherche. L’acquisition de la propriété intellectuelle de molécules découvertes à l’extérieur d’un grand laboratoire pharmaceutique va lui générer plus de la moitié de ses revenus futurs.

»On comprend alors que les activités d’intelligence économique ont une contribution majeure également pour les activités d’innovation externe, de business development et de gestion des partenariats.

»En même temps, avec l’avènement d’Internet et une volonté de transparence toujours plus forte des instances de santé, les pratiques de la veille et de l’intelligence économique ont été bouleversées. L’accès à l’information spécialisée, même si il reste inégal, s’est considérablement démocratisé. La transition numérique des éditeurs scientifiques entamée il y a déjà plus de 15 ans a accéléré ce phénomène. Les professionnels de l’information ont vu leur nombre diminuer de manière drastique ces dix dernières années au sein des entreprises pharmaceutiques au profit de nouveaux profils d’analystes et de gestionnaires transverses pour organiser ces flux d’information internes et externes.

»La démarche collaborative s’impose dès lors comme une évidence . Si elle est plus spontanée dans les milieux de la R&D, elle nécessite un fort accompagnement des travailleurs du savoir ou « knowledge workers » pour être efficace et aboutir à une démarche d’intelligence collective.

»Ces diverses transformations qui s’entrechoquent ont eu pour effet une dilution du rôle des spécialistes de l’information. Ceux qui ont su s’adapter ne peuvent-ils pas néanmoins être de formidables ambassadeurs des nouvelles pratiques managériales collaboratives et de la transformation digitale? Ne devrait-on pas les regarder comme de véritables artisans du changement et de l’innovation?» (ActuEntreprise)





Un innovateur

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire