2015/09/29

De Rupture technologique jusqu’à Savoir-faire (Know-How) | Glossaire de l’innovation




Rupture technologique [InnoviSCOP] Conception, développement et introduction d’une innovation technologique radicale, c’est-à-dire d’une technologie profondément différente des technologies dominantes précédentes (Tushman & Anderson, 1986). La rupture technologique peut bouleverser les usages et les marchés: de nouveaux marchés se créent autour d’un produit inédit, en marge de marchés existants; de nouveaux usages émergent; des acteurs économiques disparaissent pendant que d’autres voient le jour ou se développent (aux premiers rangs desquels ceux qui sont à l’origine de la technologie de rupture ou qui ont su en tirer parti). On distingue parfois les ruptures technologiques des révolutions technologiques. Le propre d’une rupture technologique est de bouleverser un marché préétabli et de prendre le pas sur une technologie existante (souvent en plusieurs temps, d’abord en créant un marché de niche puis en conquérant le marché dominant). La révolution technologique n’a pas d’effet sur les marchés en place et les technologies existantes, du moins dans un premier temps. De fait, la révolution technologique crée un espace de marché totalement inattendu, en apportant une solution fondamentalement nouvelle à un problème ou à un besoin. Le développement du marché correspondant peut s’étaler sur une longue période. Ainsi, l’introduction du papier (en remplacement du parchemin), de la photographie numérique (en remplacement de la photographie argentique), de la téléphonie (en remplacement de la télégraphie) ou des écrans plans (en remplacement des écrans à tube cathodique) constituent des ruptures technologiques: elles ont rapidement marginalisé les technologies qui les précédaient. L’invention de l’automobile, au contraire, constitue une révolution technologique: son effet sur les marchés du transport ne s’est fait sentir qu’après plusieurs décennies, les premières automobiles étant des produits de luxe, à faible diffusion. De même, l’invention de l’écriture et celle de l’agriculture sont des révolutions technologiques. Référence: M. L. Tushman and P. Anderson, "Technological discontinuties and organizational environments", Administrative Science Quarterly, 31 (1986), 439-65. Voir aussi R&D. Startup (ou start-up).

Ruptures technologiques [GEM] Phénomène par lequel des technologies émergentes et globalement moins performantes que l’existant entrent sur des marchés de démarrage, puis s’étendent sur des marchés de masse créant de nouvelles sources de création de valeur, rendant les compétences et les connaissances établies obsolètes et bouleversant le jeu concurrentiel des acteurs en place.

Savoir-faire (Know-How) [DIRE-CNRS] Le savoir-faire est un capital de connaissances pouvant être nécessaire pour produire un article commercialement viable. Il ne fait pas l’objet d’un titre de propriété intellectuelle. Il peut faire l’objet de contrats de cession ou de concession, qu’il vienne ou non en complément d’une invention brevetée. Le contrat comprend toujours une clause de confidentialité. Il est souvent la compétence indispensable pour exploiter correctement l’invention brevetée. Le savoir-faire peut être définit comme l’ensemble d’informations non immédiatement accessibles au public qui présente une cohérence et un caractère pratique ou opératoire (Ministère délégué à la recherche et aux nouvelles technologies “ Protection et valorisation des résultats de la recherche publique” septembre 2003). On définit différents types de savoir-faire: (1) de conception; (2) de fabrication ou de production industrielle; (3) d’utilisation, d’application de mise en oeuvre. La réglementation européenne (règlement CE n°772/2004 article premier) définit pour sa part le savoir-faire comme “un ensemble d’informations pratiques, résultant de l’expérience et testées, qui est: 1) secret, c’est-à-dire qu’il n’est pas généralement connu ou facilement accessible; 2) substantiel, c’est-à-dire important et utile pour la production des produits contractuels, et 3) identifié, c’est-à-dire décrit d’une façon suffisamment complète pour permettre de vérifier qu’il remplit les conditions de secret et de substantialité.”

Savoir-faire [GEM] Ensemble d’informations pratiques résultant de l’expérience et testées, qui est secret, substantiel et identifié.



References




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