2015/07/07

«La Société Nationale des Chemins de fer Français muscle sa culture de la sécurité»




Lionel Steinmann: Les Echos



«La sécurité est plus que jamais la “priorité absolue” de la SNCF (Société Nationale des Chemins de fer Français). Le groupe public a martelé ce message lors d'une rencontre avec la presse lundi, alors que se profile le deuxième anniversaire du déraillement de Brétigny-sur-Orge, qui avait fait sept morts, et des dizaines de blessés le 12 juillet 2013, et suscité de nombreuses interrogations sur la qualité de la maintenance des voies (voir ci-contre).

»Claude Solard, directeur général délégué de SNCF Réseau (ex-RFF), a fait à cette occasion le point sur Vigirail, le programme lancé en octobre 2013, pour tirer les leçons de la catastrophe. Les initiatives testées à l'époque sont maintenant en phase de généralisation, a-t-il indiqué, grâce à un budget dédié de 410 millions d'euros.

»Le nombre d'aiguillages renouvelés (c'est la défaillance de l'un d'entre eux qui a provoqué le déraillement) augmente par exemple d'année en année (372 l'an dernier, 400 cette année et 500 en 2017), grâce à l'utilisation de nouvelles techniques.

»Autre innovation: 3 trains équipés de vidéos à haute fréquence et de capteurs sillonnent cycliquement le réseau pour détecter les anomalies sur la voie, sur le terrain. Ces derniers sont également équipés d'outils digitaux de type smartphone ou phablettes, ce qui doit faciliter la traçabilité des opérations de maintenance.

Autre innovation: 3 trains équipés de vidéos à haute fréquence et de capteurs sillonnent cycliquement le réseau pour détecter les anomalies sur la voie, sur le terrain. Ces derniers sont également équipés d'outils digitaux de type smartphone ou phablettes, ce qui doit faciliter la traçabilité des opérations de maintenance.

»Par ailleurs, un nouveau programme d'action, baptisée “Prisme”, vient d'être lancé pour “renouveler la culture de sécurité”. Avec entre autres mesures, un point fait sur la sécurité avant chaque réunion ou chaque tournée sur le terrain.

»Ces efforts ne sont pas superflus, comme en témoigne un rapport - encore provisoire - de l'Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF), l'organisme indépendant chargé de veiller à sécurité du rail. Le rapport, révélé fin mai par la lettre d'information spécialisée « Mobilettre”, pointe des “fragilités” et des “dysfonctionnements” sur le terrain.

»Turnover important

»Lacunes dans le retour d'expérience, turnover trop important chez les encadrants de proximité dans certains endroits, faiblesse dans les connaissances techniques de certains personnels... le constat est aussi précis que sévère, même si ce type d'audit n'est fait par essence que pour souligner ce qui ne va pas.

»La SNCF ne conteste pas certains difficultés et indique que ses propres audits ont mis en évidence en 2014 une dégradation des pratiques de maintenance au quotidien. Un résultat paradoxal alors même que l'entreprise publique était censée se mobiliser sur la sécurité, quelques mois après Brétigny. “Nos auditeurs se sont montrés encore plus rigoureux après l'accident”, avance un responsable pour expliquer le phénomène. Les programmes Vigilance, Prisme, et la croissance continue depuis quelques années des budgets consacrés à la régénération des voies font partie des éléments de réponse fournies par le groupe SNCF à l'EPSF.»





Administration Publique et innovation

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire