2015/06/02

«Le ministre de l'Enseignement supérieur de Tchad s'explique sur la réforme du baccalauréat»




Alwihda Info, rédigé par Radio Tchad.



«Lors de la dernière réunion mensuelle sur le système éducatif présidée par le Premier Ministre le 22 avril 2015, un projet de réforme du Bac à instaurer dès cette année a été notamment débattu. Et en Conseil ordinaire des ministres réuni en date du 14 mai 2015, dirigé par le Chef du Gouvernement, dûment mandaté par le Président de la République, le projet de décret portant réorganisation de l’examen du Baccalauréat de l’enseignement secondaire général et technique a été examiné et adopté. Invité par nos confrères de la RNT dans le journal parlé du soir du dimanche 24 mai 2015, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique le Professeur Mackaye Hassan Taïsso a expliqué dans les détails les innovations majeures apportées à cet examen du Bac 2015.


»Le projet décret pris en Conseil ordinaire des ministres du 14 mai 2015 relatif à l’organisation du Bac sera-t-il appliqué cette année ou l’année prochaine?

»Professeur Mackaye Hassan Taïsso: Si nous avons tenu à ce que cette décision soit prise en ce moment, c’est parce que l’on veut bien l’appliquer cette année. Il vous souviendra que le séminaire gouvernemental tenu à Douguia, il y a quelques mois, dans un de ses points, avait proposé de réfléchir sur la meilleure façon d’organiser le baccalauréat. Dès le retour de Douguia, les techniciens des deux ministères à savoir l’Education Nationale et l’Enseignement Supérieur se sont attelés à travailler sur le document et c’est ce document issu de ce travail qui a été proposé en Conseil de Cabinet puis en Conseil des ministres et adopté.


»Quelle est la date retenue précisément pour le déroulement des épreuves du Baccalauréat de cette année?

»Pour le Baccalauréat de cette année, la date est celle du 8 au 17 juin pour l’ensemble des séries. L’une des réformes entamées déjà l’année dernière et qui va être reconduite est celle qui consiste à passer le Bac à raison d’une matière par jour. Cette mesure est donc maintenue, car l’on a constaté que l’année dernière, elle a porté des fruits. Chaque jour, il y aura une seule matière par série.


Nous savons que pédagogiquement parlant, un candidat qui a une moyenne supérieure ou égale à 9 n’a rien à envier à celui qui par exemple a un 10 pour pouvoir passer. Nous avons constaté que ces jeunes qui ont 9,5 pourraient bien réussir les études secondaires même s’ils ont raté le Bac.

»Quelles sont les principales innovations de la session de juin 2015 ? Ou bien, on va s’accommoder des innovations de l’année précédente seulement?

»A part l’innovation que je viens d’évoquer qui consiste à passer une matière par jour dans sa série, il y a aussi la double correction qui est maintenue. La troisième innovation est la réinstauration de la deuxième série des épreuves écrites. La première série va concerner tous les candidats. Ceux qui auront une moyenne générale de dix sur vingt (10/20) seront déclarés admis, les autres qui auront une moyenne inférieure à dix (10) et supérieure ou égale à huit virgule cinq sur vingt (8,5/20) seront considérés comme admissibles. C’est cette deuxième catégorie de candidats appelés admissibles qui composera la deuxième série d’épreuves écrites. A l’issue de celle-ci, seront déclarés admis tous ceux qui auront la moyenne de 10 sur 20. Les autres seront naturellement considérés comme échoués. Mais cette année, nous avons prévu autre chose, c’est de délivrer aux échoués des certificats de niveau ou certificats de fin d’études secondaires. Ce sont des documents qui leur permettront, à terme, de pouvoir accéder à des établissements d’enseignement secondaire professionnel que le Gouvernement entend mettre en place. Si l’entrée dans ces établissements doit se faire par voie de concours, ceux qui ont le certificat de niveau de fin d’études secondaires, qui n’est pas un diplôme mais une attestation qui prouve que ces jeunes ont bien le niveau de la classe de Terminale, eh bien ceux-là donc qui ont la moyenne supérieure ou égale à 8,5 et qui n’ont pas eu 10 pour être admis, seront autorisés à passer ces concours professionnels.


»La session 2015 offre-t-elle des avantages à ceux qui auront une moyenne en deçà de 10 sur 20?

»Elle offre effectivement une seconde chance aux candidats. Dans l’ancien système, ou l’on a 10 sur 20 et l’on passe, ou l’on a moins de 10 sur 20 et l’on échoue. Nous savons que pédagogiquement parlant, un candidat qui a une moyenne supérieure ou égale à 9 n’a rien à envier à celui qui par exemple a un 10 pour pouvoir passer. Nous avons constaté que ces jeunes qui ont 9,5 pourraient bien réussir les études secondaires même s’ils ont raté le Bac. C’est pourquoi, nous leur accordons cette seconde chance pour permettre à ceux qui ont réellement le courage de revenir lors de la deuxième série d’épreuves écrites et éventuellement de pouvoir été admis. Cette éventualité permet à ceux-là de franchir le cap.


»A quoi va servir exactement l’attestation que le ministère de l’Enseignement Supérieur va délivrer aux candidats ayant obtenu une moyenne supérieure ou égale à 8,50.

»C’est un certificat qui atteste que l’élève a bien le niveau de Terminale. Aujourd’hui, il arrive que le Gouvernement ou les institutions diverses organisent des concours avec le niveau de Terminale. Et pour y participer, il faut avoir ce niveau-là. Certains élèves, par ailleurs, viennent se faire établir et délivrer ces certificats de niveau dans le premier lycée qu’ils peuvent trouver. Vrai ou faux, un élève qui a ou non un niveau peut, et nous le savons par la faute de quelques proviseurs véreux, obtenir un certificat de niveau, ce qui en réalité n’est pas le cas. Et donc l’attestation de niveau ou le certificat de niveau de fin d’études secondaires que le ministère va délivrer est en réalité un document qui prouve que l’élève a un niveau pour passer un concours professionnel réservé à ceux qui ont le niveau de Terminale. Et puis ce document permettrait vraiment de trier un certain nombre d’élèves qui mériteraient bien de bénéficier des formations que le Gouvernement entend mettre en place bientôt.»





Administration Publique et innovation

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