2015/05/27

«Marie-Pierre Tuffery, la “patronne” innovante de la CCI (Chambre de Commerce et d’industrie de Lot-et-Garonne) du Lot-et-Garonne»




Valérie Deymes: Sud Ouest



«Directeur général de la Chambre de Commerce et d’industrie de Lot-et-Garonne, cette Parisienne croit en l’avenir économique de sa terre d’adoption, à condition que “nul ne reste seul dans son coin”.

»Sur l’organigramme de la CCI 47, dont elle est l’auteur comme sur l’intitulé coiffant sa signature officielle, Marie-Pierre Tuffery est “le” directeur général de la chambre depuis 2007. “Le directeur, car c’est bel et bien de la fonction dont il s’agit. Je dissocie la personne et sa fonction”, lâche celle qui a une certaine pudeur à parler d’elle.


»Faire travailler ensemble des secteurs différents

»Pourtant dissocier la Parisienne venue poser ses valises en Lot-et-Garonne il y a 30 ans, et celle qui s’est employée à impulser une méthode et une dynamique d’innovation au sein de la CCI 47, serait une erreur. Car, si Marie-Pierre Tuffery se bat à son niveau pour que vive ce département rural, c’est bel et bien parce qu’elle y est attachée sur le plan personnel, mais aussi parce qu’elle y a gravé son empreinte, dans l’ombre, sur le plan professionnel.

»C’est en 1978 que l’étudiante à Agro Paris obtient son diplôme. Deux années de recherche en Côte d’Ivoire et la voilà dans la vie active en charge d’un programme européen de développement intégré... en Lozère. “Ce premier poste était très enrichissant, car innovant. Il fallait envisager une approche globale, faire travailler des secteurs bien différents ensemble, créer des partenariats...” Une méthode et une approche qui lui ouvrent les portes du Lot-et-Garonne, huit ans plus tard.

»A l’époque, Jean François-Poncet, président du Conseil général de Lot-et-Garonne avait l’ambition de créer l’Agropole, axé sur l’agroalimentaire et sur une dynamique collective et ce, en rassemblant les forces du département que ce soit les collectivités, les entreprises toutes filières confondues, les chambres consulaires, autour de projets communs. “Je m’étais installée ici pour rejoindre mon époux..., un gascon. Jean François-Poncet a tablé sur mon expérience en matière de programme basé sur le partenariat et la transversalité”, dévoile-t-elle.


»L’ère François-Poncet

»C’est ainsi que Marie-Pierre Tuffery, avec la double casquette de directeur adjoint du Conseil général et de directeur du comité “objectif 1992”, cher à son président, a travaillé dans l’ombre de nombreuses conquêtes du Lot-et-Garonne: l’implantation du parc Walibi à Roquefort, l’Agropole bien sûr, mais aussi la création des fameux Pays, avant même que ce mot n’ait de résonance nationale via la loi Voynet. “Des Pays qui nous permettaient de démultiplier la méthode partenariale, la méthode du “travailler ensemble”, en milieu rural. De 1990 à 2000, ce sont ainsi 1500 projets qui ont émergé pour 3 milliards d’investissements, dont 40% de subventions notamment européennes”, ajoute-t-elle.

»En 2007, alors que Jean François-Poncet a laissé le rênes du Département à Michel Diefenbacher, Marie-Pierre Tuffery postule à la direction de la Chambre de commerce et d’industrie. “Monter des projets sur les territoires des Pays m’avait permis d’approcher les entreprises et de travailler avec elles. Je souhaitais creuser ce sillon. Et puis ces années aux côtés de Jean François-Poncet m’avait donné la culture du développement local... J’ai pris goût au Département et j’ai envie de faire quelque chose pour lui, pour qu’il ne soit jamais un département dortoir.”


»“Innover ensemble et pour demain”

»Fidèle à sa méthode, le directeur général de la CCI 47 a créé à son arrivée un groupe innovation. “Mais pas question d’initier de l’innovation seulement à l’extérieur, la chambre aussi se devait d’innover. L’idée était de travailler sur la transversalité en invitant les entreprises à partager leur savoir-faire et à coproduire ensemble. Ici, l’innovation ne devait pas se limiter à la technologie, mais également s’immiscer dans la gouvernance, dans l’organisation, dans la commercialisation et même dans les ressources humaines. Et en termes d’innovation, le Lot-et-Garonne n’est ps en reste: il compte beaucoup d’entreprises innovantes. Et ce, sur tout son territoire. Un héritage de l’agriculture et de l’ingéniosité des exploitants agricoles.”

»La CCI 47 a donc rapproché les partenaires et impulser un cluster fruits et légumes, nutrition et santé. Il a vu le jour à son initiative et un Fablab est en cours de création dans ses murs. “Je suis convaincue qu’on ne travaille pas tout seul. Et on travaille pour demain.”»





Un innovateur

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