2015/05/28

«C2Montréal : Ici c’est l’Amérique du business numérique qui fait le show»




Christophe Bys: L'usine digitale



«Pendant trois jours, à la conférence C2M de Montréal, tout l’écosystème du business numérique nord américain est réuni. Pour la quatrième édition, les organisateurs mêlent créativité, spectacle et conférences d’experts. Un mélange qui fait la fierté des partenaires et des autorités locales. Reportage.

»Un instant, l’Européen égaré se croira victime du décalage horaire et se demandera s’il n’a pas mal réglé sa montre. En fait, il ne fait que vivre les effets du décalage culturel. Venu à Montréal pour assister à la quatrième conférence C2, il ne s’attendait pas en entrant dans l’espace réservé dès 8 heures le matin ce 26 mai… à se retrouver dans l’ambiance surchauffée des discothèques les plus à en vue. Musique techno à fond, spots clignotants dans tous les sens, décors industriels utilisant l’échafaudage pour créer des espaces… Le choc passé, il faut l’avouer, la réussite est totale!

»Quand commenceront quelques minutes plus tard officiellement les conférences, c’est quasiment un show comme en produisent les plus grandes stars nord américaines, qui est proposé. Tout est réglé au millimètre, mélangeant dans un subtil équilibre conférences sérieuses d’enseignants venus du MIT ou de chercheurs reconnus et numéros de music hall. Comme ces musiciens du groupe Mardi Gras proposant une musique mélangeant country traditionnel façon Louisiane et parties scandées comme dans un rap. Ou encore cette ouverture des conférences "sérieuses" proposées par un quatuor de danseurs (trois hommes et une femme) venus chercher la lumière.


En ouverture des festivités, le curateur de l’événement, Jean-François Bouchard, a rappelé que le projet de départ était de "réinventer la notion même de conférence" et s’enorgueillissait d’avoir accueilli des visiteurs venus de 48 pays en 4 ans.

»Casser les codes de la conférence d'affaires

»Un mélange pas si d’étonnant, finalement. Car parmi les bonnes fées qui ont voulu cet événement de trois jours réunissant le monde du numérique made in Amérique du nord, figure le Cirque du Soleil! Une influence que l’on retrouve un peu partout. Comme dans ce filet suspendu dans l’espace d’accueil, qui invite six conférenciers qui ne se connaissent pas à venir dialoguer dans un environnement qui brouille leurs repères quotidiens. Ou encore quand il s’agit de présenter les partenaires : ce sont deux comiques locaux (très applaudis) qui le font entre deux conférences.

»À proximité d’un canal lointain cousin du parisien Saint Martin et au moins quatre fois plus large, les différents espaces où se déroule la conférence mélangent de même les inspirations. Dans un décor de fête foraine, des containers transformés proposent déjeuners et boissons à proximité d’une grande roue destinée… aux rendez-vous d’affaires. Là encore, les concepteurs proposent aux participants de s’isoler en prenant de la hauteur et découvrir la ville.

»En ouverture des festivités, le curateur de l’événement, Jean-François Bouchard, a rappelé que le projet de départ était de "réinventer la notion même de conférence" et s’enorgueillissait d’avoir accueilli des visiteurs venus de 48 pays en 4 ans. Comme on est en Amérique du Nord, on a peu de pudeur avec l’argent, et l’heureux curateur a annoncé un million de dollars canadiens de retombées économiques avant de lancer à une salle remplie: "j’espère que vous ne serez pas seulement des spectateurs, mais que vous allez participer, faire des choses".


»E-commerce décomplexé

»Pour celui qui en douterait, ici c’est l’Amérique ! Et ce n’est pas le discours suivant, celui du maire (en deuxième position !) qui allait le contredire. Passant de l’anglais au français (la langue de Shakespeare l’emportant largement sur celle de Molière), il a proposé à la salle de "bien s’amuser et de dépenser de l’argent" avant d’ajouter que "toutes les planètes sont alignées pour faire de Montréal une plate-forme essentielle du monde des affaires".

»Un peu plus tard, Ayah Bdeir — la créatrice de littleBits, une sorte de jeu de construction génial et très hipster pour fabriquer des objets connectés — expliquait être née à Montréal, mais que sa première source d’inspiration était New York, avant de citer Léon Trotski, sans en être bien sûre : "les révolutions sont impossibles tant qu’elles ne sont pas inévitables". Trotski applaudi au service de l’innovation capitaliste, le visiteur européen n’est pas au bout de ses surprises!»





Une innovation

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