2015/04/08

Une machine innovante face au cancer à Boulogne





Une machine innovante face au cancer à Boulogne



Nord Littoral
Claude Couvet

FRANCE

«Imposante, cette machine révolutionnaire, dont le coût est estimé à trois millions d’euros, est encore très peu utilisée dans les différents centres médicaux. “Nous sommes l’un des rares centres privés français à en disposer”, précise le docteur Abdellatif Bertal, administrateur du centre de Joliot-Curie. Cet investissement a pu être réalisé grâce au partenariat avec le Centre hospitalier de Boulogne-sur-Mer, dans le cadre d'un groupement de coopération sanitaire (GCS).

»Révolutionnaire, c’est le mot. Cet appareil permet de réaliser des irradiations complexes, tout en assurant la sécurité du patient. “Avec la tomothérapie, il y a une précision plus nette de la zone de traitement et une protection plus importante des tissus sains qui entourent la tumeur. Du coup, cela réduit les effets secondaires et la qualité de vie des patients est améliorée.”


»25 à 35 séances par patient

»Aujourd’hui, cette technique innovante est considérée comme le nec plus ultra de la radiothérapie. Elle traite notamment les cancers du sein, de la prostate, de la sphère ORL.

»Les patients soignés par cette technique ont généralement 25 à 35 séances, à raison de cinq rendez-vous hebdomadaires. “En tenant compte de l’installation, la séance dure entre quinze et vingt minutes, note Alain Benoist, radiophysicien. Le patient s’allonge sur une table, qui avance à l’intérieur de l’anneau. Celui-ci tourne cinq fois par minute. L’irradiation dure deux à cinq minutes selon la lésion.”


»Le “petit frère” arrivera au mois de mai

»Depuis le mois d’octobre, près de 200 patients ont déjà bénéficié de ce traitement au sein du centre saint-martinois.

»Le projet d’un deuxième appareil est déjà en route et celui-ci devrait voir le jour en mai prochain. Les deux machines fonctionneront en miroir et permettront de répondre efficacement à certaines situations dans lesquelles d’autres techniques trouvaient leurs limites: irradiation de plusieurs tumeurs dans les deux poumons, capacité de traitement de très grands champs comme le cerveau avec l’ensemble de la moelle épinière.

»Parmi les précurseurs, le centre Joliot Curie souhaite poursuivre cette révolution de la tomothérapie.


»Les différentes étapes

»Lorsque l’on diagnostique un cancer, les spécialistes organisent tout d’abord une réunion multidisciplinaire pour définir le type de traitement adéquat (chimiothérapie, radiothérapie...)

»Si la tomothérapie est choisie, le patient consulte un radiothérapeute et passe un scanner dosimétrique (ou scanner de centrage), qui servira de référence tout au long de la phase de traitement.


»Une reconstitution en 3D

»Dans la salle de dosimétrie, véritable centre névralgique, c’est à ce moment-là que l’équipe de physiciens entre en jeu. Le corps du patient est reconstitué virtuellement en 3D afin de délimiter précisément les zones à irradier… et celles à protéger. “Sur ordinateur, il y a un contourage des cibles qui est effectué. À chaque séance, un scanner est effectué et on le superpose au scanner de référence.”

»Avec la tomothérapie, la reconstitution en 3D est fidèle à la réalité et extrêmement précise. “Avant, on avait des formes géométriques, un carré ou un triangle alors que la tomothérapie permet des champs d'irradiations avec des contours de traitement complexe”, souligne un physicien.

»Grâce à cette précision révolutionnaire, l'équipe a su établir un champ d'irradiation avec les contours évoquant Mickey Mouse! Celui-ci trône fièrement dans la salle de dosimétrie, à en faire pâlir d'émotion Walt Disney lui-même...»





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