2015/02/10

L’entreprise innovante




L’entreprise innovante



Finyear (Financial Year & Business Finance)
Laurent Leloup

FRANCE

«Selon une étude réalisée par l'Economist Intelligence Unit, les entreprises mondiales pourraient ne pas tirer parti des investissements destinés à stimuler l'innovation, en raison du peu de confiance qu'elles portent aux compétences en communication. Ce rapport montre que la confiance décroît lorsque les employés partagent des idées en dehors de leur service et collaborent avec des collègues rattachés à d'autres pays, services et hiérarchies.

»- Une étude commanditée par EF Education First montre que la confiance des employés baisse lorsqu'ils collaborent avec l'étranger.

»- Les entreprises pourraient ne pas parvenir à tirer parti de l'innovation.

»- 81 % des entreprises ont déclaré qu'un regain d'investissement dans les compétences en communication permettrait de stimuler l'innovation.

»- 76 % des entreprises prévoient d'accroître leurs investissements dans l'innovation.

»- 75 % des représentants gouvernementaux estiment qu'il n'est “pas de leur responsabilité” de combler le déficit de créativité dans les entreprises.


»L'étude “Entreprises innovantes: comment les multinationales libèrent leur potentiel créatif” montre que le niveau de confiance des personnes interrogées chute de 96 %, lorsqu'elles communiquent avec des collègues de leur propre service, à 72 % lorsqu'il s'agit de collègues basés dans d'autres pays. Environ 87 % des entreprises reconnaissent que la collaboration interculturelle est à l'origine d'idées novatrices, mais la moitié d'entre elles déclarent que les différences culturelles compliquent le partage d'idées avec des collègues d'autres pays.

»“On entend sans cesse l'expression ‘Innovez ou disparaissez’”, a déclaré Peter Burman, président d'EF Corporate Solutions. “Les PDG savent que ce principe constitue une réalité et affirment que l'innovation est leur priorité. Cependant, il est clair qu'ils font face à un goulet d'étranglement dans le domaine de l'innovation, car leurs employés manquent de confiance lorsqu'il s'agit de communiquer avec leurs collègues d'autres pays. Les entreprises doivent redéfinir les compétences dont ces personnes ont besoin pour avoir confiance dans le partage d'idées au sein d'une variété de hiérarchies, de divisions et de pays.”

»L'étude révèle que 81 % des 350 personnes interrogées ont précisé que l'amélioration des compétences en communication transfrontalière du personnel serait bénéfique à la capacité d'innovation de leur entreprise. Près de 30 % des entreprises interrogées admettent pourtant que leurs dépenses dans ce domaine sont insuffisantes, voire inexistantes. L'étude indique qu'en dépit du large recours des PDG (95 %) aux processus de partage d'idées, cet engagement est faible en dehors des équipes de direction, car les gestionnaires (78 %) et les chefs de service (77 %) sont moins susceptibles de les utiliser. Ce constat amène à douter de la capacité des processus formels à impliquer l'ensemble de l'entreprise dans l'innovation.


»L'innovation, première priorité des entreprises mondiales

»L'étude montre que les entreprises mondiales misent leur avenir sur leur capacité à innover. Créer de nouveaux produits et services fait partie des trois premières priorités pour 54 % des personnes interrogées, devant la réduction des coûts (42 %) ou l'investissement dans le talent (33 %).

»Plus des trois quarts (76 %) des entreprises prévoient d'augmenter leurs investissements dans l'innovation au cours des trois prochaines années, et près d'un tiers (31 %) d'entre elles prévoient de le faire de manière significative. Plus des deux tiers (71 %) des entreprises ont intensifié leurs investissements dans l'innovation au cours des trois dernières années, et un quart (25 %) d'entre elles estiment y avoir consacré des montants importants (c'est-à-dire une augmentation d'au moins 20 % des investissements).


»Mais qui en a la responsabilité?

»“Il apparaît de manière évidente que deux compétences clés sont au cœur du développement d'une culture d'entreprise innovante: la créativité et la communication internationale”, a ajouté M. Burman. “Les gouvernements et les entreprises divergent lorsqu'il s'agit d'attribuer la responsabilité de cette formation.”

»Environ 55 % des cadres estiment qu'il relevait de leur seule responsabilité de fournir une formation en vue de stimuler l'innovation. Et plus d'un tiers (37 %) d'entre eux expliquent que les compétences disponibles dans leurs pays ne suffisent pas à améliorer la capacité d'innovation du personnel.

»Pourtant, 75 % des représentants gouvernementaux interrogés précisent que le rôle n'est pas de combler les lacunes des entreprises en matière de capacité d'innovation, laissant cette responsabilité aux entreprises elles-mêmes. Ces fonctionnaires considèrent que le principal problème est de faire prendre davantage conscience aux adultes des formations déjà disponibles.

»“Les gouvernements ne se sentent pas responsables de la formation du personnel existant”, a affirmé Claes Ceder, vice-président exécutif d'EF Corporate Solutions. “Mais ils savent qu'ils doivent combler le fossé existant dans les compétences en communication, afin que les étudiants en fin de cursus soient mieux préparés à innover sur le marché du travail de demain. La bonne nouvelle, c'est qu'il est possible d'améliorer considérablement la situation en peu de temps afin de résoudre ce problème, mais les gouvernements doivent être prêts à agir dès maintenant.”


»Manque de culture d'innovation

»Les entreprises aspirent à créer une culture de l'expérimentation, mais omettent souvent de mettre en place un suivi. Selon l'étude, 30 % des personnes interrogées déclarent que leurs entreprises ne disposent pas suffisamment d'une culture encourageant les idées novatrices émises par l'ensemble du personnel, 30 % que la culture de leur entreprise n'autorise pas l'échec et 34 % que leur entreprise ne permet pas aux employés d'expérimenter dans le cadre de leurs propres projets. Beaucoup d'entreprises disposent de processus formels permettant le recueil d'idées, mais ceux-ci s'avèrent souvent inefficaces.

»L'étude souligne le fait que la culture créative est celle qui encourage chaque employé à émettre des suggestions, tout en présentant une grande tolérance à l'échec. Toutefois, de nombreuses entreprises ne prennent aucune mesure pour veiller à ce que ces conditions soient réunies. Au cours d'un entretien mené pour cette étude, Tammy Lowry, directeur mondial de l'enseignement et de l'efficacité organisationnelle chez Roche, a déclaré: “Malheureusement, la plupart des formations visent à définir les idées comme ‘pertinentes ou inutiles’ au moyen de tests, si bien que certaines personnes peuvent perdre leur sentiment de confiance alors même que leur compétence s'accroît.”


»À propos de l'étude

»L'étude “Entreprises innovantes: comment les multinationales libèrent leur potentiel créatif” est un rapport établi par l'Economist Intelligence Unit et commandité par EF Education First. Elle passe en revue les défis auxquels les entreprises sont confrontées lorsqu'elles stimulent l'innovation au-delà des frontières organisationnelles et nationales. Deux enquêtes mondiales en ligne ont été menées en octobre et novembre 2014, respectivement auprès de hauts dirigeants d'entreprises et de représentants de gouvernements. L'étude concernant les entreprises à recueilli les opinions de 350 personnes employées par des organisations opérant dans au moins un pays extérieur à leur marché domestique. Plus de la moitié (54 %) de ces personnes faisaient partie d'équipes de direction ou de conseils d'administration. L'échantillon de représentants gouvernementaux comptait 57 personnes chargées de concevoir et mettre en œuvre des politiques d'enseignement et de formation pour adultes.


»Téléchargez ci-dessous l’étude complète (PDF 41 pages en anglais)

»EIU_EF_innovation_across_borders_pdf_new_web.pdf EIU-EF_Innovation across borders_pdf NEW WEB.pdf (1.13 Mo)»





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