2015/02/24

Ces petits génies burkinabé qui font des miracles à base de déchets: Ouagalab




Ces petits génies burkinabé qui font des miracles à base de déchets: Ouagalab



Anadolu Agency
Lougri Dimtalba

TURQUIE

«“Ouagalab”/ TIC: Ces petits génies burkinabé qui font des miracles à base de déchets A l’actif de ces inventaires, un “ordinateur Jerry”dont l’UC est constituée de déchets électroniques.

»Leur condition est bien modeste, mais leur génie fait parler d’eux: douze jeunes informaticiens burkinabè, dont deux filles ont mis sur les fonts baptismaux un laboratoire informatique où la matière première provient essentiellement de la récupération des pièces d’engins usés ou d’autres matériaux locaux rassemblés dans les rues de Ouagadougou.

»Réunis autour de leur chef, Gildas Guiella, un informaticiens de 30 ans et Étudiant en réseaux informatiques et Télécom à l’École Supérieure des Techniques Avancées (Esta), ces jeunes cultivent la même approche du développement local:”promouvoir l’entreprenariat sociale à travers un espace ouvert où toute la jeunesse peut venir apprendre et partager avec les connaissances des autres”.

»“Ouagalab “est un laboratoire de fabrication citoyen et un espace d’intelligence collective créé en 2011”, fait remarquer à Anadolu Gildas Guiella qui pilote les travaux de cette communauté des jeunes innovateurs installée dans une cours familiale dans le quartier Kalgondé non loin de l’aéroport international de Ouagadougou, avant d’acquérir ses propres locaux.

»Selon le jeune Guiella, dans cette communauté on y rencontre diverses compétences ayant tous le même rêve : l’art de créer, d’imaginer, d’inventer à partir des matériaux de récupération, des outils informatiques de fabrique écologique.

»“Nous avons mis en place le Jerry school Faso qui consiste à reconditionner les déchets informatiques dans des bidons ou des calebasses à la portée de personnes novices de l’univers informatique. Cela leurs permet de découvrir d’abord les composantes de l’outil informatique afin de le démystifier. Ensuite nous inventons du matériel dans le domaine de l’énergie renouvelable, comme des éoliennes”, soutient Gildas Guiella.

»A l’actif de ces inventaires, un produit phare, il s’agit d’un “ordinateur Jerry “dont l’unité centrale est constituée de déchets électroniques reconditionnés dans un jerrican et une éolienne d’une capacité d’un kilowatt/heure, essentiellement constituée de pièces mécaniques récupérées sur une moto et un camion en 2013.

»On y trouve aussi une fraiseuse fabriquée à base de matériaux de récupération. “Nous avons tout ce qu’il nous faut pour nous développer. Il ne suffit pas de prendre uniquement ce qui vient d’ailleurs, mais il faut songer aussi à les adapter à nos réalités”, recommande le promoteur de “Ouagalab”.

»Le Ouagalab dispose par ailleurs d’une cartographie utile à ses activités. “C’est une plateforme participative qui existe où toutes les personnes quel que soit leur niveau d’instruction peuvent ajouter des données. Nous arrivons à dessiner des zones de dépotoirs de déchets et des zones à risques sur la carte etc…”.

»“Ouagalab”s’est aussi penché sur le développement rural à travers l’initiation des agriculteurs et des éleveurs à l’utilisation et l’adaptation de l’outil informatique pour l’adapter aux spécificités et à la réalité de leur monde paysan.

»“Nous avons un projet dénommé Agroélab qui réfléchit sur des questions ayant trait à l’agriculture et à l’élevage. Ce projet consiste à récolter des déchets sur de petites superficies cultivables. Par exemple, on peut prendre un pneu ou un bidon usé qu’on découpe dans lequel on met de la terre avant de semer”, explique Gildas Guiella. Engagé dans la lutte pour la réduction de la fracture numérique dans un pays sahélien comme le Burkina Faso où plus de 40% des 17 millions de la population sont jeunes, “Ouagalab “multiplie les séances de formation sur toute l’étendue du territoire avec ses modestes moyens.

»Chaque année, la communauté des innovateurs en collaboration avec d’autres “Fablab”(plateformes) organise un “Boot camp”, une semaine de travail intense pour réaliser un prototype. Il s’agit de réunir 10 à 15 personnes autour d’une thématique donnée pour réaliser quelque chose. Chacun participe et donne des idées.

»Malgré la détermination et la combativité de ces promoteurs, “Ouaglab “est en panne d’accompagnement. Les rares financements lui proviennent de l’extérieur, essentiellement de la part de certains généreux donateurs. Le promoteur de la communauté a indiqué que grâce à un financement de 7000 euros reçu via une plateforme de financement, “Ouagalab “réalisera une partie de ses rêves à savoir la construction d’un siège, la mise en place d’une monnaie numérique ou encore la reproduction d’une imprimante 3D, à partir du matériel de récupération.

»“Nous n’avons pas d’accompagnement financier. Nous sommes passionnés de ce que nous faisons, ce qui fait notre force. Nous avons réussi à acquérir un espace (où un bâtiment est en construction) grâce à des personnes de bonne volonté établis à l’étranger”, dit Guiella.Son souhait ultime : “la mise de vieux consommables informatiques à la disposition du groupe par l’administration publique en vue de les recycler et afin de former les jeunes”.

»C’est un combat qui leur “tient à cœur”.»





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