2014/01/03

«Pourquoi le sport-business fait courir les Qataris?»




«Selon de nombreuses prévisions, les réserves de pétrole seront réduites à néant en 2023, soit une année après la Coupe du monde que le pays va abriter...»


«Selon de nombreuses prévisions, les réserves de pétrole seront réduites à néant en 2023, soit une année après la Coupe du monde que le pays va abriter...

»Pays pétrolier mais qui s’attend à voir ses réserves tarir, le Qatar a pris la résolution de s’intéresser au sport-business. Donc, loin de chercher à gagner des trophées, le Qatar veut se faire connaitre et plus tard, développer son tourisme, qui est vue comme une alternative au pétrole.

»Pour ce faire, le Qatar a organisé un premier sommet des ministres des Sports au Forum de Doha avec la participation de 16 ministres, de 20 représentants de grandes institutions sportives internationales ainsi qu’une dizaine de champions. Ils étaient réunis, non pas pour parler de la formule d’un tournoi de football ou d’une autre discipline, mais plutôt pour échanger sur le rôle que joue le sport dans la promotion de l’innovation, de la croissance économique, de la cohésion et de l’intégration sociale. Le sport a pris une dimension économique, jusque-là insoupçonnée et ces dernières années n’ont fait que confirmer la tendance. Une nouvelle donne qui ne manque pas de rapport direct avec l’arrivée des Qataris dans ce business.

»“Le Qatar est prêt à recevoir la Coupe du Monde, qu’elle soit organisée en hiver ou en été. Depuis le départ, nous avons toujours déclaré pouvoir accueillir la Coupe du Monde en été. Si le monde du football ou la FIFA souhaite qu’elle soit organisée en hiver, nous serions alors ravis de nous adapter et nous sommes tout à fait disposés à le faire. S’ils la souhaitent en été, nous serons prêts de la même manière. La Coupe du Monde 2022 sera l’occasion de montrer au monde entier l’amitié, l’hospitalité et le sens de l’humour du Moyen-Orient. Il s’agit d’une grande occasion, pour tous, nous rassembler”. C’est ce qu’a déclaré M. Hassan Al-Thawadi, Secrétaire général du Comité d’organisation de la Coupe du Monde de football Qatar 2022. Et il y a de quoi se défendre. Pour cause, personne n’a vu le Qatar venir dans le cénacle restreint du football, à fortiori à prétendre organiser la plus prestigieuse compétition internationale.



»La Coupe du Monde, une transition vers le tourisme?

»Avec des tribunes quasi-vides dans les rencontres, pourtant au sommet, le Qatar n’est vraiment pas un pays de football, mais plutôt de pétrole. Mais selon de nombreuses prévisions, les réserves de pétrole seront réduites à néant en 2023, soit une année après la Coupe du monde que le pays va abriter. Alors, quelle alternative pour maintenir le cap de l’économie ? Le tourisme, semblent être la réponse des autorités. C’est du moins ce qui ressort des fortes sommes investies dans ce secteur. Là où le Brésil, prochain organisateur de la Coupe du Monde, table sur des investissements à hauteur de 15 milliards de dollars, le Qatar ne vise pas moins de 200 milliards de dollars. Et pour se doter des moyens d’être un grand pays touristique, 140 milliards ont été dégainés pour la construction de routes et 20 milliards pour près de 100 hôtels. Aujourd’hui, les projets sont tels que des pays comme la Chine, l’Inde, la France sont en train de se bousculer dans ce pays pour décrocher le maximum de contrats.

»Mais si la candidature du Qatar a fini en tête, il aura fallu plein de tractations, parmi lesquelles, le soutien de taille de Nicolas Sarkozy, alors président de la République française. En contrepartie, le Qatar s’engage à aider les entreprises françaises à saisir toutes leurs chances dans ce marché de 100 milliards d’euros.



»Le rachat du PSG, le point de départ?

»L’intérêt du Qatar pour l’organisation de la Coupe du Monde 2022 a surpris plus d’un au début. Mais l’officialisation du rachat du PSG dans lequel la société QSI a déboursé 40 millions d’euros pour 70% du capital, les dernières 30% ayant été payées à 29 millions d’euros. Soit sur une base de valorisation du club à hauteur de 100 millions d’euros. Ceci a permis de comprendre que le rachat du club-phare de Paris et fortement médiatisé, obéissait à une stratégie bien planifiée.

»En effet, dans le souci de s’internationaliser, les Qataris ont racheté le club espagnol de Malaga en plus du PSG. Il ne faut pas oublier qu’ils ont signé un partenariat de sponsoring avec le prestigieux FC Barcelone, en plus de lancer Al-Jazeera Sports comme un leader mondial des retransmissions sportives. Ils ont ainsi changé le visage du sport. En moins de trois ans, ils ont fait de Paris, un club de classe mondiale. Mais l’objectif visé n’est pas que sportif. En effet, le Qatar est sorti de son obscurité et les stages de ses équipes de même que les blessés sont soignés au Qatar. Après le pétrole, les Qataris vont s’appuyer sur le tourisme.



»Quand le gouvernement français se sucre sur le dos des clubs de football

»Coïncidence ou choix bien mûri? En tout cas, en campagne présidentielle, alors que les Qataris négociaient le rachat du PSG, François Hollande annonçait sa volonté de ne pas accorder de régime dérogatoire pour le football qui sera bien concerné, dans le projet de loi de finances 2014, par la nouvelle taxe sur les hauts revenus. La fameuse taxe à 75% sur les revenus supérieurs au million d’euros. Un montant qui sera plafonné en fonction du chiffre d’affaires des clubs. La taxe devrait rapporter 260 millions d’euros en 2014 et 160 millions en 2015, et touchera environ 470 entreprises au titre des sommes versées à quelque 1 000 dirigeants ou salariés.»



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