2013/12/18

«Près de 2 milliards pour l’innovation et les PME belges. C’est la part du programme de développement européen de 79 milliards d’euros»



«La machine européenne vient d’accoucher d’un plan très ambitieux visant à doper l’innovation, la création d’entreprises et partant, la création d’emplois nouveaux au sein de l’Union européenne (UE). Un plan ambitieux et surtout richement doté puisqu’en théorie, c’est une enveloppe de 79 milliards d’euros qui va s’ouvrir aux projets des entrepreneurs et des chercheurs européens intéressés. Ce qui en fait d’évidence la source de financement de l’innovation et de la recherche la plus alléchante du moment. Dans ce total, une part évaluée à près de deux milliards d’euros ira à des projets “made in Belgium”. Comme tout méga-projet européen, celui-ci a fait naître des entreprises dont le rôle est de piloter des porteurs de projets en rognant une partie des budgets qui leur seraient alloués dans le cadre du projet. C’est que la mécanique, si elle reste un peu complexe, est avant tout suffisamment juteuse pour attirer des entrepreneurs potentiels capables d’enrichir le tissu des PME européennes, notamment, et de créer des emplois nouveaux. Or, le projet qui va démarrer dans quelques semaines et court jusqu’en 2020 est réputé bien plus simple d’accès que ce ne fut le cas dans le passé.


»Défis sociétaux et marchés dérivés

»Qui est visé par ce programme ? De manière prioritaire, les entrepreneurs ou les chercheurs concernés par les grands défis sociétaux comme la santé, la sécurité ou l’environnement. Le principe étant d’établir dans les disciplines concernées une prééminence stratégique. Comment est-il décliné ? Il s’agit après étude des dossiers proposés, d’accompagner financièrement et stratégiquement des projets, de la recherche à la commercialisation en passant par la mise en place des structures. L’accès au financement est simplifié en théorie, et est ouvert aux particuliers, entreprises et universités des pays de l’Union et... au-delà.


»Opportunité à saisir

»En quoi est-ce une opportunité ? Pour l’avocat Christophe Boeraeve qui a étudié la question dans le but d’accompagner certains de ses clients en recherche de financement, “il y a dans ce programme une opportunité énorme par rapport à ce qui s’est fait auparavant. Les entreprises naissantes avec de beaux projets ont besoin d’argent. Les banques en ont, mais elles prêtent en prenant beaucoup de garanties et en faisant payer des intérêts importants, suite à la crise financière. Ici, la Commission propose un ‘funding’ énorme, sans intérêt, avec assez peu de contraintes pour le démarrage des projets, avec, pour répondre aux critiques relatives aux anciens programmes, un minimum de supervision et pas d’intrusion dans la gestion du projet mais par contre, un système de coaching efficace très intéressant pour les entrepreneurs”.


»Trois phases

»Le programme s’établit en trois phases dont la première, rapide, permettra aux entreprises naissantes de mettre le pied à l’étrier, après validation de leur projet, avec une subvention de 50 000 euros. Toutes ne seront pas élues, mais on peut estimer qu’un peu plus d’un projet sur dix sera accepté. La seconde phase intervenant six mois plus tard consistera dans le financement de la recherche, le développement, la démonstration ou le prototypage et l’analyse de la chaîne de production (ou le déploiement), avec une dotation moyenne allant jusqu’à trois millions d’euros sur 12 à 24 mois. La troisième phase, soit la commercialisation, serait financée via divers outils financiers adossés à l’enveloppe restante. “Il faut y ajouter un ‘business coaching’ adapté. Des experts et coachs européens sont déjà recherchés par la Commission”, explique encore Maître Boeraeve. Pratiquement, le projet global est un peu flou ou souple, à cet égard, puisqu’il est question ici de viser des résultats plutôt que des objectifs théoriques. Et la Belgique est idéalement positionnée pour ce faire. Tania Van Loon, directrice du point de contact pour la Région bruxelloise, entre les porteurs de projets et la Commission, estime que sur la base du précédent programme de développement des entreprises (FP7), “on peut estimer que les projets belges réuniraient 2,6 % environ du total des subventions. En supposant que la Belgique garde les mêmes performances dans le programme H2020 - avec des taux de soumission et des taux de réussite similaires, on pourrait imaginer que la Belgique ‘capte’ un peu plus de deux milliards d’euros sur les 79 milliards du programme”.»



La Libre, Patrick Van Campenhout







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