2013/12/31

«Les dernières priorités de Singapour pour l’innovation»



«La National Research Foundation (NRF) est une organisation gouvernementale singapourienne en charge de financer la recherche. Pour définir les axes prioritaires, la NRF s’appuie sur le Research Innovation Entreprise Council (RIEC), présidé par le premier ministre, Lee Hsien Loong. La septième réunion du RIEC a eu lieu en octobre dernier pour définir les futures priorités pour l’innovation, afin de maintenir et de développer la force de Singapour dans la recherche scientifique.

»Trois nouveaux programmes ont donc été annoncés par le conseil:

»- Le programme des clusters pour l’innovation: ce type de cluster existe déjà à Singapour; ils ont pour mission de fédérer les industries, les universités et les instituts de recherche autour d’une thématique partagée. Les clusters d’innovation déjà présents à Singapour sont Biopolis, Fusionopolis et Mediapolis.

»Quatre nouveaux clusters ont déjà été présélectionnés, dont les thématiques sont les suivantes : diagnostics, technologies de la parole et du langage, membranes et fabrication additive. Deux cent millions de dollars singapouriens ont été prévus par la NRF pour supporter la création de ces clusters pour l’innovation.

»- Le programme de recherche pour la cyber-sécurité nationale, a pour but d’améliorer la sûreté des infrastructures informatiques de Singapour. Sur les cinq prochaines années, 130 millions de dollars singapouriens seront disponibles pour subventionner les recherches dans les domaines suivants : détection des menaces, sûreté des systèmes, analyse et défense, résistance des systèmes, combattre les menaces intérieures et gouvernance du cyber espace.

»- Le programme pour le retour des scientifiques singapouriens, qui cherche à ramener les brillants chercheurs singapouriens basés à l’extérieur du pays. Il s’agit donc de convaincre les chercheurs singapouriens de continuer leur travaux à Singapour même. Pour cela, les plus brillants se verront proposer des postes à temps complet ou en tant que professeur invité. Il est également envisagé de leur proposer de diriger des projets de recherche ou d’accéder à des postes à responsabilités au sein des universités ou instituts de recherche.

»Voici donc les trois programmes dans lesquels la NRF va massivement investir dans les années à venir, pour asseoir encore plus la position de Singapour comme l’un des leaders de la recherche mondiale. Au-delà des sommes investies, cela montre bien la manière dont Singapour gère l’innovation: il s’agit de réfléchir, de prioriser les thématiques, de faire des choix stratégiques et de planifier la mise en place des actions sur une plage de temps donnée, avec les moyens en cohérence.»



Bulletins Electroniques. Les BE sont le fruit du partenariat entre l’ADIT et le Ministère des Affaires étrangères et européennes français, via les Services pour la Science et la Technologie des Ambassades de France à l’étranger.







Collection d’articles sur innovation du 24 au 27 décembre




Carlos Marqueríe, «El Mercado de la Innovación Abierta (2013)


Correio do Minho, «Mosteiro de Tibães recebeu prémio Inovação e Criatividade»


Cynthia Giguere-Martel, «Valoriser et stimuler la nouvelle génération d’entrepreneurs. 16e Concours québécois en entrepreneuriat au Centre-du-Québec»


Darío Drucaroff, «Argentina y su encrucijada en el mapa de la innovación»


Diario de Pernambuco, «Bom Jardim terá Centro de Inovação e Produção para costureiras»


Estadão, «Inovação chinesa»


Etalab, «Dataconnexions #4 : Découvrez les huit lauréats de cette édition!»


Europa Press, «Diputación de Granada avanza en la puesta en funcionamiento del centro agroalimentario de innovación del Poniente»


Fabrice Dersy, «Quand les talents font la différence»


Greensavers, «Incubadora de inovação da Universidade de Lisboa facturou €6 milhões em 2013»


Kari Embree, «Pharmapack Europe 2014 focuses on innovation»


Le Moniteur, «Une initiative européenne pour développer l’innovation technologique ferroviaire»


Márcia Galrão com Lusa, «É preciso continuar a estruturar um mercado de trabalho ágil»


Marta F. Reis, «Think tank propõe fundo público para suportar custos da inovação»


Patrick A. Hyek, «Six global trends shaping the business world (Rapid technology innovation creates a smart, mobile world)»


Porvir, «9 passos para deixar a inovação acontecer. A recompensa é uma criatividade libertadora que torna o ensino emocionante e divertido»


Rodrigo de Oliveira Andrade, «Os selvagens do asfalto»


Ron Ruggless, «10 trends shaping the restaurant industry in 2014»


Silvia Torres Carbonell, «Innovación emprendedora, la clave de la competitividad»


Terry Slavin, «Disconnect between profit maximisation and social innovation»







2013/12/27

«Quand les talents font la différence»



«Les relations les plus efficaces en matière d’externalisation des processus métiers (BPO) –autrement dit celles qui dégagent le plus de valeur pour l’entreprise comme pour le prestataire BPO– privilégient la collaboration, la transparence et mettent l’accent sur la gestion des talents.

»Ce constat est le fruit de notre expérience et d’une étude menée en 2012 par Accenture sur les meilleures pratiques en matière de BPO. Le contraste entre les relations de BPO les plus efficaces et les autres est pour le moins spectaculaire: près de 85 % des entreprises les plus performantes que nous avons interrogées considèrent leur prestataire BPO comme un partenaire stratégique, contre seulement 41 % des autres répondants.

»Quel est l’intérêt de cette approche collaborative ? Outre le fait de clarifier les objectifs, elle permet surtout d’améliorer la coopération entre les entités (clients et prestataires) et leurs équipes. Un nouveau rapport de HfS, société d’analystes spécialisé dans l’externalisation, réalisé pour le compte d’Accenture, montre qu’un certain nombre d’entreprises ne développent pas suffisamment le potentiel de leurs ressources humaines, alors qu’il est établi que des processus de gestion des talents optimisés pour recruter, former, mobiliser et fidéliser les collaborateurs permettront de tenir les promesses du BPO.



»Les compétences sources de valeur ajoutée

»Le rapport intitulé Is Good Enough Really Good Enough: The Great Talent Paradox in Outsourcing [PDF], qui s’appuie sur une enquête réalisée auprès de 282 grandes entreprises recourant à l’externalisation, met en exergue le fossé qui existe entre les compétences dont ont véritablement besoin aujourd’hui les entreprises pour engager une démarche d’externalisation plus stratégique, et les compétences qui sont effectivement à disposition ou valorisées. Et ce constat vaut tant pour les donneurs d’ordre que pour les prestataires en externalisation.

»Invités à énumérer les objectifs ayant pris, à leurs yeux, le plus d’importance, les donneurs d’ordre sont une écrasante majorité à citer les compétences stratégiques, y compris l’aptitude à affiner les analyses, à fixer des résultats s’inscrivant au-delà des notions de coûts, à stimuler l’innovation et à définir et ajouter de nouveaux processus dans le champ d’application considéré. Pourtant, dès l’instant où ils doivent évaluer le niveau de leur entreprise en la matière, les responsables de l’externalisation lui attribuent une note qui atteint tout juste la moyenne.



»Plusieurs raisons expliquent ce paradoxe

»La première est liée au recrutement. Globalement, toutes les entreprises ont éprouvé davantage de difficultés à recruter des cadres expérimentés dans la sphère de l’externalisation que dans d’autres secteurs. La formation pose, elle aussi, un problème.

»Rares sont les entreprises qui disposent de programmes de formation structurés dans des domaines de compétences stratégiques aussi essentiels que l’amélioration continue et l’analyse.

»Enfin, les politiques de gestion de carrière ne sont pas à la mesure des enjeux du BPO stratégique: l’enquête révèle qu’un tiers seulement des responsables de l’externalisation chez les donneurs d’ordre se disent satisfaits des possibilités de promotion qui s’offrent à eux. L’aboutissement logique, somme toute, d’une gestion des talents qui n’a pas été suffisamment prise au sérieux.

»Conclusion importante qu’il convient de tirer de l’étude HfS: les relations d’externalisation doivent être le prolongement, sur le mode collaboratif, du vivier de talents de l’entreprise.

»En d’autres termes, le donneur d’ordre comme le prestataire BPO doivent s’attacher à développer les compétences qui leur permettront de retirer une valeur ajoutée toujours plus conséquente de leurs relations, mais également mobiliser véritablement les collaborateurs, dans le cadre de leurs missions et face aux opportunités qui se présentent. L’étude indique, en l’occurrence, qu’un management plus ambitieux suffit parfois à orienter l’entreprise vers une meilleure stratégie de gestion des talents. La présence d’un dirigeant dynamique, doté d’une vision stratégique, du sens de la communication et des qualités relationnelles nécessaires pour fédérer les principaux intervenants autour de cet impératif, peut véritablement faire la différence.

»Mais, concrètement, quelles sont les initiatives que peuvent prendre les entreprises pour entamer cette collaboration avec leurs talents – aussi bien en interne qu’avec le personnel de leurs prestataires ? Nous ne saurions trop conseiller à celles qui souhaitent élever leur niveau de jeu de tenir compte des recommandations suivantes.



»1. Développer un état d’esprit qui reconnaît l’importance des talents et faire de la mobilisation des compétences en BPO une priorité

»J’ai vécu l’une des expériences professionnelles les plus enrichissantes de ma carrière il y a quelques années, lorsqu’Accenture et notre structure de BPO ont engagé une réflexion approfondie sur la manière dont nous allions impulser une nouvelle phase de croissance, alors même que l’économie mondiale continuait à marquer le pas et que le secteur de l’externalisation en général rencontrait des difficultés croissantes.

»En étroite collaboration avec nos pôles Marketing et RH, nous avons élaboré une stratégie “Grow BPO” qui visait à mobiliser et à rallier les énergies autour du développement de l’entreprise et de ses collaborateurs. Or, cette opération était bien davantage qu’une simple campagne marketing.

»Nous avons mis au point des programmes de formation complets pour nos forces vives afin de valoriser leurs qualifications. Nous avons demandé, et obtenu, de cadres internationaux qu’ils s’investissent dans ce programme. Et nous avons encouragé nos collaborateurs à faire bénéficier leurs collègues et la collectivité de leurs compétences et de leur expertise en les partageant autour d’eux.

»Surtout, nous avons invité les dirigeants à modéliser les comportements adéquats et à trouver les arguments capables de dynamiser les équipes et de les aider à mieux appréhender leur rôle dans la réussite de notre entreprise.

»Les résultats ont été remarquables, portés par l’extraordinaire participation de nos effectifs BPO à l’émergence d’idées nouvelles. Signe de réussite: la progression mesurable des niveaux d’implication de nos équipes BPO à travers le monde.



»2. Mettre au point des programmes de formation structurés, notamment pour les cadres

»La formation professionnelle des responsables de l’externalisation doit porter sur un très large éventail de qualifications –au-delà de celles indispensables à la supervision des opérations élémentaires. Les compétences nécessaires pour diriger un service composé de 500 comptables sont très différentes de celles requises pour mettre en adéquation les services avec les objectifs de l’entreprise ou gérer la relation avec un prestataire en externalisation.

»L’une des entreprises mentionnées dans l’étude HfS a imposé à son personnel d’encadrement trois heures hebdomadaires de formation à la gouvernance de l’externalisation. Cette initiative porte d’ores et déjà ses fruits: d’une part, elle améliore la satisfaction professionnelle et, d’autre part, elle fait progresser les principales missions d’externalisation de l’entreprise. Seul hic: dans la plupart des entreprises, la fonction formation ne dispose pas de l’envergure nécessaire pour concevoir des cursus spécialisés dans ce domaine. Le point positif, en revanche, est qu’il existe des programmes de qualité auprès de tiers. L’IAOP (International Association of Outsourcing Professionals), par exemple, propose des programmes de certification à plusieurs niveaux pour les dirigeants d’opérations d’externalisation, les cadres et leurs adjoints.



»3. Réactualiser les attentes et les modèles de compétences de l’équipe retenue

»Pour rompre avec une façon de voir surannée polarisée sur les compétences opérationnelles, certaines entreprises gèrent les qualifications stratégiques en redéfinissant les modèles de compétences professionnelles des individus en charge de la gestion des prestataires de services.

»Une entreprise de l’étude HfS est même allée jusqu’à embaucher l’équipe pressentie avant d’avoir sélectionné un prestataire. Son dirigeant s’en est justifié en expliquant que si nombre des collaborateurs en place étaient experts dans le mode opératoire en vigueur depuis 20 ou 30 ans, ils ignoraient tout des possibilités actuelles. Ce dirigeant a même recruté des candidats expérimentés dans le développement de l’innovation.

»La relation de BPO, par essence collaborative, implique le recrutement, la valorisation et la mobilisation des talents. Donneurs d’ordre et prestataires de services doivent aussi collaborer avec leurs propres effectifs. La direction de l’entreprise doit avoir la volonté et les moyens de transformer ses méthodes de développement et de gestion des talents –et, concurremment, les prestataires BPO doivent relever le défi. La valeur ajoutée du BPO à long terme est essentiellement fonction de la capacité à gérer les talents du prestataire de services dans la lignée de ceux de l’entreprise.»



Le Journal du Net, Fabrice Dersy, Directeur activité Externalisation des processus, Accenture France/Benelux







2013/12/26

«Valoriser et stimuler la nouvelle génération d’entrepreneurs. 16e Concours québécois en entrepreneuriat au Centre-du-Québec»




«Les coprésidents d’honneur du gala régional, Martin Dupont, président de l’ARDECQ, et Lionel Fréchette, président de la CRÉ du Centre-du-Québec, posent en compagnie de Christian Gagné Pageau, président de Technologies CGP, qui avait remporté le premier prix dans la catégorie “Services aux entreprises”, Félix Morin, un des membres du projet l’Entre-Clubs du Cégep de Drummondville, lauréat du prix de l’Association des clubs d’entrepreneurs étudiants, et Martin Rivard, de Système Lyko, qui avait gagné le premier prix dans la catégorie “Innovations technologique et technique”. Photo: Ghyslain Bergeron.»



«Le coup d’envoi du volet centricois de la 16e édition du Concours québécois en entrepreneuriat a été donné le 17 décembre par Martin Dupont, président de l’Association régionale de développement économique du Centre-du-Québec (ARDECQ), et Lionel Fréchette, président de la Conférence régionale des élus (CRÉ) du Centre-du-Québec. Cette compétition vise chaque année à promouvoir la culture entrepreneuriale tant auprès des jeunes, du primaire à l’université, qu’auprès des tout nouveaux entrepreneurs.

»“D’une part, les cinq Centres locaux de développement (CLD) du Centre-du-Québec sont engagés quotidiennement dans la création d’entreprises. Le concours représente un outil extraordinaire pour appuyer les efforts de ces nouveaux entrepreneurs et pour mettre en valeur la qualité des nombreux projets qui défilent sous nos yeux au cours d’une année. D’autre part, nous croyons fortement que le volet “Entrepreneuriat étudiant” du concours permet aux jeunes de se découvrir une fibre entrepreneuriale. Nos futurs entrepreneurs se trouvent sur les bancs d’école, quelle belle occasion de les stimuler à poursuivre dans cette voie!”, a exposé M. Dupont, également coprésident d’honneur du gala régional, soulignant que l’an dernier, le Centre-du-Québec s’était bien distingué en remportant trois prix nationaux.

»De son côté, M. Fréchette, aussi coprésident d’honneur du gala, a tenu à souligner la pertinence d’un tel événement pour la région : “La CRÉ du Centre-du-Québec s’associe au concours québécois depuis plusieurs années, entre autres, pour les valeurs qui en font partie telles que la créativité, l’innovation, l’effort, la rigueur, le développement. De plus, la qualité des projets d’affaires présentés année après année dans notre région témoigne de sa santé économique et la fait rayonner jusqu’à l’échelle provinciale.”

»Les nouveaux entrepreneurs pourront déposer leur projet d’affaires dans l’une des sept catégories, à condition que l’entreprise concernée n’ait pas enregistré de revenus de vente avant le 1er avril 2013. Un projet de création d’une entreprise au Québec, dont le démarrage est fixé, au plus tard, au 31 décembre 2014, peut également être admissible.

»Un total de 12 500 $ sera remis en bourses pour ce volet.

»“Nous souhaitons recevoir une cinquantaine de candidatures”, laisse entendre M. Dupont, précisant que l’ARDECQ s’investit depuis 16 ans dans l’organisation du concours.

»L’invitation à s’inscrire est également lancée aux élèves du primaire, du secondaire, de la formation professionnelle, de l’éducation des adultes, du collégial et de l’université qui ont réalisé et complété un projet entrepreneurial ou parascolaire au cours de la présente année, soit de juin 2013 à juin 2014. Plus de 4500 $ seront versés en bourses pour les projets provenant du volet “Entrepreneuriat étudiant au Centre-du-Québec”.

»Les personnes peuvent s’inscrire en communiquant avec le CLD de leur MRC ou leur commission scolaire. Il est également possible de trouver des renseignements complémentaires au www.concours-entrepreneur.org . La date limite pour s’inscrire est fixée au 17 mars 2014, à 16 h.

»Le jury régional du concours délibérera au cours du mois d’avril afin de sélectionner les projets gagnants.

»La remise des prix régionaux aura lieu le 7 mai sur le territoire du CLD de L’Érable, plus précisément à la Salle Firmin-Roy de Villeroy.

»Par la suite, les lauréats régionaux seront invités au gala national qui aura lieu sous la présidence d’honneur de Caroline Néron le 18 juin au Centre des congrès de Québec. À cette occasion, les bourses remises aux gagnants totaliseront plus de 600 000 $.



»Deux prix régionaux s’ajoutent

»Considérant que la relève d’entreprise constitue un enjeu important pour la région, la Table d’action en entrepreneuriat du Centre-du-Québec a établi un partenariat avec l’ARDECQ en vue d’offrir le prix “Transmission d’entreprise”, par le biais du Programme d’aide à l’entreprenariat. L’entreprise gagnante méritera une bourse de 2000 $.

»Femmessor Centre-du-Québec renouvelle également son partenariat avec l’ARDECQ pour décerner une bourse de 1000 $ à l’une des femmes ayant déposé sa candidature dans l’une ou l’autre des catégories officielles du Concours québécois.»



Journal L’Express, Cynthia Giguere-Martel







2013/12/25

«Une initiative européenne pour développer l’innovation technologique ferroviaire»



«Le 16 décembre, la Commission européenne a adopté une proposition française visant à créer au niveau européen une initiative technologique conjointe dans le champ de l’innovation ferroviaire.

»Les ministres Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur et Recherche), Frédéric Cuvillier (Transports) et Thierry Repentin (Affaires européennes), se réjouissent, dans un communiqué commun, de l’adoption, le 16 décembre, par la Commission européenne de la proposition “visant à créer au niveau européen une initiative technologique conjointe dans le champ de l’innovation ferroviaire, reconnaissant ainsi le caractère stratégique de ce secteur pour la compétitivité européenne”.

»Les trois ministres placent de grands espoirs dans cette nouvelle initiative public-privé, dénommée Shift2Rail, qui permettra de développer dans les années à venir ces nouvelles technologies vitales pour conserver le leadership mondial de l’industrie ferroviaire française et européenne. Pour les ministres, “l’innovation dans ce secteur est d’autant plus importante qu’elle est porteuse d’emplois et qu’elle contribue à rendre le transport ferroviaire toujours plus attractif pour tous”.

»Avec des activités de R&D générées à hauteur de plus d’un milliard d’euros au cours des prochaines années, conjointement financées par l’Union européenne et par l’industrie, Shift2Rail “sera un instrument incontournable pour relever ces défis dans le champ de l’industrie ferroviaire”, concluent les ministres.»



Le Moniteur







2013/12/24

«Dataconnexions #4 : Découvrez les huit lauréats de cette édition!»



«La 4e édition du Concours Dataconnexions, organisée par la mission Etalab placée au sein du Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique, dévoile ses lauréats!

»C’est Frédéric Mazzella, Fondateur de la société BlaBlaCar, qui présidait cette fois le Jury composé d’une trentaine de personnalités du monde numérique et de la sphère économique qui a sélectionné les lauréats.

»Ce Jury a fait le choix de distinguer pour cette quatrième édition huit projets innovants: Open Food Facts, Open Meteo Forecast, Calendeev, Le-veilleur.fr, Guido, Vamos a La Playa, Metanol et CuteGIS.

»Les prix ont été remis aux lauréats à l’occasion de la Cérémonie de Clôture organisée le 4 décembre et accueillie par le Groupe La Poste, l’un des partenaires de Dataconnexions, en clôture du “Lab Postal 2013”.

»La mise à disposition des données publiques est une ressource précieuse qui permet à de jeunes créateurs d’entreprise d’imaginer des nouveaux services et de produire de la richesse économique. Cette stimulation de l’innovation économique et sociale, au bénéfice de l’intérêt général, de la croissance, de la création de nouveaux services et de nouveaux emplois, fait partie des enjeux essentiels de la politique d’ouverture et de partage des données publiques.

»Crées en 2012 et organisés trois fois par an, les Concours Dataconnexions récompensent les meilleures applications, services ou visualisations de données qui réutilisent des données publiques. Ils stimulent l’innovation et permettent aux porteurs de projets d’interagir avec un réseau de professionnels susceptibles d’accompagner leur développement (administrations, entrepreneurs, investisseurs, entreprises, pôles de compétitivité, centres de recherche, organismes de soutien à l’innovation...).

»Ils permettent également aux promoteurs de la modernisation de l’action publique de rencontrer des innovateurs agiles et créatifs, et de découvrir de nouvelles stratégies de réutilisation des données.

»Ces concours —et la communauté qu’ils animent— sont ainsi de puissants contributeurs à la dynamisation de l’écosystème français des données publiques.

»Les quatre éditions du Concours Dataconnexions ont déjà permis de recenser près de cent-cinquante projets et de récompenser vingt-cinq lauréats, dans des secteurs aussi variés que les transports, le tourisme, le logement, les services d’intérêt général (accessibilité)...

»Liste des lauréats de Dataconnexions #4:



»Lauréat Catégorie Grand Public: Open Food Facts

»Plus de transparence dans nos assiettes grâce aux données ouvertes!

»Open Food Facts est une base de données ouverte sur les produits alimentaires du monde entier. Elle permet de décrypter les étiquettes (ingrédients, codes des additifs comme E150d, huile de palme, allergènes) et de comparer facilement les produits entre eux (apports nutritionnels, provenance et circuits de fabrication...).

»Il suffit de scanner le code barre avec l’app iPhone, Android ou Windows Phone pour obtenir les informations sur un produit ou en ajouter de nouveaux.

»700 personnes ont déjà contribué 14000 produits, rejoignez nous!

»http://fr.openfoodfacts.org

»Contact: Stéphane Gigandet [...]



»Lauréat Catégorie Utilité Publique: Open Meteo Forecast

»Open Meteo Forecast est un projet collaboratif développé par l’Open Meteo Foundation. A partir de données publiques sur l’atmosphère et la géographie, l’association fait tourner son propre modèle météo pour fournir des prévisions affinées, intégrant notamment les effets météo locaux. Les prévisions d’Open Meteo Forecast couvrent à ce jour toute l’Europe et sont rediffusés en opendata.

»Nos comportements et activités sont largement déterminés par les conditions climatiques, et 25 à 35 % du PIB serait impacté par la météo (source: MetNext). De nombreux secteurs économiques y sont sensibles: vente de produits alimentaires, tourisme, production et distribution d’énergie, agriculture...

»En mettant la donnée météo à la portée de tous, l’Open Meteo Foundation souhaite faire collaborer scientifiques, entrepreneurs et utilisateurs pour développer de nouveaux usages et stimuler l’innovation autour des données météorologiques.

»http://fr.openmeteofoundation.org et http://fr.openmeteoforecast.org

»Contact: Nicolas Baldeck [...]



»Lauréat Catégorie Professionnel: Le-Veilleur

»Travailler avec le secteur public voilà une idée qui a effleuré beaucoup d’entreprises. Tout le monde a le droit d’y participer, encore faut-il être en mesure d’identifier les bonnes opportunités. Chaque année, c’est plus de 500 000 opportunités qui sont ainsi diffusées sur des milliers de sites internet.

»Le-veilleur.fr est le premier moteur de recherche visant à simplifier l’accès à la commande publique pour les entreprises, en rendant les opportunités commerciales visibles et accessibles à tous.

»Le moteur utilise un algorithme innovant et consulte tous les sites internet sur lesquels les opportunités publiques sont diffusées.

»Le-veilleur.fr redirige les utilisateurs directement vers la page d’origine de l’acheteur public. Une version 1.0 du moteur est opérationnelle en version beta, le projet poursuit son développement. Avec le-veilleur.fr, la quantité de site internet à surveiller n’a plus d’importance pour vous!

»www.le-veilleur.fr

»Contact: Steve Ciré [...]



»Lauréat Catégorie Services de Proximité: Calendeev

»Calendeev est un agenda de sortie personnalisé qui vous accompagne au quotidien en vous proposant en temps réel les meilleures sorties culturelles, sportives et autres manifestations afin qu’aucun de vos événements favoris ne vous échappe.

»Vous aimez à la fois assister aux matches de rugby, aller au théâtre ou souhaitez connaître toutes les dates de spectacles pour vos enfants? Rien de plus simple! Vous créez vos propres abonnements sur l’application en fonction de vos catégories d’événements préférées, de vos artistes ou lieux de sortie favoris ou même des recommandations de vos amis.

»Calendeev se charge du reste: l’application vous recommande alors les meilleures sorties autour de vous en fonction de vos abonnements. Vous pouvez également faire une recherche d’événements par date, lieux ou villes. Où que vous soyez, dans votre ville ou partout en France, vous restez informé sur les sorties qui vous intéressent. L’application Calendeev est gratuite et disponible dès maintenant sur iPhone / Android et sur www.calendeev.com. Calendeev. Vos goûts. Vos sorties. Une appli.

»www.calendeev.com

»Contact: Julien Hénot [...]



»Co-Lauréat Catégorie Evasion: Guido

»Guido enrichit votre expérience de l’autoroute! Nous avons tous vécu l’ennui des longs trajets sur l’autoroute. Nous nous posons des questions sur les régions traversées. Qu’est-ce? Pourquoi? C’est beau, remarquable! Quelques panneaux nous signalent des points d’intérêt mais posent plus une question qu’ils n’apportent une réponse.

»Guido répond à votre curiosité, et transforme ces trajets contraints et ces heures perdues en parcours de découverte. Guido est une application qui émet des messages audio, concis, déclenchés automatiquement au rythme des paysages qui défilent, et annonce à l’approche d’une sortie, des idées de pause culture, nature ou terroir à proximité immédiate. Un site internet permettra de préparer le trajet, de personnaliser l’accompagnement en indiquant ses préférences. Et de partager son voyage au retour.

»Le projet est en cours de développement.

»Contact: Nadine Pédemarie [...]



»Co-Lauréat CatégorieEvasion: Vamos A La Playa

»Vamos a la Playa est solution au service des usagers des plages et zones de baignade. La solution propose à ses utilisateurs (résidents, touristes...) de découvrir les zones de baignade et de communiquer sur leurs impressions: ils peuvent d’abord s’informer sur la météo, les activités, la qualité de l’eau, la fréquentation, l’accessibilité, et partager sur place des alertes et des messages localisés (méduses, pollution, plage surchargée...).

»Cette communauté d’usagers permet de créer un réseau social de niche dans lequel des discussions et des échanges peuvent se créer et se développer. Le service cible dans un premier temps le littoral Français (DOM-TOM compris) puis cherche à s’étendre à l’ensemble des zones de baignade (plages, lacs, rivières,...) en Europe et dans le Monde. Fort de sa communauté, Vamos a la Playa évoluera pour proposer un outil pour les professionnels du tourisme, des loisirs, du CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants), de l’événementiel intervenant dans ce secteur tout au long de l’année.

»www.vamosalaplaya.eu

»Contact: Marc Alcaraz [...]



»Co-Lauréat Catégorie Territoires: Métanol

»Métanol facilite la démarche des collectivités et services de l’État qui s’engagent dans l’ouverture et le partage des données publiques, et favorise la rencontre des ces données avec leurs communautés. La solution rediffuse en effet en temps réel, par l’intermédiaire d’un widget intégré au site d’une collectivité ou d’un partenaire, un extrait ciblé des données de data.gouv.fr relatives à un territoire ou à une thématique.

»L’accès à Métanol se fait très simplement via une inscription en ligne sur www.donnees-libres.fr.

»La plateforme de services aux collectivités et ministères Données-libres.fr est développée par Easter-eggs, société de service en logiciel libre depuis 1997, labellisée Entreprise de l’Economie Solidaire depuis mai 2013.

»www.comarquage.fr

»Contact: Pierre-Yves Dillard [...]



»Co-Lauréat Catégorie Territoires: CuteGis

»Vous êtes une collectivité territoriale, une association ou une entreprise, et vous aimeriez faciliter l’accès aux données cartographiques dont vos administrés ou employés ont besoin au quotidien? Vous voudriez publier et partager facilement les données géographiques que vous produisez? Vous souhaiteriez développer de nouveaux services en utilisant des données géographiques de différents fournisseurs?

»CuteGIS est une plateforme Open Source qui propose de publier facilement des données mais aussi des objets géographiques et d’organiser ses sources de données dans un catalogue simple d’utilisation. L’application offre une solution ergonomique pour créer et partager en quelques clics des cartes personnalisées. Elle facilite l’échange et la réutilisation de données géographiques, permet de collecter de nouvelles données géoréférencées et de créer de véritables écosystèmes de données pour développer des applications spatialement intelligentes. CuteGIS répond aussi bien aux besoins des producteurs de données qui souhaitent diffuser facilement et efficacement leurs données géographiques sur Internet qu’à ceux des utilisateurs qui souhaitent accéder à ces données sans devoir apprendre à maîtriser des outils SIG complexes.

»www.cutegis.fr

»Contact: Christophe Rousson [...]


»Dossier complet: Dataconnexions#4 - Communique et Palmares from Etalab on SlideShare»



Etalab







Collection d’articles sur innovation du 17 au 20 décembre





Atlantico, «La désindustrialisation nous condamne-t-elle à vivre dans un désert d’innovations ?»


Davi Lira, «Rede social democratiza acesso à inovação acadêmica»


Dean Takahashi, «IBM reveals its top five innovation predictions for the next five years»


El Economista, «Brasil fica na penúltima posição em ranking de competitividade entre 15 países, aponta CNI»


el Periódico, «Barcelona busca evolucionar de la mano de la innovación abierta»


Elena Arrieta, «BBVA da un paso al frente en big data»


Europa Press, «Organizados por la Asociación Internet & Euskadi: El blog de Caja Laboral bancaparaempresas.com y la red social Spotbros, premios Buber Sariak 2013. Galardonados también la web de difusión de patrimonio Reharq.com; el portal del movimiento asociativo vitoriano y Euskalkultura.com»


Gabriela Costa, «Mudança na comunidade educativa faz-se com inovação»


Gabriela Costa, «Luís Simões: Trabalho, persistência e complementaridade»


Hostnews.es, «Thinktur impulsará la creación de una plataforma tecnológica europea y latinoamericana del turismo»


Kevin Gavin, «Pittsburgh: A Hive of Learning Innovation. The Pittsburgh region will continue as a “Hive Network”»


Litza Mattos, «Sem investimento e inovação, combate à criminalidade cai»


Marco Vaza, «A melhor táctica é marcar um autogolo»


New Indian Express, «Second Innovation Lab of India Opens for Bangalore Kids»


O País, «PTF emociona embaixador de Portugal»


Patrick Van Campenhout, «Près de 2 milliards pour l’innovation et les PME belges. C’est la part du programme de développement européen de 79 milliards d’euros»


Pierre-Marie Mateo, «L’économie israélienne dépend du succès de l’innovation technologique»


SourceWire News Distribution, «Tech innovation gives children in hospital a magical escape at Christmas»


Tribuna do Norte, «Inovação, superação e projetos em cinco histórias de sucesso empresarial»


Yves Vilagines, «Air Liquide inaugure un “fab lab” à Paris»







2013/12/20

«Air Liquide inaugure un “fab lab” à Paris»



«L’innovation des grands groupes a besoin d’air. A Paris, le numéro un mondial des gaz industriels, Air Liquide, vient d’inaugurer i-Lab, une structure d’expérimentation, ouverte sur l’extérieur et axée sur les usages. Sa mission est d’aller, le plus vite possible, de l’idée disruptive à la preuve de concept... ou pas. “Une grande entreprise a tendance à fuir l’erreur. Or, c’est en faisant des erreurs que l’on apprend”, reconnaît François Darchis, membre du comité exécutif en charge de l’innovation.

»Chez Air Liquide, 6.000 personnes travaillent dans l’innovation dont 1.000 chercheurs dans 8 centres de R&D à travers le monde. Le groupe a consacré, l’an dernier, 257 millions d’euros à l’innovation. I-Lab représente 2,5 % de ce budget et 15 personnes. Une goutte d’eau… mais avec deux missions stratégiques.


»Identifier les défis de demain

»C’est d’abord un think tank chargé d’identifier les défis de demain, qui donneront cinq ou six “champs de bataille”. I-Lab est ensuite un “fab lab”, une structure de prototypage, équipé d’un scanner 3D, d’imprimantes de fabrication additive ou 3D, d’un laser de découpe… “Nous avons remis à plat le dispositif interne d’innovation”, explique Olivier Delabroy, directeur R&D d’Air Liquide. “60 % de nos projets de R&D sont déjà des projets en "open innovation" avec une autre entreprise et/ou une structure académique. Mais, en innovation, le "one size fits all" ne fonctionne pas. Deux tiers de nos projets sont structurés, il nous faut aussi des projets exploratoires.”

»C’est l’objectif, par exemple, du programme Flex Time, mis en place en mai 2013 : 500 chercheurs peuvent consacrer 10 % de leur temps à des idées plus personnelles. Sur les 90 projets soumis et acceptés, 15 sont en rupture et seront supportés par i-Lab dans les domaines de l’énergie, de l’alimentation, de l’environnement et même de la production d’eau.»



Les Echos, Yves Vilagines







2013/12/19

«L’économie israélienne dépend du succès de l’innovation technologique»



«Fort exportateur de technologies et doté d’une population tournée vers l’entrepreneuriat, le petit Etat juif est un grand de l’innovation.

»Interview d' Edouard Cukierman, Managing Partner de Catalyst Equity Managementet co-auteur de l’ouvrage “Israël Valley : le bouclier de l’innovation technologique”.


»L’Atelier : Vous avez intitulé votre livre: “Israël Valley, le bouclier technologique de l’innovation”. Pouvez nous nous expliquer cette notion de bouclier?

»Edouard Cukierman : La notion de bouclier est très différente en Hébreu par rapport à ce que l’on connaît en Europe. Elle est constitutive de la création de l’Etat israélien avec le bouclier de David par exemple. La dimension technologique est tout aussi importante. La technologie a permis à ce pays de se défendre et de développer un avantage compétitif par rapport aux pays environnants. On le doit en partie aux vagues d’immigration successives et notamment à la dernière vague massive constituée d’immigrants russes. 37% de ceux-ci étaient dotés d’un diplôme d’ingénieur et ont profondément impacté la population. En effet, 1 million de personnes est arrivé, ce qui représentait 20% de la population ! Enfin, n’oublions pas la notion de bouclier économique. Le pays s’est construit sur une période courte et son économie fait partie intégrante des pays de l’OCDE.

»Justement, quel est le poids du “High tech” dans l’économie israélienne ?

»Plus de 50% de l’exportation israélienne provient de la High tech et le reste est en fait composé de ce que l’on appelle la “mid” et la “low tech”. Presque toute l’exportation est donc liée à la technologie et à l’innovation. En effet, la High tech constitue la locomotive d’une économie en croissance de 4 à 5% ces dernières années. Cette économie dépend en fait du succès de l’innovation technologique car le marché intérieur n’est pas très important. L’exportation et la revente de startups génèrent donc des gains importants.

»Dans votre livre, on remarque la dimension importante prise par la relation entre l’armée et le civil...

»Dans les chiffres, les transferts de technologie sont limités entre le militaire et le civil. Le vrai avantage à tirer de la dimension militaire est à trouver dans le fait que très jeunes, la population est amenée à avoir des responsabilités importantes et à utiliser des technologies de premier rang (NDLR : Le service militaire est obligatoire en Israël pour des durées minimales de 3 ans et 22 mois respectivement pour les hommes et les femmes). Cette expérience s’avère être un bagage très pratique, rempli de travaux en équipe et très formateur en vue de la constitution de startups technologiques. L’intérêt du domaine militaire est donc indirect.

»A-t-on affaire à une population d’entrepreneurs ?

»Effectivement, un esprit entrepreneurial très fort ressort de la population israélienne. Je dirais que le maître-mot est le culot ! Prendre des risques, échouer et recommencer sont monnaie courante. En tant que Venture Capitalist, je reçois régulièrement des gens avec des idées originales, voire fantaisistes. Le fait même d’approcher des investisseurs avec de telles idées ou projets est remarquable et rend mon métier passionnant. Cet esprit tourné vers l’innovation se retrouve également dans le système éducatif. Les universités poussent les étudiants et les professionnels à développer leurs innovations. L’activité de “licensing” au sein des universités est très développée. Des activités comme la vente de brevets ont rapporté plus de 400 millions de dollars au seul Weizmann Institute en 2013. Enfin, au risque de paraître caricatural, on retrouve un esprit de challenge dès l’enfance grâce à la mère juive.

»Israël a également mené très tôt un programme national d’incubateurs...

»Le programme initial a débuté dès les années 1990, notamment afin de faciliter l’intégration de l’immigration russe. 24 incubateurs gouvernementaux ont ainsi été mis en place mais très vite l’Etat s’est rendu compte qu’il serait difficile d’en sortir des “success stories” avec son mode de gestion. Ils ont donc été privatisés et se sont au fur et à mesure spécialisés. Leur mandat de gestion délivré pour des périodes de 10 ans permet d’avoir une vision à long terme. Ces incubateurs travaillent très étroitement avec les universités et l’Etat fournit des financements sans garantie. Avec un budget moyen de 500 000 dollars par projet, 350 000 proviennent du financement public qui est remboursé seulement en cas de succès et ce, sans que l’Etat ne prenne de participation dans la startup.

»Votre livre décrit également un formidable accès au capital-risque...

»L’investissement par les Venture Capitalists se fait à 85% dans le “early stage” (NDLR : la phase d’amorçage). Pour comparaison, en Europe, l’investissement est concentré à 80% en “late stage”.

»Cependant, le fait qu’il soit de plus en plus long de pouvoir sortir de l’investissement fait que la situation change. La durée de vie d’un fonds investisseur dans ce domaine est généralement limitée à 10 ans quand il peut en falloir désormais 12 pour se désengager. Le fait de coter en bourse à Tel Aviv des startups est une solution qui permet de remplacer des actionnaires fatigués.

»La “Cleantech” qui regroupe par exemple les problématiques relatives à l’accès et à l’économie d’eau ou bien aux énergies renouvelables sont-elles des problématiques d’avenir étant donnée la situation géographique d’Israël ?

»Il s’agit d’un secteur intéressant, tant pour des problématiques de durabilité que de rareté de l’énergie. Mais en tant que Venture Capitalist, je n’attends pas de succès venant de ce côté là. Je suis moins enthousiaste que pour les domaines de la santé ou de l’IT. Google, Cisco ou Johnson & Johnson sont des entreprises habituées à l’acquisition de startups qui développent des solutions innovantes. Ce n’est pas le cas dans le domaine de l’énergie qui est contrôlé par des mastodontes qui n’ont pas pour habitude d’intégrer des startups et qui ne savent pas les gérer.

»Quels sont donc les secteurs d’avenir pour les startups ?

»Les technologies relatives au cerveau ou la Nanotech sont des secteurs très porteurs. Une vingtaine de centres de recherche sont dédiés à la nanotechnologie en Israël et beaucoup de moyens y sont investis. Le domaine de la sécurité Internet est également en vue puisqu’il concerne à la fois les consommateurs et les Etats. L’agrotech va se développer et Israël y possède un avantage en termes de compétences. On trouve en effet dans le pays la plus grande université dédiée à l’agronomie au monde.

»Israël exporte beaucoup ses technologies. Quelles relations pour l’Etat Hébreu avec les BRICs qui constitueront les nouveaux géants ?

»Pendant longtemps, le marché américain constituait la voie à investir par excellence. Il est encore très important puisque c’est le premier débouché à l’exportation. Mais il ne faut pas oublier l’Europe qui intéresse beaucoup les Israéliens. L’Europe, c’est le premier partenaire économique pour Israël. Si pendant longtemps, les sociétés israéliennes avaient pour objectif d’être cotées au Nasdaq, beaucoup se sont tournées vers l’Europe et notamment vers la place financière de Londres.

»Mais les BRICs forment un débouché extrêmement important en ce qui concerne l’exportation. Dans notre fonds, des acteurs de Private Equity chinois ont fait leur entrée, ainsi que des fonds souverains russes. Nous cherchons également des investisseurs brésiliens et indiens pour aider les entreprises israéliennes à se déployer sur ces marchés. Si l’investissement par les BRICs sur le marché israélien est quelque chose de nouveau, il s’agit d’une tendance grandissante. Récemment, nous avons reçu une soixantaine de dirigeants de groupes chinois, et notamment Lenovo, principal concurrent de HP. Son dirigeant m’a confié que compte tenu de la difficulté d’acquérir des technologies américaines pour des sociétés chinoises, Israël constituait une opportunité de choix.»



L’Atelier, Pierre-Marie Mateo







2013/12/18

«Près de 2 milliards pour l’innovation et les PME belges. C’est la part du programme de développement européen de 79 milliards d’euros»



«La machine européenne vient d’accoucher d’un plan très ambitieux visant à doper l’innovation, la création d’entreprises et partant, la création d’emplois nouveaux au sein de l’Union européenne (UE). Un plan ambitieux et surtout richement doté puisqu’en théorie, c’est une enveloppe de 79 milliards d’euros qui va s’ouvrir aux projets des entrepreneurs et des chercheurs européens intéressés. Ce qui en fait d’évidence la source de financement de l’innovation et de la recherche la plus alléchante du moment. Dans ce total, une part évaluée à près de deux milliards d’euros ira à des projets “made in Belgium”. Comme tout méga-projet européen, celui-ci a fait naître des entreprises dont le rôle est de piloter des porteurs de projets en rognant une partie des budgets qui leur seraient alloués dans le cadre du projet. C’est que la mécanique, si elle reste un peu complexe, est avant tout suffisamment juteuse pour attirer des entrepreneurs potentiels capables d’enrichir le tissu des PME européennes, notamment, et de créer des emplois nouveaux. Or, le projet qui va démarrer dans quelques semaines et court jusqu’en 2020 est réputé bien plus simple d’accès que ce ne fut le cas dans le passé.


»Défis sociétaux et marchés dérivés

»Qui est visé par ce programme ? De manière prioritaire, les entrepreneurs ou les chercheurs concernés par les grands défis sociétaux comme la santé, la sécurité ou l’environnement. Le principe étant d’établir dans les disciplines concernées une prééminence stratégique. Comment est-il décliné ? Il s’agit après étude des dossiers proposés, d’accompagner financièrement et stratégiquement des projets, de la recherche à la commercialisation en passant par la mise en place des structures. L’accès au financement est simplifié en théorie, et est ouvert aux particuliers, entreprises et universités des pays de l’Union et... au-delà.


»Opportunité à saisir

»En quoi est-ce une opportunité ? Pour l’avocat Christophe Boeraeve qui a étudié la question dans le but d’accompagner certains de ses clients en recherche de financement, “il y a dans ce programme une opportunité énorme par rapport à ce qui s’est fait auparavant. Les entreprises naissantes avec de beaux projets ont besoin d’argent. Les banques en ont, mais elles prêtent en prenant beaucoup de garanties et en faisant payer des intérêts importants, suite à la crise financière. Ici, la Commission propose un ‘funding’ énorme, sans intérêt, avec assez peu de contraintes pour le démarrage des projets, avec, pour répondre aux critiques relatives aux anciens programmes, un minimum de supervision et pas d’intrusion dans la gestion du projet mais par contre, un système de coaching efficace très intéressant pour les entrepreneurs”.


»Trois phases

»Le programme s’établit en trois phases dont la première, rapide, permettra aux entreprises naissantes de mettre le pied à l’étrier, après validation de leur projet, avec une subvention de 50 000 euros. Toutes ne seront pas élues, mais on peut estimer qu’un peu plus d’un projet sur dix sera accepté. La seconde phase intervenant six mois plus tard consistera dans le financement de la recherche, le développement, la démonstration ou le prototypage et l’analyse de la chaîne de production (ou le déploiement), avec une dotation moyenne allant jusqu’à trois millions d’euros sur 12 à 24 mois. La troisième phase, soit la commercialisation, serait financée via divers outils financiers adossés à l’enveloppe restante. “Il faut y ajouter un ‘business coaching’ adapté. Des experts et coachs européens sont déjà recherchés par la Commission”, explique encore Maître Boeraeve. Pratiquement, le projet global est un peu flou ou souple, à cet égard, puisqu’il est question ici de viser des résultats plutôt que des objectifs théoriques. Et la Belgique est idéalement positionnée pour ce faire. Tania Van Loon, directrice du point de contact pour la Région bruxelloise, entre les porteurs de projets et la Commission, estime que sur la base du précédent programme de développement des entreprises (FP7), “on peut estimer que les projets belges réuniraient 2,6 % environ du total des subventions. En supposant que la Belgique garde les mêmes performances dans le programme H2020 - avec des taux de soumission et des taux de réussite similaires, on pourrait imaginer que la Belgique ‘capte’ un peu plus de deux milliards d’euros sur les 79 milliards du programme”.»



La Libre, Patrick Van Campenhout







2013/12/17

«La désindustrialisation nous condamne-t-elle à vivre dans un désert d’innovations ?»



«A la suite de la remise par Anne Lauvergeon du rapport sur l’innovation en France, François Hollande a lancé début décembre le concours mondial de l’innovation, qui vise à financer de nouveaux projets. “L’innovation, c’est la croissance de demain”, a-t-il expliqué. Reste à savoir si ce concours Lépine à grand échelle parviendra à empêcher la désindustrialisation rampante en France. Premier épisode de notre série “Ce qu’on perd en perdant l’industrie”.

»Rémy Prudhomme est professeur émérite à l’Université de Paris XII, il a fait ses études à HEC, à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de l’Université de Paris, à l’Université Harvard, ainsi qu’à l’Institut d’Etudes Politique de Paris.

»Frédéric Fréry est professeur à ESCP Europe où il dirige le European Executive MBA. Il est membre de l’équipe académique de l’Institut pour l’innovation et la compétitivité I7. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles, dont Stratégique, le manuel de stratégie le plus utilisé dans le monde francophone


»Atlantico : Si la France se place très bien au sein du classement Thomson Reuters (voir ici) des entreprises les plus innovantes, elle le fait par le biais d’entreprises industrielles. Quel est le lien entre industrie et innovation ? Sont-elles nécessairement liées l’une à l’autre ?

»Rémi Prudhomme : D’abord, le mot d’innovation mérite d’être précisé puisqu’il s’étend, pour faire large, du concours Lépine à des classements comme celui de Thomson Reuters. Dans ce dernier, le critère utilisé est pertinent puisqu’il s’agit du nombre de brevets déposés, du nombre de pays dans lesquels ils sont déposés, de leur niveau de popularité, etc. On est donc très loin de ce concours lancé par le gouvernement, qui lui, ne tombe pas très loin du concours Lépine. C’est très bien d’encourager à l’invention, mais il est important de bien faire la différence avec ce que l’on appelle innovation.

»A 80 % ou presque, les entreprises qui apparaissent dans ce classement sont des entreprises industrielles, cela est vrai pour tous les pays et ce n’est pas un hasard. En effet, une banque qui inventerait un produit financier nouveau ne pourrait pas le breveter au sens commun où on l’entend. De la même manière, une entreprise qui innoverait dans des techniques managériales, aussi révolutionnaires soient-elles, ne pourrait pas figurer dans ce classement. Les brevets servent essentiellement à la création de biens et les entreprises de services ne peuvent donc pas apparaître là. Ainsi, il n’est pas possible de lier totalement innovation et industrie mais une certaine innovation, celle qui repose sur les brevets et l’industrie.

»De là peut être tirée avec prudence une conclusion : une bonne partie des progrès de productivité – cousins de l’innovation – se produit dans l’industrie. Ce qui explique que nous soyons, dans nos sociétés développées légèrement en panne de progrès de productivité.


»La désindustrialisation risque-t-elle, en entraînant la disparition de ces entreprises, de faire perdre à la France sa place de nation innovante ? Quelle part de cette innovation est-elle directement liée à l’industrie ?

»Rémi Prudhomme : Il est clair qu’une désindustrialisation toujours croissante de la France pourrait effectivement lui faire perdre ce statut. Toutefois, les difficultés économiques de la France ne sont pas directement liées à cela et ainsi on pourrait imaginer que la situation du pays s’aggrave mais que ces compagnies continuent d’innover et de faire d’importants bénéfices. En effet, une partie de la recherche dans ces grands groupes se trouve déjà déportée à l’étranger. Ainsi, si de bons ingénieurs français partent travailler pour des entreprises françaises à l’étranger, le contexte économique, en continuant de se dégrader, n’aurait qu’un impact limité sur ces entreprises très internationalisées.

»Frédéric Fréry : Il est difficile de répondre à cette question ; notamment parce que le phénomène de désindustrialisation est en partie expliqué par une confusion statistique. Depuis quelques décennies, beaucoup d’entreprises industrielles ont décidé d’externaliser des services qu’elles avaient auparavant en interne : la restauration, le gardiennage, la sécurité, etc. D’après certains spécialistes, au moins un tiers de la diminution de l’emploi industriel en France n’est pas dû à la diminution de l’activité industrielle, mais au transfert de ces personnes des conventions collectives de l’industrie vers les conventions collectives des sociétés de services.

»Il est donc difficile de dire ce qui se limite à l’activité industrielle et ce qui se limite à l’activité de services, puisque les frontières entre les deux sont poreuses. Il est difficile d’imaginer une activité de services qui n’aurait pas un substrat en termes de produits, tout comme n’importe quel produit industriel est avant tout conçu pour remplir un service.


»Si la France possède d’importantes entreprises innovantes - qui pourraient un jour la quitter -, notre pays pourra-t-il se tourner vers les universités pour prendre le relais de l’innovation comme c’est le cas chez certains de nos voisins, notamment américains ? Les deux types d’innovation sont-ils comparables ?

»Rémi Prudhomme : Tout d’abord, il est important de relativiser le lien entre les entreprises et les universités anglo-saxonnes. Si une quinzaine des plus grandes universités américaines ont effectivement des liens très étroits avec les grandes entreprises du pays, ce n’est pas le cas de celles qui sont plus petites, dont une importante partie n’en ont aucun. Par ailleurs, en France certaines écoles ont des rapports importants avec certaines entreprises tandis qu’une partie des universités de province essaient de faire tomber cette barrière traditionnelle.

»Quoi qu’il en soit, il existe un très important gaspillage dans notre pays. En effet, certaines grandes écoles attirent dans un mauvais système des esprits brillants et l’université est un bon système qui fonctionne mal. A noter également que de nombreux dirigeants d’universités ne sont que des apparatchiks syndicaux d’un niveau très insatisfaisant. Toutefois, comme le montre ce classement, cela n’empêche pas les entreprises françaises de se classer parmi les plus innovantes du monde.

»Les entreprises et les centres de recherche ne produisent pas la même innovation. Il est clair qu’il sort des universités des choses plus immatérielles que ce qui sort des services de R&D des grandes entreprises. Messieurs Thales et Pythagore n’auraient pas pu breveter leurs théorèmes...

»Frédéric Fréry : Votre question met en avant une autre confusion classique, entre la recherche et l’innovation. La recherche consiste à découvrir des idées, des concepts nouveaux qui ont un intérêt scientifique. L’innovation consiste à développer des offres nouvelles, qui modifient le comportement des gens, qui ont un impact sur la société.

»Ce dont on a besoin pour favoriser l’innovation, ce ne sont pas seulement des chercheurs, mais aussi des entrepreneurs. Des gens qui vont transformer une idée en un produit qui aura un impact sur le marché. Un sénateur texan avait une formule qui résumait assez bien cela : “l’innovation, c’est transformer des idées en factures”.

»Mesurer l’innovation au travers du classement Thomson Reuters que vous avez cité dans la première question, c’est une confusion. Ce que mesure ce classement, c’est la capacité à déposer des brevets. Or les brevets sont une mesure de l’efficacité de votre recherche, mais cela ne préjuge pas de votre capacité d’innovation. Ce n’est pas parce que vous déposez beaucoup de brevets que vous changerez le monde avec de nouvelles offres. L’exemple le plus significatif est Apple, qui a une activité de recherche qui est significativement inférieure à celle de ses concurrents, qui n’a inventé ni le micro-ordinateur, ni le lecteur MP3, ni le smartphone, ni la tablette, et qui pourtant est reconnu comme l’un des plus grands innovateurs de tous les temps. Ils n’inventent rien de nouveaux, mais sont les meilleurs du monde dans leur capacité à transformer des idées en – grosses – factures.


»Outre le prestige, quel est l’intérêt pour un pays de compter des entreprises innovantes, si cela ne se traduit pas en termes d’usines et d’emplois ?

»Rémy Prudhomme : Ce serait encore pire s’il n’y en avait pas : c’est donc une condition du développement ni nécessaire, ni suffisante, puisque l’on voit que l’Allemagne n’est pas très bien classée en termes d’innovation mais que son économie est, comme chacun sait, puissante. Ainsi, toutes choses étant égales par ailleurs, être un pays d’innovation est une bonne chose qui ne se suffit pas à elle-même.

»Frédéric Fréry : La question est compliquée, car, dans le cas d’Apple par exemple, ils sont aussi experts en optimisation fiscale. C’est cela que l’État américain a commencé à trouver gênant : Apple engrange des milliards de bénéfices et l’État ne reçoit pas la part qui devrait être la sienne si l’entreprise se comportait comme un contribuable américain normal. Le fait de rapatrier de l’activité industrielle aux États-Unis est une espèce de gage de bonne foi pour ne pas qu’on les embête trop sur le fait que l’essentiel de leurs bénéfices est déclaré dans des paradis fiscaux.


»Pourquoi la France est-elle perçue comme si innovante ?

»Rémy Prudhomme : La France se place très bien dans ce classement par le biais d’entreprises françaises qui le sont par leur localisation, mais qui sont très internationales et qui font une partie de leurs bénéfices et de leur production à l’étranger. Elles ne sont donc françaises que pour partie… Ce classement fait un lien clair entre innovation et développement puisque le classement Thomson Reuters prend en compte le fait que les entreprises classées réussissent, ou pas, mieux que les autres. Ainsi, les entreprises classées ont effectivement des taux de croissance, d’emploi etc., qui se situent au-dessus de la moyenne du marché. L’innovation est donc un facteur de croissance.

»Enfin, autre point, ce succès français me semble s’expliquer par le fait que la France produit beaucoup d’ingénieurs par le biais de formations qui attirent à elles parmi les esprits les plus brillants de notre pays. Les écoles d’ingénieurs ont une renommée très importante, bien plus que dans d’autres pays. Toutefois il est évident que cela ne construit pas une économie...

»Frédéric Fréry : Si la France est perçue comme si innovante, c’est parce que le classement Reuters parle de la capacité à déposer des brevets, pas de la capacité d’innovation. Il faut bien faire attention à cela. Sur le fait de transformer des idées en produits, la France n’est pas particulièrement bien classée. Dans l’Indice mondial de l’innovation, elle est 20e. Le numéro 1 est la Suisse, devant la Suède.

»Ce qui favorise la capacité d’innovation, ce sont les facilités de financement, des démarches administratives simplifiées, une fiscalité lisible et prévisible, etc. Tout ce qui encourage les entrepreneurs à développer des projets et à prendre des risques. Or, il faut bien reconnaître que sur ces différentes dimensions, le contexte français n’est pas particulièrement propice.

»En outre, nos gouvernements successifs sont toujours partis de l’idée selon laquelle, pour développer l’innovation, il faut favoriser la recherche. Cela me parait être un raccourci très discutable. Favoriser la recherche n’est pas répréhensible en soi, mais ce n’est pas la réponse à la question posée. Favoriser l’innovation, c’est favoriser un terreau favorable à la prise de risque, l’entrepreneuriat, le financement, le droit à l’erreur, la mise en cause des acquis.

»Enfin, ce lien entre industrie et innovation n’est pas si évident que cela. C’est bien, d’avoir des usines, c’est bien, de veiller à ce que les gens qui sont employés dans des activités industrielles continuent à avoir un emploi, mais faire un lien systématique entre l’industrialisation et l’innovation est au fond assez contestable. Rappelons-le : les innovations françaises qui ont le plus contribué à notre PIB et à notre balance du commerce extérieur, ce ne sont ni le TGV, ni l’Airbus A380, ni la fusée Ariane, mais bien l’hypermarché, le ticket restaurant ou le club de vacances. Même si elle ne les traite pas toujours très bien, la France admire ses scientifiques mais méprise ses commerçants. Elle a tort, pourtant : si la recherche (faire avancer la connaissance) dépend de la science, l’innovation (transformer des idées en offres nouvelles) concerne avant tout le management.»



Atlantico







Collection d’articles sur innovation du 10 au 13 décembre



Christine Lagat and Chrispinus Omar, «Kenya aims to become hub for green technologies»


Diogo Martins, «IBGE: falta de qualificação prejudica a inovação da indústria»


Em Tempo Real, «Novas tecnologias e transformação cultural dão novo valor à informação»


Estado de Minas, «Tecnologia é arma contra evasão, dizem especialistas»


Florian Dèbes, «Navi Radjou: “l'innovateur jugaad fait mieux avec moins”»


Gilles van Kote, «En Afrique, quand développement durable rime avec innovation»


Jorge Palao Castañeda, «Emprendimientos innovadores»


Los Tiempos, «América Latina necesita más innovadores. El Banco Mundial dice que hay muchos emprendedores, pero pocos contratan personal»


Mark Harrington, «Driving Innovation with Social Insights»


Milenio, Jóvenes emprendedores, principal fuente de generación de empleos. El Delegado Federal de Economía en el Estado de Puebla, Juan Pablo Jiménez Concha dictó ponencia en la UDLAP: “Para combatir la pobreza tenemos que crear riqueza y no podemos combatir la pobreza siendo un gobierno paternalista”»


Patrícia Basilio, «“O problema das startups não é falta de dinheiro” diz presidente do BNDES. Para Luciano Coutinho, dificuldade está na comunicação; banco investiu R$ 700 milhões em fundos de capital somente neste ano»


Paula Mourato, «Cooperativa de Olivicultores de Murça: Tratamento inovador de resíduos lançado nos lagares»


Porto Canal, «Plano estratégico do calçado quer fazer de Portugal “referência mundial” do sector até 2020»


RCM Pharma, «ENSP apresenta conclusões do “Think Tank” para pensar a saúde e a inovação em Portugal»


Tony Naylor, «Breakfast: too early for culinary innovation?»


tvi24, «Pires de Lima inicia roadshow nos EUA. Ministro em nova missão de captação de investimento com reuniões em Nova Iorque, São Francisco e Washington»


UCN al Día, «Innovadores productos alimentarios presentaron estudiantes de UCN. Jóvenes de Nutrición y Dietética elaboraron en Coquimbo alimentos saludables que dieron a conocer en feria estudiantil»


Valerie Strauss, «Education innovation: A case study in what not to do»


Wassila Benhamed, «Salon national de l’innovation : Une clé pour la compétitivité»


Xavier Biseul, «LeWeb imagine les dix prochaines années du numérique»







2013/12/13

«Salon national de l’innovation : Une clé pour la compétitivité»



«Ce Salon vise à promouvoir la recherche, le développement de l’innovation et le transfert de technologie, en réponse à des priorités et besoins nationaux, en plus du fait qu’il sera l’occasion de faire découvrir le potentiel aussi bien de la recherche que celui des inventeurs indépendants.


»Le ministre du Développement industriel et de la Promotion de l’investissement, Amara Benyounès, a procédé, hier à Alger, à l’ouverture officielle du Salon national de l’innovation. Ce Salon, placé sous le slogan : “L’innovation, clef de la compétitivité” et organisé à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de l’innovation, a pour but, selon M. Benyounès, d’“encourager les innovateurs et les inventions en faveur de l’industrie national”.

»“On espère que les partenaires industriels participent à ce Salon et aident les jeunes inventeurs à concrétiser leurs projets.” Cette manifestation vise à promouvoir la recherche, le développement de l’innovation et le transfert de technologie, en réponse à des priorités et besoins nationaux, en plus du fait qu’il sera l’occasion de faire découvrir le potentiel aussi bien de la recherche que celui des inventeurs indépendants.

»L’organisation de ce Salon a permis de regrouper les entreprises innovantes ayant participé aux différentes éditions du Prix National de l’Innovation, les inventeurs détenant des brevets d’innovations, des agences et institutions soutenant les entreprises et la recherche et développement, à l’instar de l’Institut algérien de la propriété industrielle, l’Agence nationale du développement de la PME, les centres de facilitation et les pépinières d’entreprises. Cette édition est destinée exclusivement aux PME innovantes et inventeurs qui présenteront leurs idées dans différents secteurs comme la mécanique, les travaux publics, les technologies de l’information et de la communication, et l’environnement. La clôture du Salon, prévue pour demain, sera illustrée par la remise du prix national de l’innovation pour les PME dans sa 5e édition et le prix national de l’invention dans sa 7e édition. Ce prix mettra en compétition, les petites et moyennes entreprises innovantes, activant dans l’industrie ou les services à l’industrie, dont les technologies de l’information et de la communication, et consiste en l’octroi de médailles, d’attestations de mérite et de récompenses pécuniaires et de la meilleure entreprise innovante.»



El Moudjahid, Wassila Benhamed

Photo: Facebook







2013/12/12

«En Afrique, quand développement durable rime avec innovation»



«Des appareils auditifs ou des kiosques de recharge de téléphones portables fonctionnant à l’énergie solaire, une monnaie éthique qui ne s’échange que dans un bidonville, des produits pharmaceutiques issus de la pharmacopée traditionnelle, des sacs à dos permettant de faire le plein de biogaz, des triporteurs équipés de caissons isothermiques pour poissonniers ambulants, des objets fabriqués à partir de sacs plastiques recyclés...

»On trouvait de tout, jeudi 5 décembre, à Paris, au forum consacré par le ministère des affaires étrangères et l’Agence française de développement (AFD), à l’innovation en Afrique. Organisé en marge du sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique, qui se tient les 6 et 7 décembre, ce forum avait pour objectif de mettre “en lumière des innovations, inscrites dans le développement durable, portées par des innovatrices et innovateurs africains”.

»Vingt-et-un de ceux-ci sont venus à Paris présenter leurs projets respectifs, qui figurent parmi les cent innovations retenues au terme d’un appel d’offres lancé en septembre par Pascal Canfin, le ministre chargé du développement. Présentation de quelques-uns de ces entrepreneurs, venus de quatre coins du continent.


»Sénégal : une bourse en ligne pour les producteurs d’oignons

»Aboubacar Sidy Sonko incarne à merveille cette génération de jeunes entrepreneurs africains compétents et sans complexe. Ce Sénégalais de 34 ans est l’inventeur de la plate-forme Mlouma, qui permet de connecter producteurs et acheteurs de produits agricoles par le biais d’Internet et l’envoi de SMS. “L’idée m’est venue à l’occasion du concours Orange de l’entrepreneur social en Afrique, pour lequel il fallait présenter une application s’adressant à des personnes se situant en bas de l’échelle sociale, raconte-t-il. On est arrivés finalistes, et je me suis dit que c’était la bonne.”

»La filière oignon sénégalaise a été la première à se lancer. L’idée est de mettre directement en contact des groupements de producteurs et des grossistes, en se passant d’intermédiaires. Plus de 3 000 producteurs d’oignons auraient déjà profité de ce service, qui doit leur permettre de mieux vendre leur production et d’éviter de perdre une partie de leurs récoltes à cause des goulets d’étranglement du circuit traditionnel de distribution. Mlouma a commencé à s’étendre à la filière papaye et sa plate-forme a vocation à fonctionner pour l’ensemble des productions agricoles du pays.

»Mlouma a déjà été distingué par la Banque mondiale, qui l’a retenu parmi les quatre projets africains les plus innovants en matière d’agriculture. Ingénieur informaticien, Aboubacar Sidy Sonko a monté sa société, Amandjine Consulting, qui emploie six personnes et est hébergée à Dakar au sein d’un incubateur pour entreprises innovantes. Joli parcours pour ce fils de producteurs casamançais d’arachides qui n’a découvert l’informatique qu’une fois entré dans l’enseignement supérieur.


»Maroc : triporteurs isothermes pour poissonniers ambulants

»Lahoussine El Boudrari est directeur du pôle infrastructures et développement à l’Office marocain des pêches. Pas vraiment le genre de poste où l’on se soucie du sort des marchands ambulants de poissons. C’est pourtant ce qui est arrivé à cet ancien chercheur, âgé de 53 ans. “Je voyais ces hommes avec leurs bicyclettes et trois caisses de poissons posées dessus, qui pédalaient pendant des kilomètres dans l’espoir de vendre leur cargaison sans même se soucier de son état de conservation”, raconte-t-il.

»Un jour, il entreprend de discuter avec l’un de ces hommes et découvre la précarité dans laquelle vit celui-ci. Dans un premier temps, l’ingénieur songe à équiper ces marchands ambulants d’une glacière. Mais le projet, avec la bénédiction de l’Office des pêches, va aller bien plus loin. Un triporteur motorisé équipé d’un caisson isotherme est conçu, une association de commerçants ambulants créée. Pour l’équivalent de 400 euros et un engagement d’exercer leur métier pendant au moins cinq ans, ses adhérents peuvent acquérir un triporteur qui vaut dix fois plus, les 90% restants étant financés par des bailleurs de fonds.

»“Avec un apport minime, ces personnes peuvent considérablement augmenter leurs revenus, maîtriser la qualité des produits qu’ils vendent et obtenir une reconnaissance officielle, assure Lahoussine El Boudrari. Et en respectant la chaîne du froid, on préserve du même coup la qualité du poisson acheté par le consommateur.” Environ 1 200 triporteurs équipés, assemblés au Maroc, ont déjà été diffusés dans le pays, selon l’initiateur du projet.


»Ethiopie : du biogaz en sac à dos

»Il faut bien reconnaître qu’ils ont une drôle d’allure, ces paysans éthiopiens équipés d’un énorme sac à dos qui leur donne des airs de papillons blancs. C’est le prix à payer pour avoir accès à une énergie verte : du biogaz tiré d’un méthaniseur lui-même alimenté par les déchets organiques produits par l’agriculture et l’élevage. Le sac à dos, équipé d’une valve, peut contenir jusqu’à 1,2 m2 de ce biogaz et alimenter un poële ou une cuisinière domestique à la place du bois de chauffe généralement utilisé dans ces communautés rurales.

»“Ce système permet de lutter contre la déforestation, de réduire les émissions de gaz carbonique et la pollution de l’air intérieur, tout en promouvant un commerce à caractère social”, assure Araya Asfaw, le directeur du centre régional de la Corne de l’Afrique pour l’environnement. Cet élégant sexagénaire, professeur de physique et de sciences de l’environnement à l’université d’Addis-Abeba, a supervisé la conception du sac à dos permettant de transporter le biogaz du méthaniseur au consommateur, réalisé en partenariat avec l’université de Hohenheim, en Allemagne.

»Le professeur Asfaw, qui a étudié et enseigné pendant une vingtaine d’années aux Etats-Unis avant de rentrer au pays natal, a pris son bâton de pélerin et travaille sur le développement du biogaz en Ethiopie, ainsi que sur la fabrication locale des fameux sacs à dos, en attendant le soutien d’investisseurs qui permettront à son projet de se concrétiser. Selon lui, le biogaz, qui peut être produit et consommé localement, n’a que des avantages, le principal étant de permettre l’accès des plus pauvres à une énergie propre et bon marché.


»Burkina Faso : des métiers à tisser... le plastique

»Un jour, Haoua Ouedraogo-Ilboudo n’a plus supporté de retrouver régulièrement un de ses moutons étouffé par un sac plastique. Elle a décidé de partir en guerre contre ce fléau qui défigurent les alentours des villes du pays du sud. En 2003, avec le Groupement d’action des femmes pour la relance économique du Houet (Gafreh), le Houet étant la province de Bobo Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso, elle a ouvert un centre de recyclage des sacs plastiques, d’où sortent depuis cabas, sacs, sandales et autres objefs en plastique recyclé.

»Le centre de recyclage emploie aujourd’hui 85 personnes. Chaque année, seize tonnes de sacs plastiques sont collectées par les femmes du Gafreh ou par d’autres associations. Les sacs sont ensuite lavés et découpés en lanières qui sont ensuite assemblées et montées sur des métiers à tisser ou bien encore crochetées ou tricotées. “La prochaine étape sera de nous doter d’une unité pour faire fondre le plastique et fabriquer des tables, des bancs ou des tuteurs pour faire pousser les tomates”, explique Haoua Ouedraogo-Ilboudo, 56 ans.

»Le travail de sensibilisation effectué dans les écoles de Bobo Dioulasso commence à payer. “Des mamans apportent des sacs au centre de recyclage parce que leurs enfants leur ont dit que ce n’était pas bon de les jeter”, raconte la créatrice du centre. La reconnaissance internationale ne s’est pas non plus fait attendre : le Canada soutient les actions du Gafreh, qui appartient depuis 2011 au réseau mondial du commerce équitable.»



Le Monde, Gilles van Kote







2013/12/11

«Navi Radjou: “ L'innovateur Jugaad fait mieux avec moins”»



«Co-auteur de L’innovation jugaad, redevenons ingénieux (édition Diateino), Navi Radjou prône une innovation faîte d’improvisation et de débrouillardise pour mieux se jouer des contraintes et répondre aux nouveaux besoins des consommateurs. Rencontre.


»Récemment distingué par les organisateurs du Thinkers 50, Navi Radjou est consultant en innovation et en leadership entre les États-Unis, la France et l’Inde. De son poste d’observation, à la croisée entre les puissances matures et les pays émergents, ce gourou franco-indien du management conseille aux entreprises occidentales d’adopter l’état d’esprit des entrepreneurs indiens: sur tous les marchés, les contraintes peuvent devenir des opportunités et il est possible de faire mieux avec moins. C’est l’innovation jugaad, ou frugale. Renault, Essilor, Siemens ou General Electric montrent la voie.


»Qu’est-ce que l’innovation jugaad?

»Jugaad, c’est un mot hindi, qui veut dire “débrouillardise ou capacité ingénieuse d’improviser une solution efficace dans des conditions difficiles”. Appliquée à l’économie, c’est une pratique très courante dans les pays émergents, comme l’Inde, la Chine, le Brésil ou les pays africains. Ces pays se caractérisent par d’énormes contraintes et une rareté des ressources. Pourtant les entrepreneurs y sont capables de concevoir des solutions tout à fait abordables et durables avec très peu de moyens. L’innovateur jugaad, converti l’adversité en opportunité et fait mieux avec moins. Il produit des solutions qui amènent plus de valeur aux consommateurs tout en utilisant moins de ressources. Et souvent, il pense aux populations économiquement marginalisées.


»Que peuvent inspirer ces nouveaux innovateurs aux entreprises occidentales?

»De plus en plus cet état d’esprit frugal, agile et inclusif est aussi adopté par les entreprises occidentales qui tentent de mieux pénétrer ces marchés émergents. Par exemple, Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan a conçu le terme “d’ingénierie frugale”. Son entreprise conçoit une nouvelle gamme de voitures ultra-low-cost dans le sud de l’Inde en utilisant quelques-uns des principes jugaad. Pour cela, elle s’appuie sur les ingénieurs indiens habitués à faire plus avec moins. Autre exemple, Essilor vient de lancer en Inde une nouvelle unité-métier appellée “2.5 nouvelle génération”, en référence aux 2,5 milliards de personnes mal-voyantes dans le monde: Essilor veut trouver des modèles jugaad de distribution, par exemple du porte-à-porte, afin de s’adresser aux personnes à faible revenu qui vivent isolées dans les pays émergents.


»L’innovation jugaad peut-elle se concrétiser en produit sur les marchés occidentaux?

»Au départ, les entreprises occidentales appliquaient le jugaad pour réussir dans les pays émergents. De plus en plus, elles sont en train d’appliquer ces principes pour réussir dans les pays matures. Par exemple, la Logan de Renault a connu un succès énorme dans les pays plus développés. Á l’origine pourtant, elle était conçue pour les pays émergents. Dans le secteur de la santé, Siemens ou Général Electric conçoivent des appareils médicaux initialement destinés aux pays émergents mais qui finalement trouvent un marché très porteur en Europe et aux États-Unis.


»Comment distinguer les produits jugaad et les produits low-cost?

»Il faut faire attention, les produits jugaad sont smart-cost (coût intelligent, ndlr) et non low-cost. Carlos Goshn l’explique très bien à propos de la Logan: c’est une voiture généreuse, c’est-à-dire que c’est une voiture qui apporte, à moindre coût, plus de valeur aux utilisateurs qui n’avaient pas de voiture. Au contraire, le low-cost dénote une forme de privation ou de mauvaise qualité: vous avez accès à un produit qui effectivement n’est pas cher mais n’a pas de valeur aspirationnelle. L’innovation jugaad, c’est l’art de pouvoir concevoir des solutions qui ont une valeur aspirationnelle très élevée tout en ayant un prix abordable. L’ingéniosité c’est de trouver le bon équilibre entre abordabilité et qualité.


»Quelle stratégie de marque les entreprises occidentales doivent-elles adopter entre produits jugaad et haut-de-gamme?

»Siemens a segmenté le marché en trois catégories: d’une part, les produits très haut de gamme destinée à une clientèle privilégiée et très demandeuse de sophistication, d’autre part, les produits abordables et de qualité pour les consommateurs occidentaux, et enfin les produits encore plus abordables pour les pays émergents. Certains des produits de la troisième catégorie trouvent des débouchés dans les pays occidentaux. Siemens s’attend à ce que ces trois segments convergent et créent deux classes de produits: l’ultra-premium pour une élite minoritaire et le marché grand public. Dans cette situation, les entreprises des pays émergents pourront se positionner sur le marché des produits mainstream et faire concurrence aux groupes occidentaux. En fait, Siemens adopte l’innovation jugaad pour s’assurer de ne pas laisser ce nouveau marché à ses rivaux des pays émergents tout en défendant son marché premium.


»Dans les pays occidentaux, les consommateurs sont habitués à des produits haut de gamme. Comment renverser cette échelle de valeur?

»Les sociétés changent déjà. De plus en plus de jeunes commencent à se satisfaire de solutions que j’appelle “good enough”, “juste suffisante”. Une étude faite à l’Université de Stanford montre que les jeunes trouvent que la qualité de la musique en format mp3 est aussi bonne si ce n’est meilleure que la qualité des disques CD. Pour les jeunes, iTunes c’est suffisant. Pas besoin de CD ou de vinyle. Deuxième point de pivot de la société: ces mêmes jeunes ne veulent plus acheter des produits. Ils ne veulent plus acheter une voiture mais avoir accès à une voiture quand ils veulent, là où ils veulent. Cette quête de flexibilité explique l’explosion du covoiturage. Je pense que ces changements de valeurs socio-culturelles et économiques vont dicter la transition d’un monde d’innovation centré sur la sophistication et la surenchère de fonctionnalités à un monde beaucoup plus frugal. Les produits ont maintenant juste assez de fonctionnalités pour répondre aux besoins clés des consommateurs.


»Si des produits conçus pour les pays émergents séduisent les consommateurs des pays matures c’est que le monde ne s’uniformise pas sur le modèle américain mais sur le modèle des pays émergents...

»Oui et non. Je crois que l’on va assister à une synthèse du modèle anglo-saxons et du modèle des pays émergents. On peut trouver des manières jugaad d’utiliser les nouvelles technologies. On voit ce modèle en Afrique. Ce continent est en train de sauter des étapes entières de développement en s’appuyant sur des technologies que l’on peut juger de pointe, comme le portable et la mobilité. Ces technologies sont utilisées comme des plate-formes pour offrir des solutions abordables en matière d’énergie, d’éducation et de santé. Je pense qu’on va avoir le meilleur des deux mondes, un monde qui combine le meilleur de la technologie et le meilleur en termes de valeur sociale qui caractérise les pays émergents.


»Quel lien entre l’innovation jugaad et la quête d’un système productif respectueux de l’environnement?

»Les entreprises auront besoin d’adopter l’esprit jugaad pour basculer d’une économie linéaire à une économie circulaire. L’économie circulaire, c’est la capacité à réintroduire des composants en fin de cycle ou des déchets dans la chaine de valeur. Dans ce domaine, la France est une championne sous-estimée. Le cas célèbre, c’est Jacques Vabre qui collecte le marc de café dans les bistrots parisiens pour le réutiliser comme engrais et faire pousser des champignons bios. Il a été estimé par le World Economic Forum qu’en réintroduisant les déchets et en réutilisant les composants en fin de cycle on peut générer deux trillions de dollars dans le monde chaque année.



Les Echos, Florian Dèbes







2013/12/10

«LeWeb imagine les dix prochaines années du numérique»



«LeWeb a dix ans. L’occasion pour la grand’messe du web qui se tiendra à Paris du 10 au 12 décembre de se pencher sur les grands succès de cette décennie avec l’introduction en Bourse récente de Twitter. Mais aussi de se projeter dans l’avenir. Quelles seront les innovations digitales des dix prochaines années ? Invité, Nick D’Aloisio, 18 ans, devenu multimillionnaire en vendant l’application Summly à Yahoo !, a déjà réfléchi à la question.

»Une certitude : l’avenir passera par les objets connectés. Loic et Géraldine Le Meur recevront Tony Fadell, un ancien d’Apple qui entend, avec le projet Nest Labs, placer dans nos maisons des thermostats aussi intelligents que des smartphones. Les robots et les vêtements connectés de type Google Glass auront également droit à une démonstration sur scène des Docks de La Plaine Saint Denis.

»Le futur de l’entreprise et de la place du marketing collaboratif sera aussi évoqué avec les consultants George Colony (Forrester) ou Brian Solis (Altimeter). De grandes marques comme Danone, Renault ou Heineken délivreront leurs meilleures pratiques en matière de stratégie digitale.

»Enfin, Satya Nadella, le patron du cloud chez Microsoft donnera sa vision de l’informatique en nuage. Les participants à LeWeb écouteront peut-être là le prochain PDG de Microsoft, la rumeur plaçant Satya Nadella dans la short-list des successeurs à Steve Ballmer.»



01Business, Xavier Biseul